Besoin d'aide psychologique après le tremblement de terre en Équateur

Concha Fernandez est coordinatrice de projet de deux des équipes MSF qui répondent actuellement aux besoins en Équateur après le tremblement de terre qui a secoué le pays samedi 16 avril. Elle explique qu’il y a  des besoins d’aide psychologique et d’approvisionnement en eau.

chamanga en équateur après le tremblement de terre
La région de Camanga après le tremblement de terre du 16 avril 2016 © MSF

Des régions inatteignables

MSF est présente dans un projet à Tumaco, en Colombie, une région très proche de la frontière avec l’Équateur. Deux équipes ont quitté Tumaco pour se rendre dans les zones affectées par le tremblement de terre. De là, nous sommes descendus vers la région d’Esmeralda, une des zones les plus touchées par le tremblement de terre.

La deuxième équipe s’est rendue lundi via un bateau directement à Pedernales, dans la région de Manabi.

L’Esmeralda du sud est une grande région et la majorité des bâtiments et des infrastructures ont été endommagées par le tremblement de terre. Dans certaines zones, entre 70 et 90% des bâtiments ont été endommagés. Heureusement, dans cette zone, il n’y a pas eu beaucoup de morts ou de blessés car les gens ont réussi à s’échapper des maisons – beaucoup d’entre elles sont construites à partir de matériaux légers comme du bois – avant que celles-ci s’effondrent. 

La peur de l’océan

Les gens sont apeurés. Beaucoup ont dû quitter leurs maisons. Par exemple, sur l’île de Muise, où 9000 personnes vivaient, 3000 ont été évacuées et dispatchés dans quatre abris. L’île de Portete qui comporte une population de 322 personnes a également été évacuée et la population vit actuellement dans deux abris dans des conditions précaires.

Dans les zones où les maisons n’ont pas été détruites, les habitants érigent des abris de fortune sur un terrain plus élevé car ils ont peur de dormir à l’intérieur où près de l’océan. Cela s’explique par le fait qu’il y a eu plus de 400 secousses après le tremblement de terre de samedi et certaines ont été puissantes.

Certaines personnes ne veulent pas quitter leurs maisons – dans beaucoup de cas ces maisons sont extrêmement endommagées et risquent de s’effondrer – car elles ont peur qu’on leur vole le peu d’objets qu’ils leur restent. Il s’agit principalement les personnes âgées.
 

Un abri érigé par MSF en Équateur
Un abri érigé par MSF en Équateur © MSF

La panique face à d’autres secousses

Dans l’Esmeralda du sud, nous avons visité différentes zones afin de voir comment nous pouvions agir. Une de ces zones était Cabo de San Fransisco où nous avons trouvé 200 personnes qui vivaient dans des abris de fortune et qui n’avaient pratiquement rien. Nous avons procuré du soutien psycho-social, notamment à des femmes et enfants. 

MSF apporte un soutien psychologique après le tremblement de terre en Équateur
MSF a procuré du soutien psycho-social, notamment à des femmes et enfants. © MSF

Durant l’une de ces sessions, il y a eu une secousse post-tremblement de terre de 5.2 sur l’échelle de Richter. Les gens ont commencé à courir, terrorisés, et nos psychologues ont dû par la suite travailler sur les réactions face à ce type de crises.

Des plaies infectées

Notre logisticien sur place a analysé les problèmes d’eau et de sanitaire. Il a expliqué aux personnes comment s’organiser durant la période de déplacement, par exemple, en créant des comités. Nous avons soigné 13 personnes, y compris des enfants souffrant d’asthme et une femme souffrant d’une plaie infectée.

Porte à porte

Perdernales est inatteignable par la route. Notre équipe qui est maintenant sur place s’est rendue à l’hôpital de la ville avec un kit de médicaments afin de soigner 500 personnes. Nous surveillons que le matériel est utilisé de façon propre et adéquate et qu’il reste disponible si besoin.

Ensemble avec le personnel de l’hôpital, nous avons fait du porte à porte dans les quartiers durement touchés. Nous avons offert de l’aide psychologique et nous avons essayé de convaincre les personnes de quitter leurs maisons pour se rendre dans un camp de déplacés.

Bâtiments après le tremblement de terre du 16 avril 2016
Bâtiments après le tremblement de terre du 16 avril 2016 © MSF

Plus d’équipes en route

Le plus gros problème actuellement reste le besoin d’aide psychologique, d’eau et de sanitaires. C’est pourquoi trois psychologues et un logisticien de MSF actuellement en Colombie vont nous rejoindre.

Dans la région d’Esmeralda, nous effectuerons quelques petites interventions dans les abris de Chamanga, Muisne, Portete et Cabo de Sans Fransisco.

L’aide humanitaire est essentiellement concentrée à Pedernales mais nous pensons que les alentours de Pedernales n’ont pas encore reçu d’aide. C’est pourquoi nous voulons nous rendre dans ces quartiers afin de comprendre quels y sont les besoins.

Une troisième équipe de MSF Mexique s’est rendue à Manta, Porto Viejo, Chone et à Flavio Alfaro, au sud de Pedernales. Une quatrième équipe est en chemin vers l’Équateur.

Cinq jour après le séisme

  • Le nombre de personnes décédées s'élève à 570 personnes
  • Plus de 7000 personnes ont été blessées suite au tremblement de terre
  • Plus de 24 400 personnes vivent actuellement dans des abris de fortune