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Lampedusa : MSF appelle à une fermeture temporaire et à l’évacuation du centre pour migrants


Le centre d’accueil et de premiers secours pour migrants et demandeurs d’asile dans l’île italienne de Lampedusa doit être immédiatement évacué, déclare MSF aujourd’hui. Le centre doit être fermé temporairement pour permettre une amélioration radicale des conditions d’accueil et un respect de la dignité humaine. 

Lampedusa, 2011. © Mattia Insolera
Lampedusa, 2011. © Mattia Insolera

Des images vidéo récentes prises au sein du centre fermé de Lampedusa montraient des migrants et demandeurs d’asile contraints de se déshabiller avant d’être aspergés, manifestement pour être traités contre des maladies de la peau. Les images ont déclenché une vague d’indignation parmi les autorités italiennes et européennes et illustré une fois encore les conditions d'accueil déplorables et le manque total de respect de la dignité humaine au sein du centre.

« Nos équipes ont visité régulièrement le centre au cours des derniers mois, » explique Loris De Filippi, président de MSF Italie. «Chaque fois, nous avons été témoins de surpopulation, obligeant certaines personnes à dormir à l’extérieur ; un non-respect du secret médical, un nombre insuffisant de douches et de toilettes, un comportement inopportun de la part de membres du personnel et des périodes de séjour prolongées dans un centre qui n'a pas été créé pour cela. Nous avons systématiquement fait part de ces observations aux autorités, mais il semble que ces critiques tombaient à chaque fois dans l’oreille d’un sourd. Nos remarques n’ont donné lieu à aucune action ou changement. » 

Le centre de Lampedusa est censé accueillir un maximum de 240 personnes, mais le nombre de personnes dans le centre dépasse souvent la capacité prévue. Le centre est à l'origine conçu pour être un centre de transit : en ce sens il doit assurer la réception des migrants et des demandeurs d'asile dans les 48 premières heures de leur arrivée, offrir les premiers soins et donner un premier abri temporaire aux nouveaux arrivants. Or on constate que ce centre fermé hautement sécurisé n'est pas à même d'offrir les standards minimum d'accueil auquel tout nouvel arrivant a droit. De plus, les personnes arrivées à Lampedusa se voient contraintes de rester détenues dans ce centre plusieurs mois, avant d'être envoyées vers d'autres centres d'accueil. 

En termes de soins de santé, la prise en charge médicale des arrivants a été confiée à une société privée, alors que cette responsabilité devrait incomber au services du ministère de la Santé italien. 

MSF demande instamment que les personnes présentes dans le centre soient évacuées au plus vite vers des lieux d'accueil plus adéquats, dans les hôtels de l'île de manière temporaire, ou vers d'autres centres existants sur le continent. Les équipes de MSF sont prêtes à fournir immédiatement une assistance médicale d'urgence aux migrants et demandeurs d'asile pendant et après leur réinstallation. MSF est également disposée à prodiguer des activités médicales dans le centre une fois qu'il sera mis aux normes et deviendra réellement un centre de transit, où les gens ne restent pas plus de 48 heures.

« La seule réponse des autorités italiennes au dernier scandale à Lampedusa, a été l'indignation et le remplacement de l'équipe de gestion du centre », explique Loris De Filippi. « C'est juste mettre un pansement sur une plaie béante. La réalité inhumaine à laquelle les gens sont confrontés dans ce centre reste ignorée. Ces personnes ont davantage besoin d’actions concrètes et d’un traitement humain que d'une indigation politique des autorités italiennes et internationales».