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Balkans: des milliers de personnes bloquées aux frontières suite à de nouvelles restrictions

Des milliers de personnes sont bloquées à la frontière entre la Grèce et les Balkans après l’introduction de nouvelles mesures de contrôle à la frontière. Les migrants arrêtés dans leur périple ne reçoivent que très peu d’informations, peu voire aucune assistance humanitaire, et sont exposés à un risque croissant de violences et de maltraitance.

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Des réfugiés afghans à la frontière entre la Grèce et la Macédoine durant une protestation © KonstantinosTsakalidis

Les premières restrictions de transit avaient été mises en place en novembre, limitant les mouvements de population dans les Balkans aux Syriens, aux Irakiens et aux Afghans. Ce week-end, les autorités de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), Serbie, Croatie, Slovénie et Autriche ont introduit une procédure d’enregistrement unifiée et un ensemble de nouveaux critères afin de réduire le flux de réfugiés traversant leurs territoires. Parmi ces mesures, les Afghans se sont vu refuser le droit de franchir non seulement la frontière entre la Grèce et l’ARYM, mais aussi celle entre l’ARYM et la Serbie.

« L’incapacité des gouvernements européens à trouver des solutions collectives et humaines à cette crise ne fait que créer une situation chaotique, arbitraire et discriminatoire » a déclaré Aurélie Ponthieu, conseillère humanitaire de MSF sur place.

Décisions arbitraires, refoulements et violence aux frontières

Aujourd’hui, 60 Afghans sommés par les autorités serbes de retourner dans l’ARYM pour s’y enregistrer, se voient désormais refuser l’accès à la fois à l’ARYM et à la Serbie. Ils sont ainsi coincés dans un no man’s land entre les deux pays, sans bénéficier de la protection d’organisations telles que le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Pendant ce temps, en Serbie, des centaines de personnes, dont des femmes et des enfants ont soit été empêchées de traverser la frontière avec la Croatie ou soit été directement renvoyées en Serbie depuis la Croatie et la Slovénie. La plupart des refoulements ont lieu loin des organisations humanitaires et de protection.

« Maintenant, on renvoie les personnes d’un pays à l’autre, sans leur donner un aperçu clair de leurs droits et de leurs perspectives, explique Stéphane Moissaing, chef de mission de MSF en Serbie. D’expérience, nous savons qu’ils seront orientés vers les réseaux de passeurs et poussés sur des routes dangereuses. »

Mardi, à Polykastro, les équipes de MSF ont vu la police grecque frapper des réfugiés afghans, y compris des femmes et des enfants, pour avoir refusé de monter à bord d'un bus les forçant à rentrer à Athènes. Cet incident n'est qu'un nouvel exemple inacceptable de l'escalade de la violence observée par les équipes de MSF depuis novembre. Les médecins de MSF constatent qu'un nombre croissant de patients en Serbie rapportent avoir été victimes de maltraitances commises par des passeurs ou la police.

Une situation aux conséquences humanitaires dramatiques

« Cette situation insoutenable s’aggravera dans les prochains jours », s’inquiète Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission de MSF en Grèce. « La Grèce a une capacité d’accueil de 3 700 places sur le continent et seulement 1000 sont ouvertes aux personnes en transit. Le gouvernement construit deux camps à l'extérieur d'Athènes et de Thessalonique, mais il n’a pas été précisé comment ils seront gérés. Si les Afghans continuent d'être bloqués, le système d’accueil tout entier sera saturé en seulement huit jours. En l’absence d’un plan d’urgence réalisable, nous craignons fortement que cette situation déjà catastrophique ne s'aggrave. »