« Chaque jour, nous voyons des patients qui souffrent, abandonnent et meurent, tout simplement parce qu’ils ne peuvent se payer leur traitement »

Twitter
Facebook
Stories
don

Dimitri est conseiller pour la campagne d’accès aux médicaments chez MSF (Access Campaign). Chaque jour, il se bat, entre autre, pour rendre les médicaments accessibles pour tous ceux qui en ont le plus besoin. Dans ce cadre, il lutte aussi contre les prix prohibitifs qui sont encore demandés pour le médicament le plus efficace contre l’hépatite C.

L’hépatite C

Dans le monde, quelque 71 millions de personnes vivent avec l’hépatite C. Et chaque année, près de 400 000 personnes meurent de cette maladie. Pourtant, cette maladie infectieuse mortelle est tout à fait guérissable avec les médicaments adéquats. Ce sont surtout les pays plus pauvres qui sont touchés. Il est dès lors inacceptable que des millions personnes n’aient pas accès à ces médicaments, pour la simple raison qu’elles ne peuvent pas les payer.

Pour le traitement de l’hépatite C, l’arrivée des médicaments antiviraux à action directe (AAD) représente une avancée unique. Ils offrent aux patients un traitement plus sûr, plus court et plus efficace par rapport aux traitements plus anciens et des taux de guérison supérieurs à 90%, par rapport à 50% auparavant.

Mais ces antiviraux sont malheureusement quasiment impayables pour la plupart des patients, dans beaucoup de pays. Les brevets entravent toujours la production de versions génériques moins chères.  De ce fait, les entreprises pharmaceutiques – qui détiennent ces brevets – sont à la tête d’un monopole qui leur permet d’appliquer des prix élevés, si bien que la plupart des patients sont incapables de payer leur traitement. C’est aussi le cas en Belgique. Connaissez-vous la différence de prix – pour un seul traitement pour un seul patient – entre un médicament protégé par un brevet et la version générique ? On passe de 43 000 € à 52 € ! Pour beaucoup de personnes dans le monde, c’est la différence entre la vie et la mort. Dans de très nombreux pays, ces médicaments font actuellement encore l’objet d’un rationnement : seuls les patients les plus gravement atteints sont mis sous traitement.  

La réponse de MSF

MSF conteste depuis mars 2017 les brevets sur ce type de médicament. En septembre de cette année, l’Office européen des brevets a toutefois décidé de maintenir le brevet dans toute l’Europe, au profit de l’entreprise pharmaceutique qui l’avait demandé. Nous allons faire appel de cette décision. Dans d’autres pays comme l’Egypte, la Chine, l’Ukraine et le Brésil, le brevet sur le médicament a été retiré. Là-bas, le marché peut donc s’ouvrir aux alternatives génériques plus abordables.

En 2017, MSF a traité environ 5900 patients atteints d’hépatite C dans 11 pays : Biélorussie, Cambodge, Inde, Kenya, Mozambique, Myanmar, Pakistan, Afrique du Sud, Ouganda et Ouzbékistan. Environ 95% des patients qui ont terminé le traitement ont entre-temps été déclarés guéris.

En Inde, nous avons même traité gratuitement près de 2000 patients dans le cadre d’un projet pilote. Environ 300 d’entre eux sont désormais guéris.

 

Twitter
Facebook
Stories
don