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Malaria

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Le paludisme : qu'est-ce que c'est ?

Le paludisme, également appelé « malaria », est la maladie parasitaire la plus répandue dans le monde. On estime qu'elle a déjà fait 52 000 000 000 de victimes (1), qu'elle touche près de 250 millions de personnes chaque année et qu'elle est à l'origine de plus de 600 000 décès (2). 80 % de ces décès concernent des enfants de moins de 5 ans. En 2022, nos équipes à travers le monde ont traité 4 268 600 cas de paludisme.

L'Afrique est le continent le plus affecté, avec 90% des décès. Les personnes les plus touchées par les formes graves sont les enfants en bas âge, les personnes peu ou pas immunes (l'immunité se développe après un contact avec le parasite) et les femmes enceintes.

Causé par quatre espèces de parasite Plasmodium, le paludisme se transmet par des moustiques femelles infectés. Le parasite s’installe dans le foie où il se multiplie et s’attaque aux globules rouges de l’hôte.

Les symptômes sont nombreux allant de la fièvre, aux maux de tête, douleurs articulaires, vomissements, convulsions et pouvant aller jusqu'au coma. Le paludisme causé par le parasite Plasmodium falciparum peut évoluer vers un paludisme grave qui peut être mortel en l’absence de traitement.

La Malaria et la malnutrition travaillent main dans la main, car les enfants souffrant de malnutrition sont vulnérables face au parasite, et le paludisme réduit l'appétit. Ce petit enfant reçoit de la nourriture thérapeutique pendant la campagne de Médecins Sans Frontières contre la malaria au Niger © KRISHAN Cheyenne/MSF. Niger, 2015.
Ce petit enfant reçoit de la nourriture thérapeutique pendant la campagne de Médecins Sans Frontières contre la malaria  © KRISHAN Cheyenne/MSF. Niger, 2015.  

L'IMPORTANCE D'UN DÉPISTAGE RAPIDE

Les premiers symptômes du paludisme apparaissent 9 à 14 jours après la piqûre. Auparavant, le paludisme était généralement diagnostiqué sur la seule base des symptômes cliniques. Comme ceux-ci sont similaires aux symptômes d’autres maladies, de nombreux.euses patient.es qui n'étaient pas infecté.es par le parasite étaient traité.es contre le paludisme.

Un diagnostic précis est possible grâce aux tests rapides

Aujourd’hui, un diagnostic précis, rapide et qui ne nécessite pas de laboratoire est possible grâce aux tests rapides. Il suffit de poser une goutte de sang sur une bandelette avec un réactif qui colore si le test est positif.

Utiliser le test rapide pour confirmer le paludisme est important pour plusieurs raisons : 

  • Un diagnostic précoce permet d’éviter l’évolution de la maladie vers une forme grave qui entraînera la mort dans près de 30% des cas. 
  • Cela permet de ne traiter que les patient.es réellement atteint.es de paludisme et limite l’apparition de résistance aux médicaments. 
  • Quant aux malades présentant un test négatif, ils pourront recevoir un traitement approprié à la maladie qui est à la base de leur symptômes.
Un infirmière du ministère de la santé réalise un test de dépistage de la malaria
Un infirmière du ministère de la Santé réalise un test de dépistage de la malaria 

DE NOUVEAUX MÉDICAMENTS POUR COMBATTRE LE PALUDISME

La chloroquine a jadis été le traitement principal en raison de son prix, de son efficacité et du fait qu’elle entraîne peu d’effets secondaires. Toutefois, son efficacité a nettement diminué ces dernières décennies en raison de la résistance du parasite à la chloroquine.

LA LUTTE DE MSF CONTRE LE PALUDISME

Les recherches de MSF sur le terrain ont contribué à prouver que la polythérapie à base d’artémisinine (ACT) est actuellement la plus efficace contre le Plasmodium falciparum. MSF a également pressé les gouvernements d’Afrique de modifier leurs protocoles de traitement en faveur de l’ACT.

Bien que tous les gouvernements aient opéré le changement par écrit, dans bien des cas, le médicament n’est toujours pas disponible pour la majorité des patients. L'accès à des médicaments efficaces pour les pays en voie de développement pourra éviter une progression fatale et diminuer la mortalité effroyable de cette maladie.

Depuis 2003, MSF utilise systématiquement les ACT pour ses patients atteints du paludisme, qui est la pathologie que nous rencontrons le plus fréquemment dans nos programmes en Afrique. MSF a soigné plus de 2 690 600 patient.es souffrant du paludisme en 2020.

Nous n’avons pas recours au thé à base d’artémisia pour deux raisons principales : nous ne connaissons pas la qualité de la plante utilisée ni le dosage de celle-ci (temps d’infusion, etc.). Il est important d’utiliser un bon dosage pour être certain de donner un traitement suffisamment efficace. 

Résistance

La recommandation par l'OMS de l'ACT en 2001, qui contient l'artémisinine, a constitué une avancée majeure, remplaçant d'anciens traitements inefficaces tels que la chloroquine ou la quinine. Mais le parasite du paludisme a développé une résistance à l'artémisinine dans certaines parties de l'Asie du Sud-Est, ce qui signifie que l'ACT pourrait ne plus être efficace. Si la propagation de la résistance ne peut être stoppée, elle représente un risque majeur pour la santé publique et conduirait très probablement à une résurgence du paludisme, étant donné qu'il n'existe actuellement aucun nouveau médicament disponible.

Prévention saisonnière

Dans la région du Sahel en Afrique, le paludisme est très saisonnier et la plupart des cas surviennent au cours d'une période de 4 à 5 mois. En 2012, MSF a piloté une chimioprévention saisonnière du paludisme au Mali, au Niger et au Tchad, aujourd'hui utilisée dans plusieurs pays. La chimioprévention saisonnière du paludisme consiste à fournir des médicaments antipaludiques pour prévenir l'infection chez les personnes les plus à risque, à savoir les enfants de moins de cinq ans. Le paludisme peut également être évité en évitant d'être piqué par les moustiques porteurs du parasite, grâce à l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide, qui ne sont pas disponibles pour de nombreuses personnes.

Les moustiques se reproduisent dans l'eau et sont particulièrement nombreux pendant la saison des pluies. Si la prévention la plus élémentaire consiste à éviter les piqûres en dormant sous des moustiquaires imprégnées d'insecticide, il convient d'éliminer le lieu de reproduction naturel de l'insecte. La pulvérisation d'insecticides et l'assèchement des sources d'eau stagnante sont des stratégies utilisées pour lutter contre la prolifération des moustiques.

(1) “Mosquito”, Timothy C. Winegard

(2) WHO 2023 World Malaria Report (https://www.who.int/teams/global-malaria-programme/reports/world-malaria-report-2023)

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