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Un impact aussi à plus long terme

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Burundi

Première Mission bannerAujourd’hui, nous avons eu l’opportunité d’observer  une équipe mobile lors d’une activité de dépistage. J’ai appris hier en quoi consistait cette partie du projet et pourquoi elle était si importante.

Elsa et Olivier attendent les patients dans la salle d’examen
Elsa et Olivier attendent les patients dans la salle d’examen

 Quand MSF ouvre un centre de soins, rien ne permet à la population locale d’être informée. MSF organise donc une fois par mois, à chaque fois dans une province différente, une activité de dépistage. Voilà comment se déroulent ces travaux hors-centre : tout d’abord, MSF envoie des communiqués par la radio, dans les églises, par les chefs de collines etc. qu’une activité de dépistage aura lieu dans un endroit précis. MSF se rend ensuite au lieu de rendez-vous et procède sur place à un diagnostic, si MSF peut prendre ce dernier en charge, il réfère le patient à son centre médical.

C’est tôt ce matin que nous sommes donc partis en direction de Muyinga pour participer à un dépistage de fistules obstétricales. Les femmes dont le diagnostic serait positif pour cette pathologie seront référées vers Gitera, le centre que nous avons visité hier. La route pour accéder au centre médical où se déroule l’activité n’est pas facilement accessible, il est assez reculé et le 4X4 s’avère assez nécessaire pour y accéder. J’ai la nette impression qu’une grande voiture blanche, avec 3 « muzunga » (occidental)  ne passe pas très inaperçu.

Arrivé sur place, nous sommes accueillis par Datus, le health promoter responsable de ce dépistage. Il nous briefe rapidement sur la procédure de son travail et nous présente ensuite aux patientes qui sont venues. 

Datus procède ensuite à un premier tri : parmi les femmes présentes, il leur demande lesquelles souffrent d’incontinence permanente (jour et nuit) après un accouchement, et  si cette dernière est urinaire ou fécale. Cette première approche est très importante car elle permet  d’orienter l’examen gynécologique.

J’ai pu observer ces examens. Ces derniers étaient menés par Olivier (assistant de chirurgie gynécologique) et par Elsa (une infirmière). Ils m’ont expliqués la procédure et les tests qu’ils effectuent pour déterminer si oui ou non la patiente souffre de fistule. Ce fut une expérience que j’ai beaucoup appréciée et ce malgré la réalité assez dure du terrain.

Après les examens, j’ai eu l’occasion de parler un peu du projet avec Elsa.  Je lui ai avoué être parfois un peu désemparé face aux besoins médicaux – sanitaires (et autres) qui restent dans ce pays, et les moyens dont nous possédons pour tenter d’y remédier. Dans le cas des fistules obstétricales par exemple, beaucoup de femmes sont venues au dépistage parce qu’elles souffraient d’incontinence, mais seulement le quart d’entre elles le sont à cause de fistules. MSF n’a pas les moyens de prendre en charge les patientes qui ne savent retenir leurs urines ou leurs selles pour des raisons autres que les fistules. Cela dépasse le cadre de la mission et le seul service que peut encore leur rendre MSF c’est de les référer vers un autre centre médical où elles pourront être prises en charge.

Ce qui me console un peu, c’est qu’un des buts de MSF n’est pas seulement de soigner, guérir ou sauver, mais aussi d’innover et de prouver à des gouvernements qu’il est possible de prendre en charge une certaine pathologie (en l’occurrence dans ce projet-ci, les fistules). L’impact d’un projet peut donc dépasser le cadre de ce dernier, et avoir un.

- Pierre