Myanmar (Birmanie)

En 2018, le gouvernement du Myanmar a continué de refuser aux organisations humanitaires l’accès aux zones en conflit et aux populations déplacées de force, limitant les sites où Médecins Sans Frontières a pu offrir une aide médicale.

Sur les rares organisations humanitaires autorisées à accéder au nord de l'État de Rakhine en 2018, peu ont été autorisées à fournir des secours. Malgré des demandes répétées, notre équipe à Maungdaw n'a pas pu reprendre ses activités médicales, hormis le conseil et le soutien aux patients VIH dans deux hôpitaux publics dès juillet.

Une infirmière donne des antirétroviraux aux patients tuberculeux de l'hôpital d'Insein, à Yangoon. ©Alessandro Penso, février 2018
Une infirmière donne des antirétroviraux aux patients tuberculeux de l'hôpital d'Insein, à Yangoon. ©Alessandro Penso, février 2018

Nos équipes mobiles basées à Sittwe, au centre de l'État de Rakhine, ont continué d’offrir des soins primaires et à organiser les transferts d'urgence de patients de toutes les communautés. En 2018, nous avons ouvert un nouveau programme en santé mentale, et mené des visites hebdomadaires dans les camps du district de Pauktaw, où des musulmans des ethnies Kaman et Rohingya sont de facto détenus depuis qu'ils ont été déplacés par les violences en 2012. Ces services sont aussi fournis à Aung Mingalar, un ghetto musulman fermé dans la ville de Sittwe, et dans les villages ethniques de Rakhine, dans les districts de Sittwe et Ponnagyun.

Les projets de rapatriement des réfugiés rohingyas du Bangladesh en novembre n’ont pas abouti, ces réfugiés ayant tous refusé de rentrer au Myanmar. Inquiets pour l'état de santé et les conditions de vie des Rohingyas restés dans l'État de Rakhine, nous avons réitéré, en août, nos appels aux autorités pour que les organisations humanitaires internationales obtiennent un accès inconditionnel et la liberté de conduire une évaluation indépendante des besoins.

Traitement du VIH

Longtemps principal fournisseur de traitements contre le VIH au Myanmar, MSF continue de collaborer étroitement avec le ministère de la Santé et des Sports pour transférer les patients au Programme national décentralisé de lutte contre le sida, afin qu'ils puissent être soignés plus près de chez eux. Ces transferts ciblent des patients traités pour des co-infections à l'hépatite C, la tuberculose (TB) ou la TB multi-résistante (TB-MR) dans nos projets à Yangon, Shan, Kachin et Dawei (Tanintharyi).

En 2018, nous avons réussi à transférer 6000 patients rien que pour Yangon. Nos équipes ont ainsi pu assurer une prise en charge intégrée de nos autres patients et se concentrer sur les actions de proximité, l'éducation et le conseil par les pairs afin de prévenir la transmission du VIH. Nous avons ciblé des groupes à risque tels que la communauté des pêcheurs et les travailleurs immigrés à Dawei et les travailleurs du sexe, toxicomanes et migrants dans les États Shan et Kachin. Là-bas, un conflit interminable et des déplacements massifs créent des obstacles supplémentaires à l'accès aux soins.

En décembre, nous fournissions encore des traitements à un total de 2270 séropositifs à Dawei, où nous assurons le dépistage et le traitement de l'hépatite C depuis 2017. En 2018, près de 90% de nos patients co-infectés à l'hépatite C ont reçu des antiviraux à action directe hautement efficaces.

Soins de base à Naga

Nous avons des équipes mobiles à Naga, dans le Sagaing, une région isolée et montagneuse du nord du pays, où les communautés n'ont qu'un accès limité aux soins de base. Durant la saison des pluies, certaines sont même totalement inaccessibles. Nos équipes ont voyagé jusqu'à huit heures à moto pour atteindre les villages les plus éloignés, souvent sur des sentiers boueux et dangereux. En 2018, elles ont assuré près de 8500 consultations médicales et apporté un soutien au ministère de la Santé pour des campagnes de vaccination et le dépistage de la TB.