Une belle leçon de vie et d'espoir!

Première Mission bannerQuelle journée chargée! Je suis déjà fatigué mais heureux comme un poisson dans l'eau. Lisa, Christof et moi-même avons commencé notre matinée par un briefing au bureau de MSF à Bujumbura. Nous avons fait la rencontre de tout le staff qui y travaille et le chef de mission, Bavo, nous a expliqué en détails les buts et les contextes des divers projets de MSF au Burundi.

Après cette rencontre nous sommes partis rejoindre le centre de Gitega, qui prend en charge les cas des fistules obstétricales. Ce centre est situé à deux heures de route de Bujumbura. Pendant tout le trajet, j'ai eu l'occasion d'apprécier les paysages superbes du Burundi et... la conduite des Burundais. Ce que j'ai décrit, dans mon blog précédent, par rapport aux différences qui m'ont marquées n'est qu'un euphémisme: des centaines de personnes qui marchent aux côtés de la route, des vélos surchargés, des cyclistes qui se laissent tirer par des camions dans les montées, aux nombreuses échoppes rurales... Tant de situations qui, à nos yeux, sont totalement atypiques. 

Arrivés au centre de Gitega, nous sommes accueillis par François le coordinateur terrain, ce dernier a approfondis nos connaissances sur la mission. J'ai énormément appris lors de cet entretien. Notamment sur les faces cachées, mais très importantes de la mission. Par exemple la manière dont MSF informe les habitants et les patients potentiels de la tenue d'une mission dans le pays. Cela peut sembler banal, mais dans un pays où la télévision et internet ne sont que très rarement accessibles, cela représente un challenge de taille.

Cette rencontre avec François est suivie d'une visite guidée du centre par le Dr Aristide.  Aristide nous explique toute la procédure de prise en charge des patientes, de leur arrivée à leur suivi post-opératoire. Cette visite inclus le bloc opératoire, la salle de consultations, la salle de réanimation/soins intensifs, la tente pour les exercices de re-musculation du périnée, et le "village" où vivent les femmes pendant leur période de soins.

Notre guide ne nous explique pas seulement l'aspect technique de l'hospitalisation, mais aussi le côté psycho-social, facteur important de la mission. Pour cet aspect, le village à toute son importance, les patientes y consacrent tout leur temps libre entre les consultations et les opérations. Elles y partagent les repas, des danses ou des moments de détente. Ces activités sont essentielles pour réapprendre à vivre en communauté car  leurs fistules les rendaient incontinentes, ce qui menait à leur stigmatisation et à leur rejet de la société. Ce réapprentissage de la vie en société est donc essentiel. De plus, MSF travaille avec des assistantes sociales qui assurent un suivi sur le long terme de la réinsertion de ces femmes dans leur milieu.

Dans l'ensemble je trouve que la partie de la visite qui m'a le plus marqué était sans aucun doute la rencontre et le contact avec les patientes. Nous avons même eu la chance de pouvoir partager une "interview" avec deux de ces femmes. Nous leur avons posé de nombreuses questions et elles y ont répondu sans tabous. Je les ai trouvées très gaies et souriantes malgré leur situation et leurs histoires qui sont parfois très pénibles. Je trouve qu'elles nous offrent là une très belle leçon de vie et d'espoir, inspirons-nous en!

- Pierre