Dernières nouvelles d’Afghanistan : les soins de santé toujours sous pression, mais nos activités se poursuivent

En Afghanistan, la situation sur le front des soins de santé reste extrêmement tendue. Les effectifs et le matériel médical font toujours cruellement défaut. Les rares structures et services publics de santé encore ouverts ne fonctionnent pas correctement. En raison de la crise économique, le secteur privé des soins de santé est financièrement inaccessible pour des millions d’habitants. 

Le pays est au bord de l’effondrement économique et institutionnel. La plupart des services de base sont fermés et les salaires des fonctionnaires (dont une grande partie travaille dans le secteur des soins de santé) ne sont plus payés depuis plusieurs mois. Le secteur bancaire est pratiquement à l’arrêt et les gens ne peuvent donc plus récupérer leurs économies. Même des organisations telles que Médecins Sans Frontières ont de plus en plus de mal à mener à bien leurs opérations.   

En dépit de tout cela, tous nos projets continuent à tourner à plein régime. Le point sur nos cinq projets, en novembre :    

malnutrition à Herat

  • Notre centre nutritionnel de l’hôpital régional d’Herat a accueilli de nombreux patients cette année. En Afghanistan, la malnutrition est un problème fréquent, et son caractère est saisonnier. Depuis le début de l’année, nous avons pris en charge beaucoup plus de patients que d’habitude, mais leur nombre est toutefois en train de diminuer progressivement, passant de 65 par semaine en septembre à 50 par semaine en octobre et finalement à 38 en novembre.  
  • Nous avons également commencé à soutenir le service de pédiatrie de l’hôpital. Au cours de cette première phase, nos équipes prêtent main-forte aux urgences et à l’unité de soins intensifs. 
  • Dans la banlieue d’Herat, nous mettons l’accent sur les soins de polyclinique, le traitement des maladies non-transmissibles et les soins de santé sexuelle et reproductive. Nous ciblons surtout les enfants et les femmes enceintes.
  • En novembre, nous avons pris en charge une centaine de cas suspects de COVID-19. Une petite partie seulement des patients étaient dans un état critique. Nous les avons transférés dans des centres de traitement COVID-19. 
  • Een ondervoed kind krijgt therapeutische voeding in ons voedingscentrum in Herat
    Un enfant sous-alimenté reçoit un aliment thérapeutique dans notre centre nutritionnel d’Herat © Sandra Calligaro

Traitement de la tuberculose à Kandahar

  • Nous continuons à dispenser des soins TB à Kandahar. Au total, 54 patients bénéficient de notre programme. 
  • Nous luttons également contre la malnutrition à Kandahar, avec un centre nutritionnel mobile. 
Onze kraamkliniek in Khost is oorspronkelijk bedoeld voor vrouwen met geconpliceerde zwangerschappen. In dit operatiekwartier kunnen we hen chirurgische zorg bieden. We hebben nu onze gespecialiseerde zorg opengezet voor álle vrouwen in de regio.
Notre maternité de Khost est au départ spécialisée dans les complications obstétricales. Elle est dotée d’un bloc opératoire pour les interventions chirurgicales. Nous avons ouvert cette clinique de soins spécialisés à toutes les femmes de la région. © Oriane Zerah

Soins de maternité à Khost

  • Notre maternité de Khost ne prend plus seulement en charge des grossesses compliquées. Nous essayons à présent d’accueillir toutes les femmes enceintes de la province, car les soins de maternité sont de moins en moins accessibles financièrement. Nous avons aidé un plus grand nombre de femmes à donner la vie que d’habitude : 1 800 en octobre et 2 000 en novembre.  
  • Nous continuons d’apporter notre soutien à 8 centres de santé et à l’hôpital provincial de Khost, à travers des dons de nourriture, de combustible et de matériel médical.  

Soins de traumatologie à Kunduz

  • Le système de soins de santé est toujours sous pression à Kunduz. Le personnel n’est plus payé depuis des mois et ne vient travailler que quelques heures par jour. Le système de santé publique reste confronté à une pénurie de moyens médicaux et logistiques ; le principal hôpital de référence régional dépend toujours des dons.   
  • Notre centre de traumatologie de Kunduz continue de prendre en chargé des blessés, principalement des victimes d’accidents de la circulation. Après l’attentat à la bombe dans une mosquée, le 8 octobre, plus de 100 blessés graves ont été admis dans cette structure ; vingt d’entre eux n’avaient pas survécu au transfert en ambulance. Tous les patients à l’exception d’un seul sont à présent sortis ; la plupart ont été soignés pour des brûlures. En novembre, nous avons réalisé 278 interventions chirurgicales.  

Hôpital de MSF à Lashkar Gah

  • L’hôpital de Boost à Lashkar Gah est le seul hôpital public de la province qui fonctionne encore tout à fait normalement. Il est donc engorgé. D’autres structures publiques de soins de santé, dans la ville de Lashkar Gah comme dans les provinces rurales des alentours ont encore énormément de mal à dispenser des services médicaux.        
  • En novembre, notre centre nutritionnel a encore admis de très nombreux patients, mais leur nombre diminue progressivement. 
  • Le nombre de cas de rougeole chez les enfants en bas âge a de nouveau augmenté. En novembre, nous avons traité 525 enfants de moins de 5 ans. 
  • La maternité de Boost tourne à plein régime depuis maintenant trois mois. En novembre, le personnel de la maternité a accompagné 1 912 accouchements.
  • Le personnel de l’unité des urgences continue de travailler d’arrache-pied. Nous soutenons un hôpital des environs avec des dons de matériel médical et de médicaments. L’idée est qu’il puisse prendre en charge les cas moins sévères que nous leur transférons.