Médias sociaux

  • FR
Open the menu

Ukraine : Le conflit menace les structures de santé

Après plusieurs mois d'un intense conflit, la situation humanitaire est de plus en plus inquiétante dans l'est de l'Ukraine et MSF tire aujourd'hui la sonnette d'alarme. Des hôpitaux ont été bombardés, des dizaines de milliers de personnes déplacées et le conflit a déjà fait des milliers de victimes.

Mykolayivka, 17/08/2014. © Anastasia Taylor-Lind
Mykolayivka, 17/08/2014. © Anastasia Taylor-Lind

Pénurie de matériel médical, MSF distribue 1.800 kit d'hygiène

« Dans une grande partie de l'est de l'Ukraine, le système de santé ploie sous la pression du conflit et la pénurie de matériel médical menace face à l'afflux de blessés de guerre et de déplacés », explique Stephane Prevost, chef de mission MSF à Kiev. « Les conséquences du conflit s'étendent aux zones de la région encore épargnées par les combats et les hôpitaux ont du mal à faire face à la situation : beaucoup ont déjà épuisé leur budget et leurs stocks pour 2014. »

Les équipes de MSF ont réagi à ces pénuries et ont fourni depuis la mi-mai du matériel médical pour le traitement de plus de 6200 blessés dans les régions de  Donetsk et Luhansk. Plus de 1.800 kits d'hygiène – savon, produits d'hygiène dentaire, serviettes... – ont été distribués aux déplacés réfugiés à Dnepropetrovsk ainsi que sur plusieurs sites de la région de Donetsk. Malgré l'insécurité ambiante et les bombardements ininterrompus qui compliquent l'accès aux zones les plus menacées, les équipes de MSF poursuivent les activités d'approvisionnement en matériel médical et en médicaments des deux côtés de la ligne de front en se basant sur les besoins.      

« Dans les zones de conflit, en plus de faire face à l'afflux de blessés et aux pénuries, les hôpitaux n'ont pas été épargnés. Beaucoup ont été endommagés ou détruits par les bombardements », explique Stephane Prevost. « Les habitants sont privés de soins au moment où ils en ont le plus besoin, c'est tout simplement inacceptable. » Au moins 11 hôpitaux de la ville de Donetsk ont été bombardés et 3 ont été fermés.  Cela démontre clairement un manque de respect pour les infrastructures médicales et pour ceux qui continuent de fournir des soins d’urgence en prenant des risques élevés. 

Soutien psychologique aux victimes du conflit

Les conséquences psychologiques de ces violents affrontements sont de plus en plus préoccupantes. Les habitants de l'est de l'Ukraine ont vécu des événements traumatisants : des bombardements, des fusillades, l'exode. À Sloviansk, Svyatagorsk et Krasny Liman, les équipes de MSF offrent des services de soutien psychologique aux victimes du conflit. En août, plus de 500 déplacés ont bénéficié de services de conseil, à titre individuel, en famille ou en groupe, et MSF envisage de déployer ce type d'interventions sur d'autres sites de la région dans les mois à venir.

« En raison de la nature soudaine du conflit, les habitants ont perdu tous leurs repères du jour au lendemain ainsi que leurs biens et leurs réseaux sociaux et familiaux », explique Manuel Morantes, spécialiste MSF en santé mentale à Kiev. « Sur le terrain, nos équipes apportent un soutien psychologique et fournissent des outils pratiques aux personnes souffrant de symptômes tels que des peurs intenses, une hyperexcitabilité, de l'anxiété et des cauchemars. »

Le programme de lutte contre la TB résistante mené par MSF dans le système pénitentiaire de la région de Donetsk depuis 2011 est également en péril. Les laboratoires de diagnostic de la TB et du VIH de Donetsk et de Luhansk peinent à poursuivre leurs activités et ne sont souvent plus opérationnels. Dans ces régions instables, les patients qui ont besoin d'un traitement contre la TB et le VIH ont de plus en plus difficilement accès aux structures de soins et aux médicaments. Le risque d'interruption ou d'échec du traitement, ainsi que de résistance aux médicaments, est donc élevé.

« Face à l'insécurité, au non-respect des hôpitaux et à un système de santé qui a du mal à faire face aux nombreux blessés et déplacés, le coût humain de ce conflit augmente jour après jour », explique Stephane Prevost. « En Ukraine, nos équipes se concentrent exclusivement sur la réponse aux besoins médicaux et humanitaires, qui ne feront que s'aggraver à l'approche de l'hiver. »