Le cholera est une infection intestinale aigue très contagieuse due à une bactérie – Vibrio Cholerae – présente dans les eaux sales ou stagnantes.
La contamination est orale, d'origine fécale, et peut se faire par l'ingestion d'eau ou d'aliments souillés. Les diarrhées et les vomissements provoqués par cette maladie entraînent une déshydratation sévère et rapide, pouvant entrainer la mort en l’absence de traitement dans la moitié des cas.
Après une incubation de maximum cinq jours, la bactérie produit une toxine qui agit de deux manières sur le système digestif. D'une part, l'intestin sécrète de façon anormale l'eau du corps et d'autre part, les liquides avalés ne sont plus absorbés par le corps. L'eau accumulée dans l'intestin est évacuée sous forme de diarrhées (très aqueuses, couleur eau de riz) et de vomissements très importants qui entraînent rapidement une déshydratation aiguë. Un patient atteint de choléra peut perdre jusqu’à 20 litres par jour. Cette perte d'eau massive peut conduire à un état de choc et au décès.
Ce sont surtout les jeunes enfants et les personnes âgées qui sont les plus vulnérables. Chaque année, on compte entre 3 et 5 millions de cas de choléra et plus de 100.000 décès. Néanmoins, en présence d’un traitement, le choléra est une maladie que l’on peut soigner facilement si elle est prise en charge à temps.
Le traitement du choléra est en effet simple, très efficace et très rapide : il faut réhydrater le patient afin de remplacer l’eau et les électrolytes comme le sodium et le potassium qui ont été perdus. En cas de déshydratation modérée, on utilise des sels de réhydratation que l'on administre au malade par voie orale. En cas de déshydratation majeure, il est parfois nécessaire de perfuser 8 à 12 litres de solutés par personne et par jour.
La propagation du choléra est favorisée par une hygiène précaire, l’absence d’eau propre et se transmet d’autant plus vite si les populations sont regroupées comme c’est le cas dans les camps de réfugiés. La prévention joue donc un rôle primordial dans l’éradication de cette maladie. Cela signifie concrètement : une mise à disposition d’eau de bonne qualité, une promotion des bonnes pratiques d’hygiène au quotidien (lavage des mains, cuisson des aliments, etc), une mise en place de latrines en nombre suffisant et un traitement des eaux usées. Même si il est vrai que des vaccins anticholériques existent, ils ne sont pas employés en raison de leur efficacité tardive et de leur courte durée d’action.
MSF a développé des kits spéciaux pour le traitement contre le choléra et met en place des centres de traitement dès qu’un risque d’épidémie survient. Nos équipes travaillent à prévenir cette maladie en assurant un apport d’eau potable et en appliquant des mesures d’hygiène strictes. En 2010, MSF est intervenue lors d’épidémies du choléra en Haïti, au Tchad, au Niger, au Nigeria, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Zambie et a traité, toutes sections confondues, plus de 130.000 patiënts affectés par le cholera.
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