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République centrafricaine : les violences se poursuivent dans la région de Bambari

Les conditions de sécurité volatiles à Bambari, dans la préfecture de l’Ouaka en République centrafricaine (RCA), ont des conséquences sur les résidents de la ville et empêchent partiellement les organismes d’aide humanitaire de répondre aux urgents besoins médicaux de la population. 

 

Grace à nos cliniques mobiles, nous pouvons atteindre les populations autour de Bambari © Jeroen Oerlemans/MSFi
Grace à nos cliniques mobiles, nous pouvons atteindre les populations autour de Bambari © Jeroen Oerlemans/MSFi

Bien que les barricades érigées au cours des derniers jours aient maintenant été démantelées, les violences et les vols à main armée perpétrés contre des civils font toujours partie du quotidien, et l’atmosphère dans la ville et ses environs demeure tendue. Les résidents de Bambari vivent dans la peur. Au cours des derniers jours, un groupe d’hommes armés a pénétré de force dans l’hôpital de Bambari, faisant fuir les patients.

Une aide difficile à apporter

Dans une telle situation, il est difficile de prodiguer des soins médicaux à ceux qui en ont besoin, même pour une organisation humanitaire impartiale comme Médecins Sans Frontières (MSF). L’équipe de MSF a été forcée de restreindre temporairement ses déplacements après que certain de ses membres se soient retrouvés pris au piège par la violence de l’autre côté de la rivière qui scinde Bambari. L’équipe a depuis repris ses activités médicales, mettant en place des cliniques mobiles tant pour les communautés chrétiennes que musulmanes, en insistant sur celles ayant les besoins les plus urgents.

En plus de diriger des cliniques mobiles, l’équipe de MSF a également assuré le suivi de 12 patients blessés lors des violences à l’hôpital de Bambari, administré par le Ministère de la Santé et d’autres intervenants du secteur humanitaire. La plupart avaient des blessures par balle ou causées par des grenades, notamment une personne affligée de multiples blessures, trois ayant des blessures abdominales graves nécessitant une laparotomie, et trois souffrant de fractures. Un patient n’a pas survécu.

Cette insécurité affecte la capacité de la population à se rendre aux établissements de santé, puis empêche les organisations humanitaires à fournir de l’aide. Pendant plusieurs jours, l’équipe de MSF a été incapable d’atteindre les cinq établissements de santé qu’elle soutient. Toutefois, l’équipe avait réussi à pré-positionner des pansements et des trousses de stabilisation pour pouvoir traiter des blessés en cas de besoins urgents.

Des équipes mobiles

La situation est également tendue dans la région qui entoure Bambari, où les soins médicaux étaient déjà peu accessibles. Une équipe mobile de MSF a été capable d’atteindre Ngakobo, un village situé à 66 km au sud de Bambari, où quelque 9 500 personnes déplacées ont trouvé refuge. En deux jours, l’équipe de MSF a effectué 427 consultations dans le camp et dans un village à proximité, principalement auprès de patients souffrant de paludisme et d’infections des voies respiratoires. MSF a également lancé une intervention visant à donner accès à de l’eau potable en quantité suffisante dans le camp.

également lancé une intervention visant à donner accès à de l’eau potable en quantité suffisante dans le camp.

En chemin vers Ngakobo, le contraste était frappant entre la beauté du paysage et le vide des villages fantômes« En chemin vers Ngakobo, le contraste était frappant entre la beauté du paysage et le vide des villages fantômes, laissés en ruine et abandonnés par les villageois en raison des attaques », a raconté Martin Braaksma, chef de mission de MSF en RCA. « Dans d’autres villages, les résidents ont trop peur pour se rendre au champ et travailler. Ils sont pris au piège par la violence ».

Les conséquences médicales de cette violence viennent s’ajouter aux autres besoins de santé de la population et au manque de soins médicaux gratuits en RCA. Dans la région de Bambari, MSF gère six centres anti-paludismes qui offrent diagnostic et traitement – le paludisme demeure l’un des principaux problèmes de santé en RCA, particulièrement chez les enfants. En janvier, dans la région de Bambari, l’équipe de MSF a traité 3231 patients atteints de paludisme, dont plus de 40 pour cent étaient des enfants de moins de 5 ans.

MSF travaille à Bambari depuis mai 2014.