Sulawesi : réponse de MSF aux besoins médicaux et humanitaires [11 octobre]

Vendredi 28 septembre, l’île indonésienne de Sulawesi a été frappée par un tremblement de terre d'une magnitude de 7,5 sur l'échelle de Richter, suivi d'un tsunami de plusieurs mètres de hauteur. La région est dévastée.  S’ajoute à cette double catastrophe naturelle, un troisième danger : le volcan Soputan est entré en éruption le 3 octobre.

Selon l'OCHA, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (en date du 11 octobre) :

  • 2045 personnes ont péri dans cette catastrophe,
  • 10 779 personnes ont été blessées,
  • 88 775 personnes sont déplacées,
  • 67 310 logements ont été détruits et endommagés,
  • et près de 1,5 millions de personnes ont été affectées par la catastrophe.

Infographie carte du tremblement de terre à Sulawesi en Indonésie le 28 septembre 2018

évaluation des besoins

MSF a immédiatement déployé une équipe dans la zone sinistrée pour évaluer les besoins médicaux et humanitaires et déterminer le plus rapidement possible l’assistance nécessaire que nous pouvons offrir, en coordination avec le mécanisme de réponse national. L'équipe était composée de spécialistes en médecine, en logistique et en eau et assainissement.

Dernières mises à jour

[2 octobre 2018]

Arrivée dans la ville de Palu, l'équipe a immédiatement procédé à une évaluation de la situation, notamment en visitant l'hôpital public régional, l'hôpital Undata. Dans la ville de Palu :

  • l’hôpital Undata a subi des dégâts importants mais est toujours opérationnel. Les patients sont traités à l'extérieur du bâtiment,
  • l'aéroport de Palu n’est pas opérationnel, la distribution de colis et de matériel de secours provient donc d'autres villes, situées à plus de 8h de route.
schip loopt vast op Sulawesi na de aardbeving en tsunami
Un navire échoué dans le port de Wani, sur l’île de Sulawesi, situé à 25 km de la ville de Palu. © Tommy Onsent. Sulawesi, 3 octobre.

[5 octobre 2018]

Un des premiers constats que nous pouvons faire, est que l'Indonésie est organisée et dispose de moyens suffisants pour intervenir. Notre action sera donc en soutien.

À Palu, l'électricité a été rétablie dans certaines parties de la ville. Cependant, l'approvisionnement en carburant pose problème et l'accès à l'eau reste préoccupant.

Dr Rangi Wirantika panse la plaie d'un garçon de 4 ans nommé Adam. Il s'est blessé à la tête alors qu'il fuyait lors du tremblement de terre et du tsunami dans le centre de Sulawesi, en Indonésie.
Dr Rangi Wirantika panse la plaie d'un garçon de 4 ans nommé Adam. Il s'est blessé à la tête alors qu'il fuyait lors du tremblement de terre et du tsunami dans le centre de Sulawesi, en Indonésie. © Sri Harjanti Wahyuningsih. 10 octobre 2018

[11 octobre 2018]

Villes de Palu et Petobo

Les services dans la ville de Palu reprennent lentement, avec la réouverture des magasins et restaurants, la restauration de l'électricité et la mise en service de tous les hôpitaux.

La réponse massive apportée par le gouvernement indonésien se concentre principalement dans les zones touchées par le tsunami : le littoral de la ville de Palu. Mais aussi dans la ville de Petobo, au sud, touchée par un phénomène de liquéfaction du sol – le sol lorsqu'il est saturé en eau perd une partie ou la totalité de sa portance et se transforme en boue, provoquant des glissements de terrain.

L’équipe MSF a donc évalué les besoins dans les zones rurales et isolées, où moins d’acteurs sont présents.

Zones rurales et isolées

Après des contraintes initiales de transport et d’accès aux divers sites, notre équipe a réussi à atteindre les zones reculées touchées, principalement autour du sous-district de South Dolo, Sigi, et plus au nord le long de la côte ouest du district de Donggala, qui compte plus de 50 000 habitants.

Les principales priorités sont à présent

  • d’aider les centres de santé des zones reculées à reprendre leurs activités de soins de santé primaires
  • de prévenir les épidémies telles que diarrhée, maladies de la peau, rougeole, etc.,
  • de relancer la vaccination de routine,
  • de lancer la collecte de données et une surveillance épidémiologique,
  • de mettre en place des structures temporaires pour les consultations et les services de maternité et
  • d’établir l'accès à une eau propre en quantité suffisante.

« Jusqu'à aujourd'hui (le 11 octobre), nous avons encore eu des patients avec des fractures fermées suite à l'impact du tremblement de terre. Nous travaillons en étroite collaboration avec l'Agence de la Santé. Notre équipe de cliniques mobiles se déplace tous les jours pour permettre un accès aux services de santé pour les patients », déclare le Dr Rangi Wirantika, l'un des médecins sur le terrain.

Deux psychologues locaux se joindront bientôt à l'équipe pour fournir des soins de santé mentale au personnel médical des centres de santé et à la population la plus touchée.

« Les communautés touchées ont un accès limité à l'eau potable. Cet accès est cependant important pour réduire le risque d'épidémies. Dans certaines régions, les habitants doivent parcourir jusqu'à deux kilomètres à pied pour avoir accès à de l'eau », explique Timothius SP Benu, spécialiste de l'eau et de l'assainissement.

Par conséquent, dans les communautés, l'objectif principal sera de garantir à la population un accès à l’eau potable en réparant ou en nettoyant les sources existantes (pompe manuelle ou puits) ou en installant des solutions temporaires telles que des réservoirs d'eau et des systèmes de traitement de l'eau.

Tout en menant ces activités, l’équipe MSF continuera d’évaluer les besoins des zones environnantes et répondra en fonction des besoins éventuels.