La ville de Rann est devenue un cimetière

Plus de 8000 personnes ont fui la ville de Rann, située au nord-est du Nigeria, à la suite d'une violente attaque survenue le 13 janvier.

Personnes en état de choc

Ces milliers de personnes ont commencé à arriver à pied à Bodo, au Cameroun, qui se situe à seulement 7km de Rann, sans rien, en état de choc. La plupart sont des femmes et enfants et n'ont ni abri, ni nourriture, ni eau. Le personnel de Médecins Sans Frontières s'est rendu à Bobo pour y distribuer de la nourriture et de l'eau, et fournir des soins médicaux d'urgence. Les bureaux et la pharmacie de MSF qui se trouvaient à Rann ont été complètement détruites.

Personnes fuyant Rann
Des personnes fuyant Rann le 15 janvier, au nord-est du Nigeria, après une attaque © MSF, janvier 2019. 

Témoignage glaçant d'un infirmier MSF sur place

Isa Sadiq Bwala revient tout juste de Rann, où il s’est rendu pour évaluer les besoins médicaux de la population, suite à l’attaque de la ville. La plupart des habitants de Rann ont trouvé refuge à Bodo au Cameroun, où une équipe MSF leur fournit des soins médicaux. 

personnes ayant fui Rann sans rien et arrivées au Cameroun
Personnes ayant fui Rann sans rien et arrivées au Cameroun © MSF, janvier 2019

« Ce qui m’a le plus frappé à notre arrivée, c’était le silence ambiant. D’habitude, Rann est vivante et animée alors qu’hier, la ville était sinistre et calme, comme un cimetière. La ville était dévastée, et de la voir dans cet état m’a dévasté également. De nombreuses parties de la ville ont été brûlées. Il restait des traînées de fumée dans le ciel et certains endroits étaient encore en feu.  J’ai rencontré une femme qui revenait de l’enterrement de sa mère, qui a péri brûlée chez elle pendant l’attaque. »

dégâts suite à l'attaque à Rann
Dégâts sur l'infrastructure MSF, suite à l'attaque survenue à Rann © MSF, janvier 2019. 

«  Nous avons évacué un homme blessé par balle. J’ai entendu dire que d’autres personnes ont été blessées mais il semble qu’elles avaient déjà fui pour le Cameroun.  J’ai vu une longue file de personnes qui partaient pour le Cameroun – des femmes, des enfants et des hommes de tous les âges. Ceux à qui j’ai parlé m’ont dit qu’ils avaient peur de rester à Rann. De toute façon, il ne reste plus grand chose: les maisons ont été détruites et je ne sais pas de quoi ils pourront vivre. Le marché a été brûlé et pillé - les magasins d’alimentation aussi. Il n’y a plus de quoi se ravitailler. Hier, j’ai failli pleurer en voyant les gens et les membres de notre personnel à Rann. Je suis dévasté ».