Ce que nos équipes médicales ont observé sur le terrain après plus de deux ans de conflit, c’est une guerre génocidaire menée par l’armée israélienne, ainsi qu’un processus de nettoyage ethnique, tandis que les Palestiniens sont déplacés de force, pris au piège et bombardés.
Selon les autorités locales, entre le 7 octobre 2023 et le 1er décembre 2025, plus de 70 000 personnes ont été tuées, dont près d’un tiers d’enfants. Par ailleurs, 170 909 personnes ont été blessées et des milliers sont toujours portées disparues (OCHA).
Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 18 500 personnes attendent actuellement une évacuation médicale hors de Gaza, dont 22 % sont des enfants. Les traitements vitaux dont elles ont besoin ne peuvent pas être dispensés dans la bande de Gaza. Les autorités israéliennes doivent faciliter l’évacuation médicale de tous les patients qui en ont besoin, et ceux-ci doivent être autorisés à voyager avec au moins un accompagnant. Leur droit à un retour sûr, volontaire et digne à Gaza doit être pleinement respecté, s’ils choisissent de revenir. Les personnes évacuées pour raisons médicales, ainsi que leurs accompagnants, doivent également bénéficier de conditions de vie sûres et dignes dans les pays d’accueil.
Selon les registres du ministère palestinien de la Santé, au moins 1 092 patients sont décédés entre juillet 2024 et le 28 novembre 2025 alors qu’ils attendaient une évacuation médicale. Ce chiffre est toutefois probablement sous-estimé, car il repose uniquement sur les décès signalés.
Par ailleurs, Israël a introduit de nouvelles règles d’enregistrement pour les ONG internationales, rendant considérablement plus difficile leur capacité à opérer dans les territoires palestiniens occupés. Ces règles exigent notamment la transmission d’informations détaillées sur les donateurs et le personnel, et permettent le refus d’un enregistrement sur la base de critères vagues et largement interprétables, tels que la supposée « délégitimation » d’Israël.
En conséquence, Médecins Sans Frontières et 36 autres ONG internationales risquent de devoir cesser leurs activités à Gaza et en Cisjordanie à partir du 1er mars 2026, avec de graves répercussions sur l’aide humanitaire.
La population de Gaza et de la Cisjordanie a besoin de plus d’aide, pas de moins.