Mexique

Au Mexique, Médecins Sans Frontières fournit des soins médicaux et en santé mentale aux migrants et réfugiés en route vers le nord, ainsi qu'aux victimes de violence dans des villes parmi les plus dangereuses du pays.

Des équipes de MSF sont à l'œuvre aux frontières sud et nord du Mexique et dans des sites clés entre les deux, pour offrir une aide médicale, psychologique et sociale aux migrants et réfugiés le long des voies migratoires périlleuses reliant l'Amérique centrale et les États-Unis. Nos projets soutiennent aussi les communautés locales vulnérables et les victimes de violence, y compris sexuelle, dans l'État de Guerrero et la ville frontalière de Reynosa.

Vluchtelingen komen aan in het vluchtelingenkamp van Tenosique
Des réfugiés et les migrants arrivent tous les jours dans le camp de réfugiés de Tenosique. ©  Marta Soszynska, mars 2017.

Le périlleux voyage vers le nord

Chaque année, le Mexique est traversé par des milliers de migrants du Triangle nord de l'Amérique centrale – El Salvador, Guatemala et Honduras – qui, pour la plupart, fuient la violence et la pauvreté dans leur pays d'origine. Loin de trouver sécurité et protection au Mexique, ils sont la cible de graves violences – enlèvements, extorsions, traitements inhumains, abus, viols et tortures – infligées par des groupes criminels agissant en toute impunité, en particulier dans les villes frontalières. Avec sa politique de tolérance zéro, ses restrictions à l'octroi de l'asile et son renforcement de la « sécurité » à la frontière, le gouvernement américain n'a fait qu'aggraver la crise.

En 2018, les flux migratoires étaient certes similaires à ceux des années précédentes. Mais nos équipes ont observé une augmentation du nombre de femmes, d'enfants et de familles s'aventurant sur un itinéraire traditionnellement surtout suivi par des hommes. 

À Tenosique, connue comme l’un des principaux points de départ pour les traversées du Mexique, nous avons offert une assistance médicale, psychologique et sociale aux nombres croissants de migrants et réfugiés vulnérables, à l'Abri 72. 

slachtoffers vanh huiselijk geweld
Ana, 18 ans, et sa mère sont accompagnées par une psychologue après avoir été victimes de violences domestiques. ©  Christina Simons, juin 2017

Une de nos équipes assure des services similaires à La Casa del Migrante à Coatzacoalcos, Veracruz. Chaque jour, des centaines de personnes y font halte avant de poursuivre vers le nord. La plupart des problèmes de santé que nous traitons résultent de la pénibilité du voyage : problèmes respiratoires, dermatoses, blessures aux pieds et traumatismes dus à des chutes. Nombreux migrants ont subi des formes de violence physique ou psychologique, y compris sexuelle. En 2018, nous avons ouvert une clinique mobile supplémentaire à côté des voies ferrées à Coatzacoalcos, pour soigner les migrants qui attendent de monter à bord de trains. 

À Mexico, nous gérons un centre thérapeutique spécialisé pour les migrants et demandeurs d'asile qui ont été victimes de violence extrême ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants dans leur pays d'origine ou durant leur périple. En 2018, nous avons offert à 52 patients des soins médicaux et psychiatriques ou psychologiques et leur avons assuré, pendant leur traitement, un logement sûr, des repas et de l'ergothérapie. En outre, nous les avons orientés vers d'autres organisations pour une aide sociale, des conseils juridiques et un emploi.

En février, nous avons transféré aux autorités locales les activités d'aide médicale, psychologique et sociale que nous assurions dans un abri pour migrants à Guadalajara depuis un an.

Terres frontalières du Tamaulipas

À Reynosa, une ville ravagée par la violence depuis plus d'une décennie, nous continuons d’offrir des soins médicaux, psychologiques et sociaux aux victimes. Nous gérons une clinique fixe et envoyons des équipes mobiles dans plusieurs parties de la ville, y compris deux abris pour migrants. En 2018, nos équipes ont commencé à aider les personnes récemment renvoyées des États-Unis, dans un centre d'accueil à la frontière avec le Texas.
Dès septembre, une équipe supplémentaire composée d'un éducateur en santé, d'un  psychologue et d'un assistant social a travaillé au centre d'accueil pour déportés et dans deux abris pour migrants à Matamoros, une cité industrielle à la frontière avec les États-Unis.

Des migrants sur un train
MSF fournit un soutien médical, des services de santé mentale et sociaux aux migrants et aux réfugiés dans différents centres d'hébergement de Nuevo Laredo, Reynosa et Matamoros au Mexique © Anna Surinyach/MSF

Fin octobre, nous avons commencé à dispenser un soutien psychosocial à La Casa Amar et à La Casa Nazareth, deux abris pour migrants et réfugiés à Nuevo Laredo, une autre des villes les plus dangereuses du Mexique. Des soins médicaux sont aussi disponibles à La Casa Nazareth. 

État de Guerrero

Nous avons intensifié nos activités dans les régions de Tierra Caliente, Norte et Centro de l'État de Guerrero, où des guerres de clans entre producteurs rivaux d'opium et de marijuana affectent des communautés entières, qui se retrouvent isolées et privées d'accès à des soins médicaux. En collaboration avec le ministère de la Santé, nous gérons des cliniques mobiles dans 26 communautés affectées par ces guerres de clans. Nos équipes assurent une assistance médicale, psychologique et humanitaire aux victimes de violence, ainsi que le traitement de maladies chroniques et des soins en santé sexuelle et génésique.

Depuis 2016, nous offrons aussi un soutien en santé mentale et du conseil psychosocial aux victimes de violence à Ciudad Renacimiento, Progreso, Zapata et Colonia Jardín, les quartiers les plus violents d'Acapulco. En décembre, nous avons réduit l'éventail de nos activités pour nous concentrer sur la prise en charge des victimes de violence sexuelle à l'hôpital de Renacimiento, en collaboration avec le ministère de la Santé. Notre équipe continue toutefois de suivre de près la situation sanitaire et reste prête à intervenir en cas d'urgence.

Intervention d'urgence

En janvier, une guerre de clans a forcé des milliers d'habitants de la municipalité de Chenalhó, dans le Chiapas, à se réfugier dans la ville voisine de Chalchihuitán. Nous avons envoyé une équipe de huit médecins et psychologues pour assurer soins médicaux, consultations en santé mentale, tant individuelles que de groupe, et conseil psychosocial à quelque 1000 personnes.

En décembre, pour aider des milliers de migrants et de réfugiés bloqués dans la ville frontalière de Tijuana, nous avons envoyé une équipe d'intervention d'urgence qui, outre des consultations médicales et psychologiques, a assuré l'approvisionnement en eau et l'assainissement afin d'améliorer les conditions d'hygiène dans les abris.