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Crise oubliée n°3 : les conflits en République centrafricaine

COMPÉTITION INTERSCOLAIRE #YOUTHCARES

 

Voici la fiche explicative de la crise oubliée n°3 : les conflits qui sévissent en République centrafricaine. Cette crise est l'un des trois thèmes proposés dans le cadre de notre compétition interscolaire #YOUthCAREs. Vous souhaitez avoir les infos concernant le déroulement de la compétition ou les deux autres thèmes ? Cliquez ici

Gabrielle Schiettecatte, promotrice de la santé MSF, raconte le jour où elle a dû interrompre sa mission en République centrafricaine

De quoi parle-t-on ?

Avant toute chose :  votre projet doit se concentrer sur les conséquences des conflits en République centrafricaine (RCA) (accès aux soins de santé, santé physique et mentale de la population…). Autrement dit, il s’agit de mettre ces conflits en lien avec la santé de la population. Il ne s’agit donc pas d’analyser les conflits eux-mêmes en les isolant du reste. Il ne s’agit pas non plus de chercher les causes sociologiques et politiques de ces conflits

La République centrafricaine est située en Afrique centrale, juste au-dessus de l'équateur, avec pour voisins limitrophes la République démocratique du Congo, le Cameroun, le Tchad et le Soudan du Sud. La capitale du pays est Bangui. © Google Maps

Depuis quinze ans, des guerres civiles sèment la destruction et la division en République centrafricaine (RCA). Un nouveau conflit fait rage dans le pays depuis 2018 et provoque des épisodes d'une extrême violence, qui divisent et traumatisent la population encore aujourd’hui.

Au total depuis 2012, six accords de paix ont été signés, mais chaque fois rompus. Ainsi, de grandes parties du pays sont actuellement contrôlées par divers groupes armés. En février 2019, un autre accord de paix a été signé entre le gouvernement et 14 groupes armés du pays. Malgré cela, les violences continuent : massacres, violences sexuelles, incendies de villages entiers et de camps de personnes déplacées.

Fin 2019, plus de 687 000 personnes étaient déplacées à l'intérieur du pays (voir les chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé), tandis que le nombre de réfugiés centrafricains dans les pays voisins était passé à 592 000 (la plupart au Tchad, au Cameroun et en République démocratique du Congo).

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Voici à quoi ressemblait le camp de personnes déplacées à Batangafo, après que la zone ait été attaquée et incendiée par des hommes armés le 31 octobre 2018. 15 personnes ont été tuées, 29 blessées et 20 000 ont fui. La moitié d'entre elles ont cherché refuge dans la zone où se situe MSF. © Helena Cardellach.
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En quoi cette crise est-elle oubliée ?

En plus des victimes des violences commises dans le cadre des conflits, ces derniers restreignent l’accès aux soins de santé de très nombreuses personnes. Ils aggravent alors les besoins humanitaires déjà immenses dans le pays, où les principales causes de mortalité sont le paludisme (appelé aussi "malaria") chez les enfants de moins de cinq ans, et le VIH/sida, chez les adultes. Le nouveau conflit qui a éclaté en 2018 a encore gravement restreint l'accès aux soins, à la nourriture, à l'eau et à des abris.

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La violence, les conflits et les routes mal construites ont fait que le village de Mangina n'a pas eu accès à l'aide humanitaire pendant deux ans. MSF y a mené une campagne de vaccination de deux jours. Du fait de la situation incertaine dans le pays, de nombreuses communautés ne reçoivent pas suffisamment de soins de santé, alors que les besoins sont grands. © Victor Manjon/MSF.

En tant qu'organisation médicale neutre et impartiale, MSF dispense des soins à toute personne qui en a besoin, quel que soit le côté du conflit dans lequel elle se trouve. Prenez connaissance des principes de MSF ici.

Des attaques contre les structures de MSF ont maintes fois entravé nos interventions. Lors de ces attaques, des meurtres sont commis, du matériel est volé et des patients sont enlevés. Certains incidents sont si graves que nous devons parfois nous retirer temporairement des projets. Cela signifie une fois de plus que ceux qui ont le plus besoin d’assistance perdent l'accès aux soins de santé.

Le pays souffre aussi d’un manque cruel de médicaments et d'équipements médicaux. De plus, le manque d’infrastructures médicales et les trajets longs et dangereux vers les hôpitaux, font que de nombreuses personnes meurent de maladies qui auraient pu facilement être traitées si elles avaient reçu des soins de santé à temps.

QueLLES SONT LES ACTIVItés de MSF en RCA ?

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« Je m’appelle Melissa et je suis psychologue. En 2018, je suis partie pour huit mois en République centrafricaine (RCA), où j’ai travaillé au sein de la maternité « Castors » de MSF, à Bangui, la capitale du pays. Au début, tout est à découvrir : nos collègues, la façon de travailler, les conditions climatiques auxquelles le corps doit s’adapter, les habitudes culturelles… mais aussi un contexte sécuritaire difficile ! La situation politique du pays et la présence de groupes armés, rendent le contexte instable et nécessite le respect de règles de sécurité strictes de la part des travailleurs humanitaires. Nous devons également rester vigilants lors de nos moments de détente, car la situation peut parfois se détériorer en peu de temps. En RCA, j’ai vécu des moments difficiles. Nos patients sont particulièrement vulnérables dans ce pays touché par un taux élevé de mortalité maternelle et infantile. Je me souviens de ce jour où j'ai dû annoncer le décès d’une maman à sa famille. Je me suis sentie démunie et profondément touchée. Mais, de ma mission en RCA, je retiens l’accueil et la bonne humeur des collègues centrafricains, toujours présents malgré l'instabilité du pays. »

Soigner les victimes de violences

En 2019, nous avons soigné environ 2000 patients qui présentaient des blessures par balle ou dues à des coups de couteau. Nous avons soutenu les centres de santé d'Alindao et de Mingala à Basse-Kotto, où la violence entre groupes armés a continué malgré l’accord de paix. À Bangui, nous avons aussi apporté une assistance médicale et psychologique à 3230 survivants de violences sexuelles au sein de l'hôpital SICA, un centre de traumatologie chirurgicale que nous avons construit en 2017. Nous avons également lancé un nouveau projet appelé Tongolo - qui signifie « étoile » en langue sango - offrant une prise en charge globale des violences sexuelles, spécifiquement adaptée aux patients hommes, enfants et adolescents, dans quatre établissements de santé de Bangui.

rebellen
« Les rebelles ont créé tellement de souffrances que nous n'avons eu d'autre choix que de fuir notre ville de Batangafo et aller à Bossangoa. Lorsque mon fils est tombé malade pour la première fois, je l'ai emmené à l'hôpital. Je ne savais même pas ce qu'était la malnutrition. Je voyais son estomac se gonfler, je voyais que quelque chose n'allait pas. Nous n'avons pas eu l'occasion de cultiver quoi que ce soit depuis notre fuite. Mon mari ne travaille pas, nous dépendons donc de la générosité des autres pour manger », a déclaré Marina lors de sa visite au sein de l'hôpital de MSF à Bossongoa. © Elisa Fourt/MSF.

Protéger la santé des femmes

À Bangui, nous nous sommes concentrés sur l'amélioration des soins de santé sexuelle et reproductive dans le but de réduire les maladies et les décès dus aux complications obstétriques (c’est-à-dire des complications lors de la grossesse ou l’accouchement), ainsi que les conséquences des avortement non médicalisés, qui sont la principale cause de décès chez les femmes dans les maternités de la ville que nous soutenons. Nous avons également offert des services de planning familial visant à prévenir les grossesses non désirées.

Des stratégies pour faciliter l’accès aux soins

L'insécurité, les ruptures de stocks de médicaments, les longues distances à parcourir pour se rendre dans les centres de santé et, enfin, les coûts de transport, sont des obstacles qui limitent l'accès des enfants à des soins médicaux efficaces et rapides.

Nous employons donc des stratégies visant à dispenser des soins plus près du domicile des personnes. Cela comprend le soutien aux agents de santé qui testent et soignent les patients atteints de paludisme ou de diarrhée, ainsi que le déploiement d'équipes dans les zones difficiles à atteindre et les sites de déplacement, comme le camp PK3 à Bria et la paroisse catholique à Bangassou. En 2019, nos équipes ont aidé plus de 50 000 personnes déplacées ainsi que des communautés vivant dans des endroits reculés, comme à Nzako dans la préfecture de Mbomou, où les habitants ont été pris au piège par trois années de violence incessante.

MSF a fourni aux centres de santé des médicaments, du matériel, du personnel et des formations techniques, et a soutenu les salles d'urgence des hôpitaux ainsi que les services pédiatriques, ce qui a permis aux enfants les plus gravement malades d'obtenir des soins spécialisés gratuits.

e tweeling Dieu Merci en Dieu Bénit werd opgenomen op de afdeling intensieve zorgen van het ziekenhuis van Bossangoa, waar de zes maanden oude kinderen behandeld werden tegen malaria. Hun moeder, Germaine Voter, had haar kinderen eerst naar het gezondheidscentrum van Boguila gebracht toen ze plots koorts maakten. Daar werd meteen de diagnose van malaria gesteld, waarna de kinderen naar Bossangoa werden doorverwezen. "Het kwam niet als een verrassing. Ik ken de symptomen van malaria maar al te goed. Ze beefden en hadden een hogere lichaamstemperatuur dan gewoonlijk", vertelde Germaine aan AZG. Foto: © Elisa Fourt/AZG.
Les jumeaux Dieu Merci et Dieu Bénit, six mois, ont été admis au sein de l'unité de soins intensifs de l'hôpital Bossangoa, où nos équipes leur ont administré un traitement contre le paludisme. Leur maman, Germaine Voter, avait emmené les jumeaux dans un centre de santé à Boguila après qu’ils eurent soudainement de la fièvre. Ils ont été immédiatement diagnostiqués avec le paludisme et envoyés directement à Bossangoa. « Cela ne m'a pas surpris, je connaissais bien les symptômes du paludisme. Ils tremblaient et avaient des températures corporelles plus élevées que d'habitude », a expliqué Germaine à MSF. © Elisa Fourt/MSF.

La prévention est essentielle pour sauver des vies, c'est pourquoi nos efforts ont également porté sur le soutien aux campagnes de vaccination de routine et de vaccination de masse. Au cours de l'année, nos équipes ont effectué des vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, l'hépatite B, la coqueluche, la polio et la rougeole pour les enfants de la préfecture de la Vakaga et ont mis en place deux campagnes de vaccination à Pombolo, dans le district de Ouango.

Lutte contre le VIH et la tuberculose

Nos équipes s'efforcent de rendre les traitements contre le VIH/sida aussi accessibles que possible dans le cadre de nos projets à Carnot, Paoua, Boguila, Kabo, Batangafo et Bossangoa. Nous avons lancé des activités similaires à Bria, et en octobre, nous avons lancé un nouveau projet à Bangui, qui vise à réduire les maladies et les décès liés au VIH/SIDA et à la tuberculose. Nos équipes offrent également des soins, des traitements et des formations au sein de l'hôpital universitaire et soutiennent les structures de santé partenaires.

Moins de la moitié des 110 000 personnes vivant avec le VIH en RCA reçoivent des soins. En 2019, lorsque le pays a connu une importante rupture de stock de médicaments antirétroviraux, nous avons réagi en fournissant des fournitures d'urgence au ministère de la santé et aux établissements médicaux, tout en continuant à approvisionner nos programmes réguliers de lutte contre le VIH.

En outre, nous avons travaillé avec le ministère de la santé pour mettre en place davantage de groupes de parole constitués de patients, dans le but d'atténuer les difficultés quotidiennes rencontrées par les personnes vivant avec le VIH et de faciliter leur adhésion au traitement. Par exemple, les membres du groupe se relaient pour aller chercher les médicaments des autres, ce qui réduit le nombre de fois que chaque personne doit se rendre dans un établissement de santé. Les groupes fonctionnent également comme des systèmes de soutien psychologique dans lesquels les gens peuvent parler ouvertement de leur séropositivité.

Mohara (kinésithérapeute), Pierre (logisticien) et Pascale (infirmière) sont trois employés MSF qui travaillaient en RCA lorsqu’un nouveau conflit a éclaté en avril 2018. Ils nous expliquent comment s’est déroulée la prise en charge des nombreux patients blessés.

Mabelle, infirmière MSF, et Ernest, médecin chef MSF, vous emmène au sein de l’hôpital de Bangassou. Ce reportage a été tourné en été 2017, alors que la RCA faisait face à d’intenses épisodes de violences.

Interview d'Anaïs Prudent, coordinatrice de projet MSF en RCA. Elle nous explique la situation sanitaire précaire de Bria, une ville de plus de 90 000 habitants, qui manque fortement de personnel de santé.

 

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