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TANZANIE: L’ASSISTANCE DOIT URGEMMENT S’ACCROITRE CAR LES CAMPS DE RÉFUGIÉS DéBORDENT

Alors que les camps de réfugiés en Tanzanie ont atteint leur capacité d'accueil maximale, la situation prend une tournure grave pour des centaines de milliers de réfugiés. Près de 250 000 personnes réfugiées venant du Burundi et du Congo s'entassent désormais dans trois camps surchargés. Pendant ce temps, les discussions piétinent à propos de l'ouverture d'un quatrième camp qui permettrait d’héberger les personnes qui continuent de franchir la frontière.

MSF est seule pour procurer des soins dans le camp de Nduta
MSF est seule pour procurer des soins dans le camp de Nduta  © Louise Annaud / MSF. Tanzanie, 2016.

« Alors que le nombre total de réfugiés devrait atteindre les 280 000 avant fin 2016, cette crise des réfugiés est en train de devenir une des plus grandes d’Afrique » explique David Nash, chef de mission pour Médecins Sans Frontières.

Malgré les avertissements lancés par MSF dès le mois de mai 2016, l'aide a été insuffisamment renforcée. Le camp de Nduta où arrivent les nouvelles personnes réfugiées est désormais saturé. Jusqu’à 10 000 réfugiés burundais arrivent en Tanzanie chaque mois, auxquels se sont ajoutés en octobre 850 personnes venant de République démocratique du Congo.

 «La réponse humanitaire actuelle, en particulier concernant l'abri, l'eau et l'hygiène, ne pourra pas rester à niveau vu le nombre de nouveaux arrivants », affirme David Nash. « La crise au Burundi ne laisse entrevoir aucun règlement proche. Il devient donc crucial que l'aide internationale intensifie rapidement ses efforts humanitaires en Tanzanie.»

Beaucoup de tentes prévues pour accueillir les réfugiés doivent être remplacées ou réparées
Beaucoup de tentes prévues pour accueillir les réfugiés doivent être remplacées ou réparées © Louise Annaud/MSF. Tanzanie, 2016.

Depuis quelques mois, la distribution alimentaire est menacée de réduction par manque de fonds. Le Programme alimentaire mondial a annoncé officiellement au mois d'octobre la réduction des rations alimentaires à 60% de la valeur nutritive quotidienne recommandée. Un don de dernière minute a finalement permis de repousser cette décision. Alors que le nombre de réfugiés continue d’augmenter, le risque de coupes dans le futur est une préoccupation majeure. 

RISQUES SANITAIRES: PALUDISME

Les réfugiés sont extrêmement vulnérables au paludisme, dans une région de la Tanzanie ou cette maladie transmise par les moustiques est endémique. Rien ne garantit qu’il y ait suffisamment d’abris pour l’afflux massif de réfugiés qui continuent de franchir la frontière.

 «La saison des pluies approche et nous craignons un nouveau pic de paludisme chez les personnes réfugiées», complète David Nash. « Comme nous l’avons constaté l’an dernier à Nyarugusu, la surpopulation et les conditions de vie insalubres où l'eau stagnante offre un terrain fertile aux moustiques ne feront qu'aggraver les risques. Les personnes fragilisées par le voyage, les femmes enceintes et les enfants sont particulièrement vulnérables.»

La maternité MSF pour les réfugiés
La maternité MSF pour les réfugiés © Louise Annaud / MSF. Tanzanie, 2016.

Les équipes MSF des camps de Nyarugusu et de Nduta ont soigné 72 644 cas de paludisme entre les mois de janvier et d'août 2016, dont une grande proportion  avec des complications. À la veille du pic saisonnier, les équipes se préparent à une nouvelle arrivée massive de patients. 

MSF lance un nouvel appel au renforcement de l'aide internationale.  «Le gouvernement tanzanien – qui a gardé ses frontières ouvertes pour répondre à la crise - ne devrait pas avoir à assumer seul cette responsabilité. Il est impératif de renforcer immédiatement l’assistance.»

Historique de la situation

Les premiers Burundais réfugiés sont arrivés en Tanzanie en mai 2015. Ces personnes se sont installées dans le camp de Nyarugusu qui abritait déjà 60 000 personnes réfugiées originaires du Congo. Devant le brusque surpeuplement du camp de Nyarugusu, les autorités ont rapidement ouvert deux autres camps: celui de Nduta en octobre 2015 et celui de Mtendeli en janvier 2016. Il reste à identifier le site d'un quatrième camp pour héberger les personnes réfugiées qui continuent d'arriver.