Un nouveau Moria ? Environ 10 000 personnes transférées dans le nouveau camp sur l’ile de Lesbos

Au total, 9938 personnes ont été transférées dans le nouveau camp de Lesbos. Les deux endroits où nous avons prodigué une assistance médicale aux demandeurs d'asile - l'ancien camp de Moria et l'endroit où les gens vivaient dans les rues après l'incendie - ont maintenant été évacués. Dans le nouveau camp, 241 cas positifs de COVID-19 ont été confirmés parmi les 600 personnes placées en quarantaine. Deux personnes ont été hospitalisées à la suite du COVID-19.

Na de brand in Moria protesteerden de ex-bewoners van Moria tegen de bouw van een nieuw kamp
Après l'incendie du camp de  Moria, les anciens habitants du camp ont protesté à plusieurs reprises contre la construction d'un nouveau campement dans les rues de Mytilène, capitale de Lesbos. Leur appel ne pourrait pas être plus clair : "Nous voulons être libres. Nous ne voulons pas d'un nouveau camp". © Enri Canaj, 11 septembre 

Nos équipes ne sont pas actives dans ce nouveau camp. Mais les descriptions que nous recevons et les visites que nous y avons effectuées montrent une situation inquiétante : le camp est situé au bord de la mer, en plein vent, il n'y a pas de véritable abri contre les intempéries et les premières pluies vont probablement créer des conditions misérables - peut-être pires que celles de Moria. Les tentes ne sont pas suffisamment isolées et sont partagées par plusieurs familles. Les hommes célibataires partagent une même une tente avec 150 autres personnes.

À nouveau : manque d'eau, de nourriture, d'installations sanitaires et d’accès aux soins

Plusieurs de nos patients se plaignent du manque d'eau, de la réduction des distributions de nourriture, de l'absence d'installations sanitaires adéquates et d'abris. Bien qu'il y ait des acteurs dans le camp qui prodiguent des soins de santé primaires, il n'est pas clair si les besoins médicaux sont satisfaits. Nos équipes continueront donc à transférer les patients du nouveau camp vers notre clinique située à côté de l’ancien camp de Moria. Nous prodiguons principalement des soins en santé sexuelle et reproductive, des soins en santé mentale et nous soignons des enfants atteints de maladies chroniques. En attendant, nous explorons d'autres lieux plus proches du camp. 

Malgré les promesses antérieures de la Commission européenne selon lesquelles aucun nouveau camp tel que Moria ne sera construit, ce que nous voyons jusqu'à présent n'est pas de bon signe. Pour l'instant, nous ne savons pas si ce camp imitera la politique de détention de Moria. Les gens peuvent entrer et sortir du camp entre 8 heures et 20 heures. Nous attendons plus de clarté dans les prochains jours. Mais pour le moment, il y a un manque de clarté sur les intentions réelles et les "améliorations" concrètes de ce camp par rapport aux conditions de vie que nous avons connues jusqu'à présent.

Toutefois, il est clair que MSF continuera à demander l'évacuation de toutes les personnes de Lesbos, vers un endroit sûr sur le continent et dans d'autres pays de l'UE où elles pourront enfin commencer une vie digne. En attendant, nous continuerons à fournir une assistance médicale à la population de Lesbos et nous chercherons de nouvelles façons d'étendre ou d'adapter nos soins en fonction de leurs besoins.