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Une épidémie de choléra frappe les réfugiés burundais en Tanzanie

Près de 64,000 Burundais sont arrivés la semaine dernière en Tanzanie, fuyant les troubles politiques au Burundi. Ils vivent aujourd’hui dans des conditions déplorables, dans des camps bondés. Une épidémie de choléra frappe aujourd’hui ces camps, où 31 personnes sont décédées de la maladie et plus de 3000 souffrent aujourd’hui de diarrhée aiguë, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. En collaboration avec les autorités sanitaires, Médecins Sans Frontières installe des points de réhydratation et un centre de traitement dans les camps de Kagunga et Kioma. Grâce aux sels de réhydratation, les patients peuvent lutter contre la déshydratation causée par la maladie dès les premiers symptômes.

Soins aux patients

Les réfugiés sont confrontés à un choix impossible en ce moment: soit rester au Burundi et faire face à l’insécurité, soit  se réfugier dans un camp en Tanzanie et risquer le choléra

 « La situation est critique, explique Nanan Kassi N'Zeth, coordinateur médical de MSF. Les réfugiés sont confrontés à un choix impossible en ce moment: soit rester au Burundi et faire face à l’insécurité, soit  se réfugier dans un camp en Tanzanie et risquer le choléra ». La priorité de MSF est de soigner les malades dans les centres de traitement de choléra à Kigoma et Kagunga, d’améliorer l’hygiène dans les camps et d’assurer l’approvisionnement en eau potable.

Un stade de foot bondé

A Kigoma, sur la rive orientale du lac Tanganyika et à proximité de la frontière avec le Burundi, 2000 personnes sont regroupées dans un stade de football, désigné comme centre de transit, en attendant leur transfert vers le camp officiel de Nyarugusu. Les structures de santés existantes ont enregistré près de 1000 cas de diarrhée aigüe au cours de la dernière semaine.

A Kagunga, sur un autre site de transit, à environ quatre heures de bateau de Kigoma, vivent près de 15.000 réfugiés. « Les services médicaux y sont extrêmement limité et reçoivent en moyenne 200 patients par jour, poursuit Nana Kassi N’Zeth.  En raison de la capacité de prise en charge restreinte, des patients sont morts pendant qu’ils étaient transférés en bateau vers Kigoma. Les conditions de vie sont aussi inacceptables car les réfugiés sont contraints de fabriquer des abris de fortune ou de dormir en plein air ».

Une maladie qui se propage vite

Une fois que les personnes sont infectées par de l’eau ou des aliments contaminés, le cholera se propage rapidement. Cette propagation est accélérée par de mauvaises pratiques d’hygiène, un manque de latrines et des eaux usées mal gérées.  La propagation de la maladie ne peut être arrêtée que par l'amélioration des conditions d'hygiène.

Le choléra peut être traité simplement et avec succès en remplaçant immédiatement les fluides et les sels perdus par les vomissements et la diarrhée. Les patients atteints de choléra sont toujours traitées avec des solutions de réhydratation orale. Les cas graves requerront le remplacement des liquides par une perfusion intraveineuse, et parfois par des antibiotiques.

Ce que fait MSF

MSF a actuellement 22 personnels médicaux et logistiques internationaux en Tanzanie, en plus d’un grand nombre de personnel national. Un avion contenant des médicaments et du matériel logistique et médical nécessaire pour installer les centres de traitement de choléra ont été envoyés. Au Burundi, MSF soutient 3 centres de santé à proximité de l’emplacement où ont lieu les manifestations à Bujumbura. L’organisation facilite également l’accès des blessés dans 4 hôpitaux. En collaboration avec la Croix Rouge locale, l’équipe a mis en place un service d’ambulance de garde pour les cas graves. A Gitega, l’équipe continue de soigner les fistules obstétricales au centre de santé Umuri.