5 raisons de refuser les brevets et autres monopoles des sociétés pharmaceutiques sur les vaccins COVID-19

Le 2 octobre dernier, l’Inde et l’Afrique du Sud ont soumis une proposition à l’Organisation mondiale du Commerce, qui suggère la suppression de la propriété intellectuelle (c’est-à-dire les brevets ou monopoles) des sociétés pharmaceutiques sur les outils et produits médicaux relatifs au COVID-19, y compris les futurs vaccins, tant que l’immunité n’est pas atteinte au niveau mondial.

Les premiers pourparlers entre l'Organisation mondiale du commerce et les gouvernements du monde entier auront lieu le vendredi 20 novembre. Nous appelons les gouvernements à exiger une dérogation permettant à tous les pays de choisir de ne pas accorder, ni de faire appliquer, les brevets et autres propriétés intellectuelles liées aux vaccins, tests et autres dispositifs médicaux COVID-19, et ce, tant que l'immunité au niveau mondial n'est pas acquise. La priorité doit être donnée à la santé publique et à la vie des citoyens du monde entier, et non aux intérêts commerciaux des sociétés pharmaceutiques.

Voici les 5 raisons pour lesquelles tous les gouvernements du monde doivent suivre l’appel lancé par l’Inde et l’Afrique du Sud :

1) L’inclusion de tous les pays dans l’accessibilité aux produits COVID-19

La proposition soumise par l’Inde et l’Afrique du Sud inclue les pays en voie de développement (ou à faible revenu). Il serait en effet inadmissible que la tragédie qui a eu lieu lors de l'épidémie de VIH/sida se répète : des brevets avaient été déposés sur les traitements antirétroviraux, ceux-ci ont alors été plus coûteux, et seuls les habitants des pays à revenu élevé ont pu donc y avoir accès ; ce qui a condamné l’accès aux traitements de millions de personnes dans les pays en développement.

2) La suppression des brevets ne concerne pas uniquement les vaccins

Le saviez-vous ? La propriété intellectuelle comprend également les secrets commerciaux, les designs industriels et la protection des droits d'auteur. Pour cette raison, les fournisseurs de traitements et les gouvernements ont déjà fait face à des obstacles dans l’obtention d’équipements essentiels tels que les masques, les valves respiratoires, les composants cruciaux des kits de test. 

3) Permettre d’accélérer la réponse mondiale au COVID-19

Les barrières actuelles en matière de propriété intellectuelle limitent les endroits où ces outils et produits médicaux peuvent être vendus, restreignent le nombre d’entreprises pouvant les fabriquer, et maintiennent souvent les prix à un niveau très élevé. Ainsi, sans ces barrières, la diversité des fabricants et des fournisseurs de ces produits sera plus grande, et tous les pays du monde pourront alors y accéder financièrement.

4) Rendre les médicaments, vaccins et outils médicaux COVID-19 plus abordables

En supprimant les monopoles pharmaceutiques sur les médicaments, les vaccins et les outils médicaux COVID-19, des versions plus abordables pourront être mises sur le marché, plus rapidement.

5) Redonner le pouvoir de contrôle aux gouvernements

Gilead, le détenteur du brevet sur le remdesivir, le seul médicament approuvé jusqu'à présent pour traiter le COVID-19, a fixé le prix de ce traitement de cinq jours à 2 340 dollars US, et ce, malgré les 70 millions de dollars de fonds publics alloués à son développement et malgré les recherches qui ont montré que la fabrication d’un traitement peut couter 9 dollars. Ce genre de situations ne peut plus arriver. Les gouvernements doivent donner priorité à la santé publique et à la vie des citoyens du monde entier, et non aux intérêts commerciaux des sociétés pharmaceutiques.