Haïti

En Haïti, Médecins Sans Frontières prodigue une palette de services médicaux spécialisés, de la prise en charge des victimes de violence sexuelle aux soins avancés en chirurgie et traumatologie.

Nos équipes à Port-au-Prince, la capitale, et au sud-ouest, comblent d'importantes lacunes dans les services de santé et contribuent à renforcer la capacité du système de santé local. Ces lacunes sont encore plus importantes en Haïti depuis juillet 2018. En effet, le pays est actuellement plongé dans une crise politique, économique et sociale majeure, marquée par des grèves et manifestations, parfois violentes. Pendant parfois des semaines, le pays est à l’arrêt complet et il est difficile de s’approvisionner en médicaments, carburant, oxygène... Les hôpitaux tournent au ralenti car le personnel a du mal à se rendre au travail, soit par manque de transport à cause du manque de carburant ; soit parce qu’ils ont peur de se retrouver dans des manifestations violentes. Les hôpitaux manquent aussi de sang, ce qui a des conséquences qui peuvent être vitales pour certains patients.

Soins en traumatologie

L'hôpital Nap Kenbe, situé dans la commune de Tabarre à Port-au-Prince, fournit des soins chirurgicaux spécialisés aux victimes de traumatismes. En 2018, notre équipe a admis 1370 patients et pratiqué 3240 interventions chirurgicales majeures. Comme prévu, nous avons stabilisé le nombre d'admissions en 2018, pour préparer notre retrait en juin 2019. En décembre, nous avons commencé à négocier avec le ministère de la Santé le transfert de nos activités aux autorités haïtiennes. Cependant, MSF a réouvert son hôpital à Tabarre en novembre 2019, en raison de la crise économique que traverse le pays, de l'afflux massif de patients et de la pénurie de matériel, de personnel médical, de sang, et d'électricité, qui en découlent. Ainsi, l'hôpital Nap Kenbe prend en charge les urgences les plus vitales, telles que par exemple les blessures par balle ou celles dues à des accidents de la route.

Herby Joseph, 32 ans, a eu un accident de moto. Il est soigné à l'hôpital de Tabarre. © Jeanty Junior Augustin, novembre 2017
Herby Joseph, 32 ans, a eu un accident de moto. Il est soigné à l'hôpital de Tabarre. © Jeanty Junior Augustin, novembre 2017

Traitement des brûlés

L'hôpital Drouillard de 40 lits, près du bidonville de Cité Soleil, est la seule structure de Port-au-Prince spécialisée dans le traitement des grands brûlés, un problème fréquent liés aux mauvaises conditions de logement. Plus d'un quart de nos patients sont des enfants de moins de cinq ans et 90% viennent directement chez nous sans passer par une structure généraliste. Nous y assurons la chirurgie, les pansements, la physiothérapie et un soutien en santé mentale. En 2018, nous avons achevé la construction d'un nouvel hôpital, mieux équipé pour améliorer la lutte contre les infections, un problème majeur dans le traitement des brûlures. Nous avons commencé à offrir des formations sur le traitement des brûlures au personnel médical d'autres structures de santé haïtiennes. Notre hôpital de Drouillard prend en charge entre 100 et 150 personnes par mois.

Patients brûlés à l'hôpital Drouillard de MSF en Haïti. ​​© Scott Streble, mars 2018
Patients brûlés à l'hôpital Drouillard de MSF en Haïti. ​​© Scott Streble, mars 2018

Victimes de violences sexuelles et fondées sur le genre

La violence sexuelle et fondée sur le genre est une urgence médicale sous-déclarée et la prise en charge des victimes en Haïti reste insuffisante. À la clinique Pran Men’m, dans le quartier Delmas 33 de Port-au-Prince, nous prodiguons des soins d'urgence à plus de 1000 victimes de cette violence, par an.

Soins primaires dans le bidonville de Martissant, à Port-au-Prince

À Martissant (Port-au-Prince), l'unité d'urgence et de stabilisation de MSF a assuré des soins d'urgence de première intention à 27.800 malades et blessés en 2018. Certains ont été admis en observation quelques jours, mais la majorité a été référée vers des structures plus spécialisées une fois stabilisée. En 2019, à Martissant, nous avons soigné 2450 patients par mois. 10% d'entre eux présentaient des traumatismes violents, telles que des blessures par balle ou par arme blanche.

Des enfants du bidonville de Martissant lisent les messages de promotion de la santé pour prévenir le choléra. © Lauranne Grégoire, mars 2017
Des enfants du bidonville de Martissant lisent les messages de promotion de la santé pour prévenir le choléra. © Lauranne Grégoire, mars 2017

Soins primaires dans le département du Sud

Au sud-ouest, nous aidons le ministère de la Santé à fournir des soins primaires, en mettant l'accent sur la santé maternelle et infantile et les maladies hydriques. Nous travaillons à Port-à-Piment depuis octobre 2016. En 2018, nous avons réhabilité et commencé à soutenir deux centres de santé de plus, à Côteaux et Chardonnières. À Port-à-Piment, nos équipes interviennent de différentes manières. Elles y organisent des consultations avant et après accouchement, l'accouchement en lui-même, la prise en charge des victimes de violences sexuelles, ainsi que des soins de planning familial. Nos équipes gèrent également des actions communautaires de promotion de la santé, d'assainissement et d'approvisionnement en eau dans les environs, afin de prévenir les épidémies de choléra dans la zone.