Syrie: Victimes quotidiennes, blessures à long terme

 

 

MINES, PIÈGES ET RESTES D'EXPLOSIFS COMPLIQUENT LE RETOUR DES HABITANTS AU NORD-EST DE LA SYRIE

Au nord-est de la Syrie, MSF soutient deux hôpitaux, un à Tal Abyad qui reçoit principalement des blessés de Raqqa, l'autre se situe à Hassakeh.

Les patients que nous rencontrons dans ces hôpitaux nous disent que des mines antipersonnel, des pièges et d'autres engins explosifs improvisés sont plantés dans les champs, le long des routes, sur les toits des maisons et sous les escaliers. Les théières, les oreillers, les casseroles, les jouets, les climatiseurs et les réfrigérateurs auraient eux aussi explosé à mesure qu'ils  rentreraient chez eux pour la première fois après des mois ou des années de déplacement. 

 

La moitié des victimes sont des enfants
Le nombre de patients blessés par des mines terrestres, des pièges et des explosifs dans certaines parties du nord-est de la Syrie a doublé entre novembre 2017 et mars 2018.

En 2017 seulement, les violences à Deir ez-Zor, au Nord-Est de la Syrie, ont fait fuir au moins 254 000 personnes. Chacun d'eux a été déplacé en moyenne trois fois. C'est le plus grand volume de mouvements de population par gouvernorat en Syrie pour cette année.

Alors que certaines personnes sont rentrées chez elles, la majorité d'entre elles sont toujours déplacées et devraient bientôt revenir, parfois inconscientes des dangers qui les attendent. Les experts en déminage craignent que des centaines de milliers d'appareils ne détruisent encore les écoles, les installations médicales et les champs agricoles. 

Course contre la montre
Avec le système de santé paralysé, l'établissement de santé le plus proche peut se situer à des heures de chez eux. Chaque minute compte. Le délai pour recevoir des soins médicaux détermine la gravité et le rétablissement.

L'action de déminage est urgente, mais l'éducation face au risque doit également être élargie pour que les personnes qui cherchent à rentrer chez elles puissent prendre des décisions éclairées, apprendre à identifier et éviter les engins explosifs, apprendre quoi faire immédiatement après l'explosion d'un engin et donner les premiers soins. Cela doit aller de pair avec l'amélioration de l'accès aux soins médicaux d'urgence pour les victimes d'engins explosifs à Deir ez-Zor et ailleurs dans le nord-est de la Syrie. 

 

Ils ne choisissent pas leur cible
Les engins explosifs peuvent rester cachés pendant des années après la fin d'un conflit. S'ils ne tuent pas, ils détruisent la vie de leurs victimes et de leurs familles.

Humaid, 45 ans, originaire de Dhiban, au nord-est de la Syrie. 5 de ses filles étaient sur le toit de leur maison lorsqu'elles ont été grièvement blessées par une mine. Sedar, la plus jeune, a été partiellement amputée des deux jambes.

MSF demande à toutes les organisations et entités impliquées, internationales et locales, d'étendre et d'accélérer les activités de déminage et d'éducation aux risques, et d'améliorer l'accès aux soins médicaux vitaux pour les victimes d'engins explosifs à Deir ez-Zor.

 

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