Niger

Au Niger, Médecins Sans Frontières (MSF) s’est employé à réduire la mortalité infantile, en particulier pendant le pic saisonnier de malnutrition et de paludisme, et à fournir des soins aux réfugiés et déplacés à Diffa, tout en luttant contre des épidémies, notamment d’hépatite E.

Réponse aux épidémies

Pour enrayer l’épidémie d’hépatite E survenue dans la région de Diffa en avril 2017, les équipes de MSF, présentes sur 224 sites, ont chloré l’eau et distribué des jerrycans propres ainsi que des kits d’hygiène communautaires et personnels comprenant du savon, des gants et des ustensiles. MSF a sensibilisé plus de 200 000 personnes à la prévention de la maladie et à la détection des symptômes, et aidé les hôpitaux et les centres de santé à traiter les cas d’hépatite E. Pour soigner les complications de la grossesse dues à la maladie, MSF a ouvert une unité de soins intensifs dans la clinique mère-enfant de Diffa, et a admis au total 350 femmes.

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Le personnel local de la clinique mère-enfant de Diffa effectue des tests sur des échantillons de sang afin de détecter l'hépatite E. © Guillem Valle, septembre 2017

Le Niger a aussi connu une nouvelle épidémie de méningite C en 2017. De mars à juin, les équipes de MSF ont collaboré avec le ministère de la Santé pour vacciner quelque 464 000 personnes dans les régions les plus touchées : Niamey, Tillabéri, Dosso, Tahoua et Maradi.

Région de Diffa

La région de Diffa, frontalière du Nigéria, subit toujours les conséquences des heurts violents entre les groupes d’opposition armés au Nigéria et les diverses armées de la région. MSF collabore avec le ministère de la Santé pour répondre aux urgences et offrir une aide humanitaire, des soins primaires et secondaires, des services en santé génésique et des consultations en santé mentale à la communauté hôte et aux déplacés.

En 2017, les équipes ont soutenu le principal hôpital régional mère-enfant de la ville de Diffa, les hôpitaux de district de Nguigmi et Maïné-Soroa et plusieurs centres de santé et dispensaires des districts de Diffa, Nguigmi et Bosso. Depuis juin, elles gèrent des cliniques mobiles dans des zones isolées de la région, pour soigner les déplacés victimes de violences ainsi que les communautés nomades.

district de Maïné-Soroa

MSF intervient depuis 2017 dans le district de Maïné-Soroa. Les équipes offrent des soins primaires et secondaires aux populations transfrontalières et mobiles vivant entre le Niger et la Zone de gouvernement local Yunusari dans l’État de Yobe au Nigéria. Elles gèrent des cliniques mobiles et soutiennent les transferts des cas de chirurgie, pédiatrie et médecine interne à l’hôpital de la ville.

Dans les villages d’Assaga et Chetimari, MSF a créé des « espaces d’écoute » pour offrir conseils et aide médicale aux femmes sur les questions de santé sexuelle et génésique.

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Une femme en consultation avec une sage-femme dans l'une des « espaces d’écoute ». © Elise Mertens, mars 2018.

Dans cette région, MSF déploie des activités de soins communautaires et de promotion de la santé ciblant le paludisme, les diarrhées, les infections respiratoires et le dépistage de la malnutrition.

Vu le niveau élevé de violence et de traumatisme auquel sont confrontés les gens de la région, MSF a proposé un soutien psychosocial aux populations hôtes et déplacées, et a reçu 15 742 consultations individuelles et organisé 2534 sessions de groupe.

Les équipes de MSF dans la région ont reçu plus de 300 000 consultations médicales et assisté plus de 5300 accouchements en 2017.

Région de Zinder

Présent à Magaria depuis 2005, MSF s’attache à renforcer les capacités de l’unité de pédiatrie de l’hôpital de district en fournissant personnel et formations. De juin à décembre, la capacité de l’unité a été portée à 600 lits pour faire face à la hausse du nombre d’admissions pour malnutrition et paludisme. Quelque 15 000 enfants de moins de cinq ans ont été traités en 2017.

De plus, l’équipe de MSF a soutenu l’offre de soins primaires pédiatriques dans six centres de santé et un dispensaire, ainsi que les transferts des cas les plus graves à l’hôpital. MSF a aménagé des salles d’observation dans les centres de santé très sollicités de Dantchiao et Magaria, où l’équipe a stabilisé les patients avant leur transfert éventuel à l’unité de pédiatrie de Magaria.

Dans le district de Dungass, tout proche, MSF a, pour la deuxième année consécutive, ouvert une unité de pédiatrie de 200 lits pendant le pic saisonnier de paludisme et de malnutrition, et ses équipes ont travaillé dans cinq centres de santé isolés et deux dispensaires.

En mars, après avoir soutenu pendant 12 ans l’unité d’hospitalisation pédiatrique à l’hôpital national et un centre de nutrition thérapeutique en hospitalisation dans la ville de Zinder, MSF a transféré ces activités aux autorités locales et à la Croix-Rouge française.

Région de Maradi

MSF poursuit son programme pédiatrique axé sur la prise en charge des principales causes de mortalité infantile, notamment la malnutrition et le paludisme, dans le district de Madarounfa. Les mères viennent aussi du Nigéria pour faire soigner leurs enfants.

Des femmes font la queue avec leur enfant pour recevoir de l’alimentation thérapeutique à Dan Issa, dans la région de Maradi.
Des femmes font la queue avec leur enfant pour recevoir de l’alimentation thérapeutique à Dan Issa, dans la région de Maradi. © Sarah Pierre, août 2017

Ce programme, ouvert en 2001, offre aujourd’hui, dans l’hôpital de district, des soins hospitalisés pour les cas sévères de malnutrition, de paludisme et d’autres maladies affectant les enfants de moins de cinq ans, ainsi que des traitements ambulatoires pour les cas de malnutrition sévère sans complications, dans cinq zones de santé de Madarounfa.

Pendant le pic saisonnier du paludisme, des soignants communautaires aidés par MSF assurent, dans plus de 40 villages, la détection et le traitement précoces des cas simples de paludisme et le dépistage de la malnutrition. MSF a intensifié ses activités de promotion de la santé et de soins communautaires, réduisant de 25% les admissions de cas sévères de paludisme avec complications dans les centres soutenus par MSF. Au total, 14 486 enfants ont été soignés en ambulatoire pour malnutrition sévère dans le district de Madarounfa en 2017.

Région de Tahoua

MSF gère le centre de nutrition thérapeutique en hospitalisation et les unités de pédiatrie et néonatalogie à l’hôpital de district de Madaoua, d’une capacité de 400 lits en cas de pic de malnutrition et de paludisme. Plus de 14 500 enfants de moins de cinq ans ont été traités en 2017. MSF a aussi aidé la maternité de l’hôpital à réduire la mortalité néonatale et à gérer les urgences obstétricales. De plus, MSF a ouvert une nouvelle maternité au centre de santé de Sabon-Guida. Plus de 3700 accouchements ont été assistés dans ces deux structures en 2017.

Dans la zone de santé de Tama du district de Bouza, les équipes du programme intégré de soins préventifs et curatifs assurent un suivi complet de tous les enfants de moins de deux ans.

En 2017, plus de 254 200 enfants ont été vaccinés contre la rougeole dans la région.