Syrie

En 2018, la guerre a continué de faire rage en Syrie. Des millions de personnes y ont désespérément besoin d’assistance médicale et humanitaire. 

En 2018, la guerre a encore frappé de plein fouet civils, zones civiles et infrastructures civiles, y compris les structures médicales, faisant des milliers de tués et de blessés et bien plus encore de déplacés. Médecins Sans Frontières a continué de travailler en Syrie mais ses activités ont été gravement entravées par l'insécurité et les restrictions d'accès. 

Les équipes de MSF analysent les besoins médicaux et humanitaires à Al Mishlab, à l'est de Raqqa. © Diala Ghassan, novembre 2017
Les équipes de MSF analysent les besoins médicaux et humanitaires à Al Mishlab, à l'est de Raqqa. © Diala Ghassan, novembre 2017

Nos équipes mènent des évaluations indépendantes pour déterminer les besoins médicaux et les secours que nous pouvons apporter. Dans les zones dans lesquelles nous avons pu négocier un accès, nous avons géré et soutenu des hôpitaux et des centres de santé, et avons fourni des soins dans les camps de déplacés. 

Dans les régions où aucun secours direct n’est possible, nous avons poursuivi notre aide à distance, et fourni des médicaments, du matériel médical et de secours, de la formation à distance pour le personnel médical, des conseils médicaux techniques et un soutien financier pour couvrir les frais de fonctionnement des structures de santé.

Nord-ouest de la Syrie

En 2018, les combats autour de Damas, Homs et Deraa ont fait fuir des milliers de déplacés vers les gouvernorats d'Idlib et Alep, au nord. Des équipes de MSF ont assuré soins maternels, soins primaires généraux et traitements des maladies non transmissibles (MNT), via des cliniques mobiles, ont distribué des secours et amélioré l’approvisionnement en eau et l'assainissement. MSF a organisé de vastes campagnes de vaccination dans les camps et autour, et a soutenu les programmes de vaccination dans les structures de santé.

Dans plusieurs hôpitaux et cliniques de soins primaires et secondaires autour d'Idlib et d'Alep, nous avons soutenu les soins en ambulatoire et en hospitalisation, urgences, unités de soins intensifs, blocs opératoires, banques de sang, maternités et unités de traitement des MNT et de la thalassémie, en coordination avec les autorités locales. 

Le camp de réfugiés surpeuplé d'Idlib. © Mohammed Homidan, juin 2018
Le camp de réfugiés surpeuplé d'Idlib. © Mohammed Homidan, juin 2018

À Kobané/Aïn Al Arab, au nord-est du gouvernorat d'Alep, nous avons poursuivi la collaboration avec les autorités sanitaires locales pour rouvrir des structures de soins de base, en assurant des consultations ambulatoires, des vaccinations, un soutien psychologique et des soins maternels. En parallèle, à Atmeh, dans le gouvernorat d'Idlib, notre unité pour grands brûlés a continué d’assurer chirurgie, greffes de peau, pansements, physiothérapie et soutien psychologique. En 2018, elle a pratiqué 150 procédures en moyenne par mois et transféré en ambulance les cas sévères ou complexes en Turquie. En décembre, les camps d'Atmeh ont subi de graves inondations éclairs. Nous y avons distribué des tentes, des couvertures et d'autres secours aux plus touchés.

En 2018, l'évolution de la situation et des besoins au nord-ouest nous a conduits à transférer certains projets aux autorités locales et à en gérer d'autres à distance. Au nord du gouvernorat d'Idlib, nous avons pu établir des partenariats de cogestion avec trois hôpitaux de référence, en nous engageant à concevoir des stratégies et protocoles médicaux avec les directeurs des hôpitaux, à soutenir tous les services, donner des médicaments et autres matériels médicaux et couvrir les frais de fonctionnement, y compris les salaires du personnel. MSF a procuré des médicaments vitaux et assuré le suivi de près de 100 patients d'Idlib qui avaient bénéficié d'une greffe de rein. 

Nord-est de la Syrie

La poursuite des combats dans des parties du gouvernorat de Deir ez-Zor a fait de nouveaux déplacés et des victimes civiles, dont beaucoup sont arrivées dans les structures de MSF au nord-est du pays. Ailleurs dans ce gouvernorat, et à Hassaké et Raqqa, la situation s'est calmée et les déplacés par les combats et offensives intenses sur Raqqa et Deir ez-Zor ont commencé à rentrer chez eux, dans des zones où les infrastructures de santé étaient en grande partie détruites et où mines antipersonnel et munitions non explosées jonchaient des villes et villages entiers. En 2018, à Hassaké et Raqqa, nous avons soigné des centaines de victimes de mines, de dispositifs piégés et de munitions. 

Nous avons participé à la réhabilitation des structures de santé dans les gouvernorats de Hassaké, Raqqa et Deir ez-Zor, et avons soutenu de nombreux services, tels que chirurgie, physiothérapie, maternité, soins en santé génésique et en santé mentale, pédiatrie, vaccination, banques de sang et traitements des MNT, en coordination avec les autorités sanitaires locales. À Raqqa et Tabka, nous avons fourni des soins primaires, des services en santé mentale et des traitements contre la leishmaniose dans notre clinique de soins primaires, qui a été transférée aux autorités sanitaires de Tabka en octobre. À l'hôpital de Tell Abyad, l'équipe de notre programme consacré à la thalassémie a effectué 2606 transfusions et mis 226 patients sous thérapie par chélation.

Dans les camps de déplacés, nos équipes ont offert des soins maternels et en santé mentale et des vaccinations, distribué des matelas, couvertures et kits d'hygiène, et assuré l’approvisionnement en eau et l'assainissement. Dans le camp d'Aïn Issa, elles ont fourni des pansements, soigné la malnutrition et les MNT, dispensé des soins en santé mentale et transféré des patients vers les hôpitaux. 

En 2018, MSF a été une des rares organisations à offrir une assistance médicale dans la ville de Raqqa, via une unité de soins primaires et un point de stabilisation. Nous avons débuté la réhabilitation de l'hôpital national de Raqqa, continué d’aider les unités de pédiatrie et de chirurgie et la maternité de l'hôpital de Tell Abyad, et soutenu ou géré les campagnes de vaccination dans le gouvernorat.

Damas et le centre de la Syrie

Avec l'intensification de la bataille de la Ghouta orientale, il nous a été difficile d'aider les communautés assiégées depuis plus de cinq ans. 

Durant les deux premières semaines de l'offensive, du 18 février au 3 mars, les hôpitaux et centres médicaux improvisés que MSF aidait depuis les pays voisins ont signalé 4829 blessés et 1005 morts. Les vagues de morts et de blessés ont continué mais la situation est ensuite devenue trop chaotique pour collecter des données fiables. 
 
Au début de la bataille, nous aidions 20 structures médicales, soit intégralement, soit en partenariat avec d'autres ONG. À la fin, toutes sauf une avaient été détruites ou abandonnées et nos activités dans cette zone ont pris fin.
 
Au nord de la ville de Homs, nous avons aidé à distance huit hôpitaux et centres de santé ruraux jusqu'en mai, lorsque les belligérants ont conclu un accord et que le gouvernement syrien a pris le contrôle administratif et militaire de la zone. Les réseaux médicaux que nous aidions ont alors cessé d'exister. 

Gouvernorats de Deraa et de Quneitra

En juin, lorsque Deraa et Quneitra ont changé de mains, nous avons dû mettre fin à notre aide à huit structures de santé de la région. Nous offrions une aide médicale, technique et logistique pour améliorer l'accès aux soins pour les déplacés et les communautés locales. Fin 2017, nous avions mis en place un numéro d’urgence en santé mentale et avons aussi géré un service de télémédecine au premier semestre de 2018.