Escalade du conflit au Moyen-Orient : MSF intensifie son aide

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Médecins Sans Frontières (MSF) reste profondément préoccupée par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et par son grave impact humanitaire. Bien que des cessez-le-feu temporaires aient apporté un soulagement limité dans certains contextes, les populations civiles de plusieurs pays continuent d’être confrontées à des déplacements massifs, à la destruction des infrastructures et à de graves obstacles dans l’accès aux soins de santé. MSF adapte en permanence ses programmes et intensifie son aide médicale afin de répondre à l’évolution des besoins, alors que la situation demeure extrêmement fragile.

Dernière mise à jour de la page : 8 mai 2026

L’escalade affecte les opérations humanitaires

Les tensions dans la région rendent le contexte de travail de plus en plus imprévisible et restreint pour MSF au Liban, au Yémen, en Irak, en Iran, en Jordanie, en Palestine et en Syrie – même si l’impact varie fortement d’un pays à l’autre.

La fermeture d’espaces aériens et l’augmentation des risques sécuritaires limitent les déplacements du personnel, ralentissent les évacuations médicales et perturbent les activités. Parallèlement, l’instabilité autour du détroit d’Hormuz exerce une pression supplémentaire sur la logistique et l’approvisionnement. Cela entraîne des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, un risque de pénurie de matériel médical, une hausse des prix du carburant et une complexification du transport aérien et maritime.

activités MSF au moyen-orient

Préparation aux urgences et réponse de MSF

Les équipes de MSF sont pleinement mobilisées au Liban, en Iran et dans l’ensemble de la région. Depuis le 28 février, Médecins Sans Frontières a envoyé 281,42 tonnes de matériel médical vers des pays du Moyen-Orient, notamment l’Irak, l’Iran, le Liban, la Palestine, Israël, la Jordanie, la Syrie et le Yémen.

Les mesures de préparation comprennent la planification d’urgence, une surveillance étroite de la situation, le prépositionnement de stocks médicaux, l’extension des capacités de stockage, des formations pour le personnel et le déploiement de services mobiles. Les routes d’approvisionnement ont également été réorientées via des canaux alternatifs, malgré des coûts plus élevés.

 

Le Liban

Au Liban, les besoins humanitaires ont explosé. Plus d’un million de personnes sont déplacées et beaucoup ne peuvent toujours pas rentrer chez elles parce que des villages et des quartiers ont été détruits, ou parce que les attaques persistantes, les ordres d’évacuation et la présence de troupes israéliennes rendent tout retour impossible.

Le cessez-le-feu temporaire entré en vigueur le 17 avril n’a apporté qu’un soulagement fragile. Dans le sud du Liban en particulier, les attaques israéliennes, les opérations terrestres et l’occupation du territoire libanais se poursuivent, avec de lourdes conséquences pour les civils et les infrastructures essentielles. Des hôpitaux, réseaux d’eau et routes ont été endommagés ou détruits, tandis que les soignants font face à des incidents répétés impliquant un grand nombre de victimes.

MSF a considérablement renforcé sa présence dans le sud du Liban, notamment à Nabatiyeh, Sour/Tyr et Qana, ainsi que dans les zones environnantes auparavant inaccessibles. Grâce à des équipes médicales mobiles, les équipes de MSF fournissent des soins de santé primaires, des soins de santé sexuelle et reproductive, un soutien en santé mentale ainsi que des orientations vers des soins spécialisés. En parallèle, les équipes de MSF soutiennent plusieurs hôpitaux avec des fournitures médicales, du carburant et des médecins d’urgence afin de renforcer les soins d’urgence et de traumatologie.

L’impact psychologique de la guerre est immense. De nombreuses personnes ont été déplacées à plusieurs reprises et souffrent de traumatismes, tandis que des patients atteints de maladies chroniques rapportent qu’ils rationnent leurs médicaments en raison des pénuries et de l’accès limité aux soins. L’insécurité alimentaire augmente également rapidement, aggravant davantage la crise humanitaire.

Q&A Liban

Chiffres clés de l’escalade et de la réponse au Liban

intervention d'urgence au Liban

L'Iran

En Iran, l’impact de la guerre reste clairement perceptible dans le système de santé, les chaînes d’approvisionnement et l’accès aux services de base. Des hôpitaux, ambulances et installations de production pharmaceutique ont été endommagés, entraînant des pénuries de médicaments essentiels et une forte pression sur les soins de santé primaires.

MSF a considérablement intensifié ses activités médicales en Iran depuis le cessez-le-feu. Dans le sud de Téhéran, une clinique a rouvert après la suspension temporaire des activités au plus fort des bombardements. Depuis sa réouverture, le nombre de consultations y a doublé pour atteindre environ 250 patients par jour. En outre, MSF a ouvert une deuxième clinique dans le sud de Téhéran, où environ 100 patients peuvent recevoir quotidiennement des soins de santé primaires.

À Kerman et Mashhad, les équipes de MSF continuent de fournir des soins de santé primaires, avec une attention particulière portée aux maladies chroniques, à la santé mentale et aux besoins des réfugiés afghans, qui rencontrent souvent de sérieux obstacles pour accéder aux soins médicaux.

Bien que le cessez-le-feu offre un certain répit, la situation reste incertaine. Les équipes de MSF demeurent prêtes à adapter et à renforcer davantage leurs activités en cas de nouvelle escalade, en collaboration avec les autorités.

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Ce fonds a été créé pour nous permettre d’être réactifs lorsqu’une urgence survient. Il donne à nos équipes médicales à travers le monde les moyens et la souplesse nécessaires pour intervenir sans attendre auprès des populations touchées par une urgence.

Gaza et les territoires palestiniens occupés

À Gaza, la situation humanitaire reste catastrophique. Malgré le cessez-le-feu annoncé, les frappes aériennes, les opérations terrestres et les morts civiles se poursuivent, tandis que les conditions de vie quotidiennes continuent de se détériorer. Les destructions massives, l’extrême densité de population et les blocus persistants obligent les habitants à vivre dans des conditions indignes et insalubres, sans accès fiable à l’eau potable, à la nourriture et aux soins médicaux.

Les autorités israéliennes continuent de restreindre sévèrement l’accès de l’aide humanitaire. Les évacuations médicales de patients en état critique ne sont autorisées que de manière très limitée et les fournitures médicales essentielles entrent difficilement, voire pas du tout. Cette obstruction délibérée à l’aide entraîne des décès totalement évitables, tandis que les soignants doivent travailler avec des moyens minimaux et sous une menace constante.

En Cisjordanie occupée, la situation s’est également détériorée. Depuis le début de l’escalade régionale, les incursions militaires, les violences de colons et les incidents meurtriers se sont multipliés, tandis que les checkpoints et les restrictions de circulation isolent de plus en plus les villages et villes palestiniens les uns des autres. Ces restrictions créent une peur de chercher des soins médicaux et provoquent des retards dangereux dans l’accès aux soins, avec de graves conséquences pour les patients souffrant de maladies chroniques ou de besoins médicaux urgents.

Autres contextes touchés dans la région

Les conséquences de la guerre régionale vont au-delà de l’Iran, du Liban et de la Palestine. En Syrie, où la situation sécuritaire reste très fragile, les personnes revenant du Liban sont confrontées à d’importantes pénuries d’abris, de nourriture, de soins médicaux et de protection. Parallèlement, MSF constate des retards croissants dans la livraison de médicaments essentiels en raison des perturbations logistiques régionales.

En Jordanie, la situation sécuritaire est restée relativement stable depuis le cessez-le-feu, avec le rétablissement des liaisons aériennes. Toutefois, l’impact du conflit reste perceptible, notamment à travers la reprise très limitée des évacuations médicales depuis Gaza, qui ne concernent qu’un petit nombre de patients.

Au Yémen et en Somalie, les opérations de MSF sont de plus en plus affectées par les conséquences indirectes de la crise régionale. La hausse des coûts du carburant et du fret, les perturbations des routes d’approvisionnement et l’incertitude logistique croissante exercent une pression supplémentaire sur des programmes médicaux déjà fragilisés par des années de conflit et de pauvreté.

Dans toute la région, les équipes de MSF adaptent continuellement leurs opérations afin de continuer à fournir des soins dans un contexte extrêmement imprévisible et évolutif, tout en se préparant à une éventuelle nouvelle escalade.