MSF reste active en Afghanistan : les dernières nouvelles de nos cinq projets dans le pays

Dimanche 15 août, la capitale afghane Kaboul est passée sous le contrôle des talibans. Maintenant que les combats dans les provinces ont largement cessé, les gens peuvent à nouveau se déplacer plus facilement pour se faire soigner. Cela signifie que nos projets reçoivent plus de patients que ces dernières semaines. Dans le même temps, les hôpitaux et les centres de santé du pays restent soumis à une forte pression en raison d'un manque de personnel et d'équipements, ce qui empêche parfois les patients d'accéder aux soins dont ils ont besoin.

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La situation est particulièrement grave dans les capitales provinciales. Nos équipes continuent à travailler dans cinq projets à travers le pays pour continuer à aider la population du mieux que nous pouvons. Voici un aperçu de notre travail en Afghanistan au cours de ces derniers jours mouvementés.

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De nombreuses personnes ont été déplacées suite lors des combats. Début juillet, nous avons donc mis en place une clinique temporaire dans la ville de Kunduz pour leur fournir des soins médicaux également. Au cours des 12 premiers jours, notre équipe a effectué pas moins de 3 400 consultations. © Prue Coakley, 10 juillet 2021.

À Herat : COVID-19 et malnutrition

  • La diminution du nombre de patients dans notre centre COVID-19 se poursuit alors que la troisième vague en Afghanistan touche à sa fin. Moins de patients ont désormais besoin d'oxygène.
  • Le nombre de patients que nous recevons dans notre centre d'alimentation thérapeutique a encore augmenté. Nous avons maintenant admis 64 enfants souffrant de malnutrition, soit 36% de plus que la semaine dernière.
  • Dans notre clinique de Khadestan, nous dispensons des soins ambulatoires en matière de maladies non transmissibles et de santé sexuelle et reproductive. Nous y avons constaté une augmentation du nombre de patients car d'autres cliniques de la région ont (temporairement) cessé leurs services. Nous effectuons ici 215 consultations par jour, au total nous avons déjà aidé 1 725 patients.

À Kandahar : soins contre la tuberculose et pédiatriques

  • Pendant les combats, nos équipes ont pu continuer à soigner les patients atteints de tuberculose multirésistante. Nous avons mené des consultations à distance et fourni à nos patients suffisamment de médicaments pour qu'ils n'aient pas à se déplacer près des lignes de front.

  • Le camp de Haji, qui accueillait 5000 personnes déplacées, est aujourd'hui quasiment vide. Nous envisageons de déplacer notre clinique pédiatrique à proximité des patients, afin de poursuivre la prise en charge des enfants de moins de cinq ans. Les principaux problèmes de santé sont la diarrhée, les infections des voies respiratoires supérieures, l'anémie et les infections des yeux et de la peau. Dans le camp, nous avons traité 179 patients.

À Khost : notre maternité toujours opérationnelle

Nos activités à la maternité de Khost (notre plus grand hôpital au monde) se poursuivent. En juillet, nous avons assisté 1450 accouchements. Entre le 15 et le 22 août, nous avons admis 402 femmes enceintes, soit 48 accouchements par jour. 33 bébés ont été admis dans notre unité néonatale.

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Ce patient a été blessé pendant les combats à Kunduz. Nos équipes l'ont soigné dans le centre de traumatologie d'urgence de la ville. Depuis, nous avons transféré tous les patients vers le nouveau centre de traumatologie de Kunduz.  © Evangeline Cua, 2 août 2021.

À Kunduz : un nouveau centre de traumatologie

La situation à Kunduz est calme. Le lundi 16 août, nous avons transféré tous nos patients du centre de traumatologie d'urgence au nouveau centre de traumatologie de Kunduz. Nous disposons pour commencer d'une capacité de 30 lits et d'un bloc opératoire. Nous traitons les personnes qui ont été blessées dans des accidents, mais aussi lors des combats. Entre le 9 et le 14 août, nous y avons traité 63 patients.

Aujourd'hui, nous recevons principalement deux types de patients : les personnes blessées dans des accidents de la route et celles qui ont été blessées dans des combats et présentent des complications. De nombreuses personnes sont blessées dans des accidents de la route et souffrent de traumatismes crâniens. Nous n'avons pas la capacité de fournir des services de neurochirurgie et les autres établissements de la région qui devraient normalement disposer de certains services neurologiques ne fournissent pas encore ce service. Il s'agit d'une illustration claire des lacunes du système de soins de santé qui existent depuis longtemps et qui sont aujourd'hui tout aussi aiguës.

À Lashkar Gah : 815 patients en une journée aux urgences

La situation à Lashkar Gah est maintenant calme. Nous recevons des patients qui avaient reporté leurs soins médicaux lors des combats. Ces derniers jours, le service des urgences a tourné à plein régime. Nous avons principalement traité des patients souffrant de problèmes respiratoires, de problèmes gastro-intestinaux, de traumatismes liés aux combats ou à des accidents de la route. Le nombre de patients que nous recevons à Lashkar Gah a augmenté de manière significative, car les autres installations ne sont pas entièrement opérationnelles et les gens peuvent à nouveau chercher des soins sûrs.  Certains jours de la semaine dernière, nous avons reçu plus de 800 patients dans notre service d'urgence. Les 300 lits sont pleins.

Entre le 15 et le 21 août:

  • nous avons traité un total de 3 698 patients au service des urgences, soit une moyenne de 739 par jour
  • 415 patients ont été admis à l'hôpital
  • la pédiatrie a traité une moyenne de 50 patients par jour
  • ici aussi, le nombre de patients du centre d'alimentation thérapeutique a fortement augmenté, passant de 25 enfants malnutris à 77 en une seule semaine.