Afrique du Sud

En Afrique du Sud, Médecins Sans Frontières soutient les approches novatrices pour la prise en charge du VIH, de la tuberculose (TB) et des victimes de violence sexuelle, et l'accès à des médicaments vitaux. 

En 2018, l'Afrique du Sud est devenue le premier pays au monde à introduire la bédaquiline orale dans le traitement standard recommandé de la TB résistante (TB-R). Cette mesure a permis d'arrêter progressivement les injections douloureuses et toxiques, et de renforcer l'accès à des traitements plus efficaces et mieux tolérés – un objectif de longue date de MSF.

Traitement du VIH et de la TB

Dans nos projets VIH et TB à Khayelitsha, près du Cap, et dans le district de King Cetshwayo, au KwaZulu-Natal, nous nous employons à améliorer l'accès aux médicaments nouveaux et réaffectés ainsi qu'à des soins communautaires pour les patients atteints de TB-R, tout en soutenant les efforts pour atteindre l'objectif 90-90-90 d'ONUSIDA pour les séropositifs. 

Un médecin ausculte une patiente dans l’unité VIH/tuberculose du Centre de santé communautaire Michael Mapongwane de Khayelitsha, Cap-Occidental, où MSF collabore avec le ministère de la Santé pour fournir une gamme de services intégrés de lutte contre la tuberculose. © Oliver Petrie, juillet 2018
Un médecin ausculte une patiente dans l’unité VIH/tuberculose du Centre de santé communautaire Michael Mapongwane de Khayelitsha, Cap-Occidental, où MSF collabore avec le ministère de la Santé pour fournir une gamme de services intégrés de lutte contre la tuberculose. © Oliver Petrie, juillet 2018

En 2018, nous avons conduit une enquête en porte-à-porte sur le VIH dans le district de King Cetshwayo. Les premiers résultats confortent les stratégies communautaires novatrices que nous mettons en œuvre depuis 2011 pour réduire l'incidence, la morbidité et la mortalité du VIH et de la TB. En 2018, 22 780 personnes ont bénéficié d’un test de dépistage du VIH dans leur communauté ; 1280 ont débuté un traitement contre la TB, dont 220 sous bédaquiline et/ou délamanide.

À Khayelitsha, nous avons admis 198 couples mère-bébé dans les clubs de soutien postnatal conçus pour améliorer la prise en charge des femmes séropositives et de leurs bébés exposés au VIH. Ce dispositif pilote à son lancement en 2016 a été intégré dans les recommandations nationales de traitement du VIH un an plus tard.

L'Afrique du Sud a été intégrée à l'essai clinique endTB mené dans plusieurs pays pour trouver des traitements plus courts, moins toxiques et plus efficaces contre la TB multirésistante (TB-MR). Nous avons lancé l’essai à Khayelitsha en mai et y avons admis 28 patients.

Prise en charge des survivants de violences sexuelles

Dans le district de Bojanala, dans la «ceinture du platine», nous contribuons à élargir l'accès aux soins pour les victimes de violence sexuelle ou fondée sur le genre via quatre cliniques spécialisées. Appelées Centres de soins Kgomotso, elles offrent une prise en charge médicale, psychologique et sociale. Un nombre croissant de patients y sont référés par des initiatives communautaires, dont un programme de santé scolaire dans lequel nous avons animé des sessions d'éducation pour 12 670 élèves dans 20 écoles. Environ 27 élèves par mois ont été adressés dans nos centres en 2018. 

Atelier de « body mapping » organisé par MSF en juin 2018 auquel ont participé des survivantes de violences sexuelles de la région de Rustenburg. Le body mapping est utilisé pour aider les survivants de violences sexuelles à identifier les cicatrices internes et externes et les difficultés avec lesquelles elles vivent. © Melanie Wenger, juin 2018
Atelier de « body mapping » organisé par MSF en juin 2018 auquel ont participé des survivantes de violences sexuelles de la région de Rustenburg. Le body mapping est utilisé pour aider les survivants de violences sexuelles à identifier les cicatrices internes et externes et les difficultés avec lesquelles elles vivent. © Melanie Wenger, juin 2018

Nous soutenons toujours les services d’interruption de grossesse pour les femmes qui en font la demande. En 2018, deux infirmières de MSF ont effectué 90 à 100 procédures par mois dans deux centres de santé communautaires. 

Projet « Stop aux ruptures de stocks » (SSP)

Le SSP est un consortium de la société civile soutenu par MSF et cinq autres organisations, qui surveille la disponibilité de médicaments essentiels dans les cliniques du pays et fait pression pour une résolution rapide des pénuries. En 2018, il a contribué à détecter et révéler des ruptures de stocks dues à une grève du personnel soignant dans la province du Nord-Ouest.