« Quand je suis entrée dans la salle des enfants malnutris, c’était très calme. Les enfants ne jouaient pas, ne mangeaient pas, ne criaient pas »

Twitter
Facebook
Stories
don

Laure est médecin. Elle revient tout juste d’une mission avec MSF au Soudan du Sud, un des pays les plus touchés par la malnutrition. Porter un enfant malnutri dans ses bras l'a profondément marquée, mais ce qui l'a interpellée, c'est les réactions en Belgique. Car personne ne s'intéresse à ce qu'il se passe au Soudan du Sud... elle veut donc, elle, en parler.

La malnutrition

La malnutrition, est la première cause de mortalité infantile dans le monde. L'an dernier, plus de 224 millions d'enfants en ont souffert. Ils sont les plus vulnérables. Toutefois, les adolescents, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes âgées et les malades chroniques font aussi partie des plus vulnérables. 

Les causes de la malnutrition sont multiples. Les personnes qui en souffrent ne parviennent pas à manger suffisamment ou sont incapables de profiter pleinement des aliments qu'elles consomment, en raison notamment de maladies telles que la diarrhée, la rougeole, le VIH et la tuberculose. Du fait de leur état, ils perdent leur appétit ce qui les entraîne dans un terrible cercle vicieux les rendant encore plus sensibles aux maladies. La malnutrition n’est pas seulement le résultat de quantités insuffisantes d’aliments, elle est principalement causée par l'absence de nutriments essentiels.

Malheureusement, les conséquences de la malnutrition sont très graves et irréversibles. Cela peut nuire à la croissance, au développement et affaiblir les défenses immunitaires de l’enfant. C'est pourquoi, un rhume ou un épisode de diarrhée peut tuer un enfant malnutri. La malnutrition contribue à au moins un tiers des huit millions de décès d'enfants de moins de cinq ans survenant chaque année. 

Les pays les plus touchés sont ceux du Sahel, de la corne de l’Afrique et de l’Asie et principalement le Cameroun, Yémen, Niger, République démocratique du Congo et Soudan du Sud.

La réponse de MSF

Lorsque les équipes MSF détectent des enfants souffrant de malnutrition sévère, et selon leur état de santé, elles proposent une prise en charge ambulatoire – dans des centres nutritionnels thérapeutiques ou dans des cliniques mobiles – ou une hospitalisation. Comme les enfants malnutris sont plus sensibles aux infections, une surveillance médicale étroite est indispensable, afin de soigner les pathologies associées, comme les diarrhées et les infections. Les enfants sont également vaccinés contre la rougeole, maladie très dangereuse pour un enfant malnutri.

MSF traite la malnutrition avec des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi à base de lait en poudre enrichi, qui apportent tous les nutriments nécessaires à l’enfant pour pallier ses carences et reprendre du poids. Il existe sous la forme d’un biscuit et d’une pâte de cacahuètes en sachet appelé Plumpy’nut®. Face à la menace de malnutrition sévère, MSF adopte une approche préventive en distribuant des suppléments nutritionnels aux enfants à risque pour éviter que leur état ne s’aggrave. 

MSF a démontré qu'en intervenant de façon préventive, il est possible de réduire la mortalité des enfants et éviter les formes les plus sévères de malnutrition. En effet, distribuer des aliments adaptés permet de réduire de 60% le nombre d'enfants atteints de malnutrition aiguë sévère.

En 2017, MSF a admis 

  • 224 000 enfants souffrant de malnutrition dans un programme de nutrition thérapeutique en ambulatoire ou en hospitalisation.
  • 81 300 enfants sévèrement malnutris dans un programme de nutrition thérapeutique en hospitalisation.
Twitter
Facebook
Stories
don