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Médias sociaux

Violences inacceptables à l'hôpital de Bangassou en République centrafricaine

Le respect des structures médicales et des patients est absolument nécessaire pour maintenir le minimum de service médical dans le pays

Dans la soirée du 24 mai 2017, un homme armé s’est introduit dans l’hôpital de Bangassou, qui est géré par Médecins Sans Frontières et le ministère de la Santé. Il a agressé un infirmier MSF avant d’emmener de force une patiente et son accompagnante. Les équipes ont été bloquées au sein de l’hôpital toute la nuit par la présence d’hommes armés appartenant à un groupe dit « d'autodéfense » qui en contrôlaient les entrées. Elles n’ont pas vu ce qui est arrivé, mais elles ont entendu des tirs et des habitants du quartier leur ont rapporté que les corps des deux femmes, mortes, avait été retrouvés près de l’enceinte de l’hôpital.

« Les meurtres qui se sont produits à Bangassou la nuit de 24 mai mettent en danger la capacité de fournir l’aide médical dans l’hôpital, » déclare Brice de le Vingne, Directeur des opérations pour MSF. « Un hôpital est un endroit où les patients peuvent se faire soigner, sans crainte de discrimination religieuse, politique ou de genre. Il deviendra de plus en plus difficile pour MSF de continuer à fournir des soins vitaux si les patients et les structures médicales ne sont pas respectés. »

Neutralité, indépendance et impartialité

Depuis une recrudescence de violence à Bangassou qui a commencé le samedi 13 mai, presque tous les quartiers de la ville sont contrôlés par un « groupe d’auto-défense ». Malgré des difficultés à déployer une aide humanitaire d’urgence dans les premiers jours des combats, les équipes MSF ont réussi à négocier un espace de travail avec les différents groupes et ont ainsi pu offrir des soins médicaux vitaux aux blessés et personnes déplacées. Organisation neutre, indépendante et impartiale, MSF met tout en place pour continuer son travail médical même pendant les périodes de conflit. Cependant, ses équipes ne peuvent pas travailler si les groupes armés ne laissent pas en paix les patients, les structures et le personnel de santé, y compris les ambulances et les services de référence.

MSF rappelle que chaque incident à l’encontre d’un patient, d’une structure ou d’un personnel de santé réduit d’avantage l’offre de soins déjà extrêmement réduite dans le pays, au moment même où elle est le plus nécessaire.

Les équipes MSF à Bangassou

Durant la semaine qui a suivi le début des violences à Bangassou, les équipes MSF ont pris en charge 70 blessés au cours des trois premiers jours puis offert près de 330 consultations à l’hôpital et 350 consultations lors de cliniques mobiles sur le site de déplacés.