Colombie

En 2019, la Colombie a connu une nouvelle flambée de violences alors que des groupes armés se disputaient des territoires. MSF a porté secours aux Colombiens déplacés ou confinés de force, ainsi qu’aux migrants vénézuéliens.

Un infirmier MSF soigne un enfant blessé à la tête
MSF dispense des soins de santé primaires, des soins de santé sexuelle et génésique et des soins de santé mentale aux migrants et demandeurs d'asile du Venezuela et aux Colombiens qui n'ont pas accès au système de santé dans les provinces de La Guajira, Norte de Santander et Arauca © Esteban Montano/MSF en mai 2019.

Dans le département de Cauca, nous avons apporté un soutien en santé mentale à la communauté indigène Nasa après le massacre de plusieurs de ses membres. À Chocó, nos équipes ont assuré des services de santé généraux et des soins en santé mentale aux membres de la communauté indigène Wounaan Nonam déplacés par des heurts entre factions armées au centre de la ville de Docordó. La dernière semaine de l'année, une équipe de MSF dans le département de Norte de Santander a dispensé des soins généraux et en santé mentale et fourni des abris à plus de 100 personnes confinées dans une école à Hacarí.

Notre équipe mobile d'intervention d'urgence s'est concentrée sur les urgences humanitaires dans le département de Nariño, un des plus affectés par la reprise du conflit et par d'autres événements violents dans le pays. Nous avons dispensé des soins médicaux et en santé mentale aux personnes confinées et déplacées par des heurts entre groupes armés dans les municipalités d'Olaya Herrera, Roberto Payán, Magüí Payán et Tumaco, entre autres. Nous avons aussi distribué des abris à des centaines de familles réfugiées dans des camps temporaires.

Une fois de plus, nos équipes ont vu les conséquences des déplacements et des confinements sur la santé mentale. Stress, inquiétude et peur aggravent les incidences psychosociales de l'exposition à des actes de violence. De plus, l'absence de réponse appropriée des autorités renforce le sentiment de manque de protection et d'incertitude.

En Colombie, nous nous efforçons aussi d'atténuer les conséquences sur la santé mentale des menaces, tueries ciblées et déplacements intra-urbains dus à la violence urbaine. À Buenaventura, nous avons maintenu les consultations via une permanence téléphonique dédiée, ainsi que les soins intégrés aux victimes de violence sexuelle et aux femmes qui veulent avorter.

Aide aux réfugiés et migrants vénézuéliens

Dans ce contexte de violence croissante due à une application incohérente des accords de paix, la Colombie est devenue un pays de transit et de refuge pour des millions de Vénézuéliens fuyant la crise sociale, politique et économique dans leur pays. Selon les chiffres officiels, environ 1,6 million de Vénézuéliens vivraient en Colombie, surtout dans les villes principales, mais des milliers se sont installés dans des départements proches de la frontière vénézuélienne, tels que La Guajira, Norte de Santander et Arauca, où ils sont affectés par le conflit et où la réponse du gouvernement est beaucoup plus limitée.

Pour faire face aux besoins croissants de la population vénézuélienne en Colombie, MSF a ouvert trois projets privilégiant les soins généraux, la santé mentale, et la santé sexuelle et génésique dans ces départements, et ciblant en particulier les femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans. Nos équipes fournissent une assistance à Riohacha, Tibú et Tame et déploient des cliniques mobiles plusieurs fois par mois à Uribía, Maicao et Manaure, dans le département de La Guajira, à Puerto Santander et La Gabarra, dans le département de Norte de Santander, et à Saravena et Arauquita, dans le département d'Arauca.

Nos équipes ont observé les multiples vulnérabilités des migrants et demandeurs d'asile vénézuéliens qui n'ont pu régulariser leur situation dans le pays. Outre le risque d’être enrôlés par des groupes armés et de prostitution forcée, ils peinent à bénéficier de soins parce que le système de santé public les exclut de tous les services hormis la maternité, les vaccinations et les urgences médicales. Ils luttent aussi pour accéder à l'éducation, à un logement et un travail lorsqu'ils ne sont pas exploités ou exposés à des dangers.

Plaidoyer en faveur des femmes et migrants vulnérables

Le plaidoyer que nous menons vise à améliorer l'accès des femmes à des services d’avortement médicalisé. Le rapport Unsafe Abortion, Women at Risk a été publié pour mettre en lumière les obstacles sociaux, économiques et institutionnels à ces services. Il révèle que 88% des 428 patientes soignées par MSF en 2017–2018 avaient été confrontées à au moins une de ces difficultés : obstacles sociaux (stigmatisation ou harcèlement par des membres de la famille et des amis), obstacles économiques ou géographiques, et manque d'information sur la législation en la matière. Ainsi, 27% de nos patientes s’étaient vu refuser un avortement médicalisé dans une structure de santé avant de venir chez MSF.

MSF a aidé 460 femmes à avorter et en a accompagné 120 pour avorter dans un hôpital public. À la suite des conclusions du rapport, nous avons appelé les autorités sanitaires à prévenir les grossesses non désirées en développant et simplifiant l'accès à des services de planning familial efficaces, en particulier pour les adolescentes des régions pauvres ou rurales. Nous les avons aussi appelées à prévenir les décès et autres conséquences d'avortements clandestins en mettant à la disposition des femmes et des filles dans tout le pays des services complets et accessibles d’avortement médicalisé.

MSF a exigé une hausse des investissements internationaux et de la présence opérationnelle, en particulier en zones de conflit, et à une intensification des activités d'assistance en santé sexuelle et génésique pour les migrants.

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