République Démocratique du Congo

La République démocratique du Congo (RDC) est le deuxième plus grand pays d'Afrique en terme de superficie et abrite la quatrième plus large population d’Afrique. Ce pays immense, qui fait la taille de l’Europe occidentale, est au cœur de l’une des crises humanitaire les plus longues et complexes du monde. La partie Est du pays peine à se remettre des guerres dévastatrices qui ont coûté environ 6 millions de vies entre le milieu des années 1990 et le début des années 2000.

Projets de MSF en RDC
Projets de MSF en RDC

En 2019, les équipes de MSF ont fourni un large éventail de services dans 21 des 26 provinces de la RDC : soins de santé généraux et spécialisés, nutrition, vaccination, chirurgie, soins pédiatriques, soutien aux victimes de violence sexuelle, et traitements et activités de prévention dans le cadre d'épidémies telles que le VIH/sida, la tuberculose (TB), la rougeole, le choléra et Ebola

La pire épidémie de rougeole au monde

Une épidémie de rougeole, d'une ampleur inédite, ravage la RDC depuis mi-2018. Déclarée en juin 2019 comme une épidémie nationale par le gouvernement congolais, elle a engendré cette année, selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 310 000 cas confirmés et plus de 6 000 morts. MSF a offert des activités de surveillance, des campagnes de vaccination de masse et le traitement des cas compliqués dans 16 provinces : Nord- et Sud-Kivu, Bas-Uélé, Kasaï, Kasaï Central, Kwilu, Mai-Ndombe, Sud-Ubangi, Tshopo, Tshuapa, Ituri, Kongo Central et les quatre provinces de l'ex-Katanga. Nos équipes ont vacciné plus de 679 500 enfants et en ont soigné quelque 48 000 dans nos structures.

rougeole rdc
Lutumba était âgée de 14 mois lorsqu'elle est arrivée au centre traitement de la rougeole (CTR) de Muanda en décembre 2019. Elle avait de la fièvre, de la toux et des diarrhées, c'est-à-dire les symptômes de la rougeole. Elle restera trois jours en observation puis suivra trois jours de traitements ambulatoires avant d'être totalement guérie. © Solen Mourlon/MSF, décembre 2019.

La rougeole est une maladie évitable par la vaccination mais l'incapacité de couvrir toutes les zones de santé avec les vaccinations de routine, ainsi que le retard accumulé dans l'organisation de campagnes de rattrapage, expliquent en partie la virulence de cette épidémie. En RDC, plusieurs facteurs contribuent à la faible couverture vaccinale : le manque de vaccins, de vaccinateurs et d'accès aux structures de santé, ainsi que des difficultés logistiques, comme le transport. De plus, la concomitance des épidémies de rougeole et d'Ebola a compliqué la réponse.

Secours aux déplacés

Une nouvelle flambée de violences intercommunautaires dans les territoires de Djugu et Mahagi en Ituri a fait plus d'un million de déplacés. En fin d'année 2019, environ 200 000 s'étaient réfugiés dans 80 camps de fortune et vivaient dans des conditions de vie déplorables. Nos équipes ont dispensé des soins médicaux et distribué de l'eau, des moustiquaires et des secours dans quelque 30 sites.

Nous avons soutenu jusqu’en février les structures de santé du Mai-Ndombe après deux jours de violences intercommunautaires en décembre 2018. Nous avons déployé des cliniques mobiles, soigné des blessés et brûlés, et déployé des secours aux quelque 2 850 familles déplacées. Au Nord-Kivu, nous avons porté secours aux déplacés de quatre camps par des cliniques mobiles, la distribution d'eau, et des activités d'hygiène et d'assainissement. Au Kasaï Central, nous gérons des cliniques mobiles et actions de promotion de la santé pour les Congolais refoulés de l'Angola voisin.

Soins intégrés dans les provinces du Kivu

Dans les provinces du Kivu, ravagées par un conflit depuis des années, MSF poursuit plusieurs projets à long terme pour assurer la continuité des soins tout en faisant face à des épidémies, déplacements massifs et autres urgences.

Au Nord-Kivu, nos équipes dispensent des soins généraux et spécialisés au sein d’hôpitaux, de centres de santé et de dispensaires des zones de santé de Goma, Mweso, Walikale, Masisi, Rutshuru, Bambu et Kibirizi, et via des cliniques mobiles et des activités de proximité. Nous assurons entre autres des soins d'urgence, soins intensifs, transferts, soins néonatals, pédiatriques et maternels, soutien en santé mentale, prise en charge du VIH/sida et de la tuberculose, vaccination, soins nutritionnels et soins aux victimes de violence sexuelle et basée sur le genre.

Sijuka et son nouveau-né
Sijuka, jeune femme de Masisi, qui vient d’accoucher son 4ème enfant, un petit garçon pour lequel elle doit encore choisir le prénom. Elle a été assistée et suivie par les équipes médicales du service de maternité dans l’Hôpital Général Régional de Masisi, que MSF appuie. Les soins offerts sont totalement gratuites, et l’hôpital est la seule structure présente dans la zone pour plus d’un demi-million de personnes. © Giorgia Girometti, mars 2018.

Au Sud-Kivu, nous aidons les hôpitaux et centres de santé de Baraka et des zones de santé de Mulungu, Kalehe et Kimbi-Lulenge en offrant des traitements contre la malnutrition, le VIH, la TB et d'autres maladies infectieuses, un soutien en santé mentale, et des soins en santé maternelle et génésique. À Baraka et Kimbi, nous collaborons étroitement avec les communautés pour combattre les trois principales maladies qui affectent la population : le paludisme, les diarrhées et les infections respiratoires. En 2019, nous avons commencé à construire un nouvel hôpital à Baraka et avons modernisé les hôpitaux de Kusisa et Tushunguti en installant un système à l'énergie solaire. 

Soins aux victimes de violence sexuelle

Dans des cliniques des deux Kivu, du Kasaï Central, de Maniema et d’Ituri, nos équipes offrent des soins en santé génésique, dont l’avortement médicalisé, et la prise en charge médicale et psychologique de la violence sexuelle et basée sur le genre. De multiples formes de violences sont souvent perpétrées au niveau communautaire. Aussi, MSF forme des habitants à devenir premiers intervenants ou personnes de confiance pour les victimes dans leurs propres communautés. Dans les zones de santé de Kimbi-Lulenge et Kamambare (Sud-Kivu) et de Salamabila (Maniema), Masisi (Nord-Kivu) et Kananga (Kasaï-Central), MSF compte 88 points de contact de ce type. La plupart sont des femmes car la majorité des victimes sont des femmes et des filles. MSF tente de lutter contre les préjugés qui mènent à la stigmatisation, voire au rejet, par la famille, et essaie de référer les victimes vers d'autres organisations pour bénéficier d’une aide socio-économique.

violence sexuelle rdc
Ces deux femmes (26 et 32 ans) ont été attaquées et violées par le même homme à trois jours d'intervalle. Elles étaient toutes deux en route vers les champs quand elles ont été attaquées par un homme avec une machette qui les a ensuite violées. Elles craignaient d'avoir contracté le VIH. © Davide Scalenghe/MSF.

Lutte contre les épidémies

Tout au long de l'année, nos équipes ont soutenu la réponse nationale aux vastes épidémies de choléra dans les deux provinces du Kivu. Elles ont soigné des cas dans les centres de traitement du choléra (CTC) et veillé à sensibiliser tous les intervenants aux bonnes pratiques d'hygiène et d'assainissement, afin de réduire le risque de transmission. Elles ont aussi mené des enquêtes épidémiologiques et donné des médicaments. Lors d’une épidémie qui a sévi de mai à septembre, nous avons ouvert plusieurs CTC temporaires, à Kyeshero (Goma), Lubumbashi (Katanga) et Masisi, où nous avons soigné près de 700 patients en un mois, le plus souvent des déplacés vivant dans des conditions précaires dans des camps.

Le paludisme reste un problème majeur de santé en RDC. Chaque année, nous augmentons de 100 lits la capacité de traitement à l'hôpital de Baraka, au Sud-Kivu, pour faire face au pic saisonnier. En 2019, nous avons introduit des pulvérisations préventives de larvicides dans les sites de reproduction des moustiques. Dans la zone de santé de Bili, au Nord-Ubangi, où le paludisme est hyper-endémique, nos équipes ont géré un projet de traitement des jeunes enfants dans 62 structures de santé.

Le VIH/sida est une autre menace mortelle en RDC où moins de 60% des personnes vivant avec le VIH ont accès à des antirétroviraux (ARV), en raison d’un approvisionnement limité en ARV, du manque de services d'information et de prévention, de la stigmatisation et du coût.

À Kinshasa, la capitale, et à Goma, nous aidons 11 structures de santé pour étendre l'accès au traitement et au dépistage du VIH, renforcer le suivi et stabiliser l’approvisionnement en ARV. À Kinshasa, nous avons offert un soutien médical et psychosocial à 3 167 personnes vivant avec le VIH à l'hôpital de Kabinda et dans sept autres structures. Au centre de santé de Misisi, au Sud-Kivu, les éducateurs de santé communautaires de MSF font partie intégrante d'un groupe de soutien VIH appelé Comité social pour la promotion de la santé, qui sensibilise la communauté et lutte contre la stigmatisation. En 2019, ce groupe a suivi 1 821 patients enregistrés dans les programmes VIH des centres de santé de Misisi, Lulimba et Nyange.

Toute l’année, nous avons continué de plaider pour une augmentation du nombre de lits pour les patients aux stades avancés du VIH/sida, une solution aux ruptures de stocks d'ARV et une amélioration de la prise en charge spécialisée des cas pédiatriques.

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