France

Les mineurs non accompagnés qui arrivent en France sont souvent traumatisés par la violence et les abus endurés pendant leur périple, et se retrouvent dans des structures d'accueil inadaptées, confrontés au labyrinthe administratif. 

En 2018, Médecins Sans Frontières s'est employé à aider les migrants mineurs non accompagnés, notamment ceux dont la demande de protection a été rejetée parce qu’ils ne sont pas reconnus comme mineurs, pour des motifs souvent contestables.  

Charline Vincent, infirmière, reçoit un jeune garçon pour lui prendre sa tension et réaliser un bilan médical.  Centre d’accueil et d’orientation médical et administratif destiné aux mineurs non accompagnés à Pantin. © Augustin Le Gall/Haytham pictures, septembre 2018
Charline Vincent, infirmière, reçoit un jeune garçon pour lui prendre sa tension et réaliser un bilan médical. Centre d’accueil et d’orientation médical et administratif destiné aux mineurs non accompagnés à Pantin. © Augustin Le Gall/Haytham pictures, septembre 2018

Dans notre centre de Pantin, en banlieue de Paris, nous offrons répit et soins, et facilitons l'accès à une aide juridique, médicale, sociale et psychologique, et à des services administratifs en partenariat avec d'autres organisations. Au total, 787 mineurs ont bénéficié de ces services en 2018. Plus de 430 recours ont été introduits. Fin 2018, la majorité était toujours en instruction mais 94 avaient abouti et les mineurs concernés ont été placés sous le dispositif de protection de l'enfance.  

En partenariat avec Utopia 56, une association d’aide aux migrants, nous avons constitué, au sud de la France, un réseau de familles volontaires qui accueillent des mineurs durant la procédure de recours. Pendant cette période, ces mineurs sont exclus de toute protection ou assistance de l'État. 
Nous gérons aussi des cliniques mobiles à Paris, qui ont assuré près de 1000 consultations médicales en 2018. 

Tout au long de l’année, nos équipes ont suivi de près la situation dans le pays, notamment aux frontières avec l'Italie et l'Espagne. En 2018, la police des frontières française a continué de renvoyer de force des personnes en Italie et en Espagne, les empêchant de demander l'asile, en violation du droit.  
Nous avons aussi donné, entre autre, 10 000 couvertures en soutien à d'autres organisations et volontaires à Calais, Bayonne, Nantes et Paris.