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Rohingyas : MSF intensifie ses activités au Bangladesh mais la situation reste préoccupante au Myanmar

Les réfugiés Rohingya qui fuient au Bangladesh ont besoin d’une assistance médicale d'urgence alors que la situation humanitaire le long de la frontière avec le Myanmar s'aggrave.

Le 6 septembre, plus de 146 000 personnes avaient traversé la frontière pour le Bangladesh, fuyant la violence dans l’état de Rakhine au Myanmar. Ce chiffre auquel il faut ajouter les 75 000 personnes qui ont fui depuis que les violences ont commencé en octobre 2016, représente l’un des afflux les plus importants de Rohingyas au Bangladesh.

Au moins 146 000 persones ont fui vers le Bangladesh depuis le 25 août © MSF. Bangladesh, septembre 2017.
Au moins 146 000 persones ont fui vers le Bangladesh depuis le 25 août © MSF. Bangladesh, septembre 2017.

La majorité des nouveaux arrivants est accueillie soit dans des camps de fortune déjà existants ou nouvellement créés, soit dans des camps officiels gérés par le HCR, soit au sein de la communauté résidente. Beaucoup de réfugiés sont bloqués dans le no-man’s land entre le Bangladesh et le Myanmar. Même avant l'afflux le plus récent de réfugiés, de nombreux Rohingyas au Bangladesh vivaient dans des conditions déplorables, dans des lieux surpeuplés et insalubres, exposés aux intempéries.

Des blessures liées à la violence

« La situation est désastreuse », a déclaré Pavla Kolovos, chef de mission MSF au Bangladesh. « Nos équipes voient arriver des vagues de personnes dans un dénuement total, extrêmement traumatisées et qui n'ont reçu aucun soin médical. Beaucoup d'arrivants présentent des blessures liées à la violence, ont des plaies gravement infectées ou souffrent de complications obstétriques avancées. Il faut de toute urgence renforcer l’assistance humanitaire pour faire face à ces besoins».

Un père de 49 ans a déclaré à MSF : « Je me suis échappé de chez moi avec toute ma famille, mais alors que nous fuyions mon fils s’est fait tirer dessus. Je l'ai amené ici à l'hôpital au Bangladesh, mais j'ai dû laisser les autres membres de ma famille, qui sont cachés au beau milieu de la forêt au Myanmar. Je n'ai pas eu de nouvelles d’eux depuis des jours. Je ne sais pas quoi faire, je suis tellement désespéré ».

Les distributions alimentaires restent limitées, et, certains réfugiés ont seulement reçu des rations de biscuits secs. L'accès à l'eau potable reste problématique.
Les distributions alimentaires restent limitées, et, certains réfugiés ont seulement reçu des rations de biscuits secs. L'accès à l'eau potable reste problématique. © MSF. Bangladesh, septembre 2017.

Des renforts d’infirmiers, de sages-femmes et de médecins ont été appelés et MSF a mis en place une deuxième salle d’hospitalisation dans l'une de ses deux cliniques existantes dans la région de Kutupalong pour faire face à l'augmentation de patients. MSF renforce également les références médicales avec les autres hôpitaux et fournit des ambulances 24h/24. Deux équipes médicales ambulatoires supplémentaires évaluent les besoins médicaux et soignent les blessés et MSF distribue également des produits de première nécessité aux nouveaux arrivants.

Pas autorisés à agir au Myanmar

« Les acteurs au Myanmar ne sont pas capables ou pas autorisés à répondre aux besoins », explique Kolovos. « Comme les niveaux de vaccination dans l'état de Rakhine au nord du Myanmar sont très faibles, l'une des priorités pour les nouveaux arrivants est  d’organiser de vastes campagnes de vaccination contre la rougeole et d’autres maladies. Des efforts supplémentaires sont également nécessaires pour prendre en charge les personnes malnutries, dans un contexte où les taux de malnutrition étaient déjà élevés au sein de la population Rohingya, au Bangladesh avant l’afflux de réfugiés, et dans l’Etat  de Rakhine ».

Les distributions alimentaires restent limitées, et, certains réfugiés ont seulement reçu des rations de biscuits secs. L'accès à l'eau potable reste problématique. « On m'a donné sept sachets de biscuits pour nourrir mes enfants quand je suis arrivé. C'est tout ce qu'ils ont mangé », a déclaré un père de quatre enfants arrivé il y a trois jours.