Que fait Médecins Sans Frontières en Belgique ?

Médecins Sans Frontières travaille de manière continue en Belgique depuis 2017. Depuis cinq ans, nous mettons en place des projets, seuls ou avec nos partenaires, pour aider les personnes qui ont le plus besoin de notre soutien. En Belgique, cela signifie principalement que nous apportons notre soutien aux personnes déplacées, aux personnes âgées (pendant la COVID-19) et aux personnes sans-abri. Mais que font exactement nos équipes en Belgique? Voici un aperçu de nos principales activités.

Le psychologue Hager discutant avec l'une des personnes du vol avec qui nous avons des conversations quotidiennes. Albert Masias, 2020
Le psychologue Hager discutant avec l'une des personnes du vol avec qui nous avons des conversations quotidiennes. © Albert Masias, 2020

5 ans d'aide essentielle aux migrants à Bruxelles

Médecins Sans Frontières travaille depuis 2017 au sein du Hub humanitaire de Bruxelles, un projet que nous gérons avec six organisations partenaires. Le "hub" est un lieu où les migrants et réfugiés peuvent se rendre pour obtenir des services auxquels ils n'ont pas accès ailleurs dans la ville, tels que des soins médicaux et de santé mentale et des conseils socio-juridiques, ainsi que la recherche de familles et la distribution de vêtements. Dans le centre, nos équipes fournissent des services de santé mentale. De nombreux migrants et réfugiés utilisent ces services, le centre reçoit environ 50 000 visiteurs chaque année.

Thomas, infirmier psychiatrique, parle de son travail avec MSF

Une grave pénurie de places d’accueil pour les demandeurs d'asile

En décembre 2021, nous ne pouvions plus rester sans rien faire et voir des centaines de réfugiés et de demandeurs d'asile rester littéralement debout dans le froid glacial pendant des jours devant le centre où faire une demande d’asile, appelé plus couramment « Petit-Château », Nous avons ouvert un hôtel à Bruxelles avec une centaine de places d'accueil, alors que l'État belge a l'obligation internationale de les accueillir. En février 2022, nous avons assigné l'État belge en justice pour non-respect de ce droit à la protection et à l'accueil. L’Etat belge a été depuis lors condamné. Aujourd'hui, cet appel reste toujours sans réponse : il y a toujours trop peu de places d'accueil en Belgique pour les demandeurs d'asile.

Des centaines de personnes ont attendu pendant des jours dans un froid glacial au Klein Kasteeltje à Bruxelles en décembre 2021. Ces réfugiés et demandeurs d'asile ont attendu en vain de pouvoir demander une protection internationale et un accueil. La Belgique est toujours aux prises avec une grave pénurie d'accueil. © Julien Dewarichet, 2021
Des centaines de personnes ont attendu pendant des jours dans un froid glacial au Klein Kasteeltje à Bruxelles en décembre 2021. Ces réfugiés et demandeurs d'asile ont attendu en vain de pouvoir demander une protection internationale et un accueil. La Belgique est toujours aux prises avec une grave pénurie d'accueil. © Julien Dewarichet, 2021

Accueil des mineurs non-accompagnés

A peu près en même temps que la crise de l'accueil, nos équipes à Bruxelles ont remarqué une tendance inquiétante : de plus en plus de jeunes et d'enfants migrants vivaient seuls dans la rue, notamment dans les quartiers autour des gares. Une fois de plus, nous sommes intervenus. En octobre 2021, nous avons ouvert un centre d'accueil, toujours en collaboration avec nos partenaires. Plus de 250 jeunes étrangers ont trouvé protection, orientation et logement adaptés à leur situation très vulnérable. Malheureusement aucun accord avec les autorités belges pour reprendre ce refuge n'a été trouvé jusqu’à présent et nous sommes contraints d'arrêter ce projet. Le 15 juillet 2022, nous cesserons notre accueil.

Un patient est pris en charge par notre personnel. À l'hôtel Galia, à Bruxelles, les migrants sans abri pouvaient être testés pour le COVID-19, isolés et, si nécessaire, dirigés vers un hôpital. Albert Masias, 2020.​
Un patient est pris en charge par notre personnel. À l'hôtel Galia, à Bruxelles, les migrants sans abri pouvaient être testés pour le COVID-19, isolés et, si nécessaire, dirigés vers un hôpital. © Albert Masias, 2020.

Notre aide pendant l’épidémie de COVID-19

En mars 2020, l’épidémie de COVID-19 s'est déclarée en Belgique. MSF a dès lors lancé sa plus grande intervention en Belgique.

  • Nous avons aidé un certain nombre d'hôpitaux en matière de prévention et de contrôle des infections.
  • Nous avons ouvert deux centres d'isolement pour les personnes sans-abris et les personnes migrantes sans domicile.
  • Nous avons parcouru Bruxelles avec des cliniques mobiles pour informer et assurer le suivi médical des personnes vivant dans des squats.
  • Nous avons aussi vacciné les personnes sans-papiers.

Aujourd'hui, nous travaillons toujours avec la population vivant dans les squats de Bruxelles.

​ COVID-19 : une équipe mobile donne une formation au personnel d'un centre de soins résidentiel de Bruxelles. © Olivier Papegnies, 2020COVID-19 : une équipe mobile donne une formation au personnel d'un centre de soins résidentiel de Bruxelles. © Olivier Papegnies, 2020
COVID-19 : une équipe mobile donne une formation au personnel d'un centre de soins résidentiel de Bruxelles. © Olivier Papegnies, 2020

Livrés à eux-mêmes : notre assistance COVID-19 dans les maisons de repos

Cependant, pendant la COVID-19, notre aide principale sera destinée aux personnes âgées dans les centres de soins résidentiels belges. Il nous est vite apparu qu'ils avaient été abandonnés, plus que quiconque, lors de la réponse nationale. Nous avons aidé les maisons de repos à s'organiser en matière de flux de patients et de prévention des infections, nous avons assisté le personnel et la direction en matière de soins en santé mentale et nous avons contribué à diffuser des informations correctes sur la vaccination COVID-19. En juillet 2020, nous avons présenté nos conclusions et recommandations sur notre travail dans les maisons de repos dans un rapport et devant trois commissions parlementaires.

En particulier lors de la toute première vague de COVID-19, beaucoup de membres du personnel des centres de soins résidentiels étaient inquiets et peu clairs. Par des formations, des séances d'information et un soutien psychologique, nous avons essayé de les préparer au mieux © Olivier Papegnies, 2020
En particulier lors de la toute première vague de COVID-19, beaucoup de membres du personnel des centres de soins résidentiels étaient inquiets et peu clairs. Par des formations, des séances d'information et un soutien psychologique, nous avons essayé de les préparer au mieux © Olivier Papegnies, 2020

Inondations en Wallonie : une petite intervention de MSF

Lorsque certaines parties de la Wallonie ont été touchées par des inondations au mois de juillet 2021, nous avons immédiatement proposé aux autorités une aide à grande échelle. Malgré notre vaste expérience en matière d'aide d'urgence après des catastrophes naturelles, il s'est avéré que notre aide d'urgence n'était pas nécessaire selon ces mêmes autorités, d'autres organisations et acteurs sont alors intervenus. Nous avons fini par apporter une aide à petite échelle, notamment en matière de soins de santé mentale.

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