Lutter contre les maladies tropicales: ce qui doit encore être fait

[communiqué de presse] - 02|02|2012 - Royaume-Uni

Lors de la conférence « Uniting To Combat Tropical Diseases » qui s’est tenue à Londres ce lundi, une attention particulière a été portée sur l’effet dévastateur des maladies tropicales, négligées pendant trop longtemps. Toutefois, selon Médecins Sans Frontières (MSF), les objectifs ambitieux visant à éliminer ou endiguer dix de ces maladies tropicales négligées ne pourront se concrétiser que si certaines lacunes importantes sont comblées.

© Robin Meldrum/MSF

« Bien que nous nous réjouissions que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les bailleurs de fonds et les agences de développement attirent enfin l’attention sur les maladies tropicales négligées, nous restons préoccupés par le fait que les défis liés à certaines de ces maladies soient passés sous silence », explique Daniel Berman, directeur adjoint de la Campagne « Access » de MSF. « L’augmentation des dons en médicaments de l’industrie pharmaceutique ne constitue qu’une réponse partielle au problème. Il est toutefois impossible d’éliminer ou d’endiguer des maladies comme le Chagas, le kala-azar ou la trypanosomiase (maladie du sommeil) sans renforcer le soutien aux programmes qui permettent de dépister et de traiter les patients, et sans investir davantage dans des tests diagnostics et des médicaments nouveaux et de meilleure qualité. »

Pour éradiquer de telles maladies à long terme, il faut développer de nouveaux diagnostics et traitements qui pourront être utilisés dans les régions reculées par les professionnels de la santé ne disposant que d’une formation de base. Par exemple, l’évaluation du stade de la maladie du sommeil se fait encore à l’aide d’une ponction lombaire douloureuse et il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement par voie orale. Des injections et des perfusions intraveineuses sont toujours nécessaires. Outre le fait que ces traitements sont inadaptés aux dispensaires des zones rurales, ils sont également pénibles et douloureux pour les patients.

Le manque de financement ne touche pas seulement les médicaments, mais aussi les programmes de santé. Si DfID, l’USAID, l’OMS et d’autres acteurs, souhaitent s’atteler à l’éradication de ces maladies, ils devront trouver un moyen d’étendre les programmes et de renforcer les systèmes de surveillance épidémiologique. Aujourd’hui, des « trous noirs » persistent : dans certaines régions, la maladie du sommeil est présente mais en raison de l’insécurité et du manque de ressources financières, les populations ne sont ni diagnostiquées ni prises en charge.

« Ces objectifs ambitieux visant l’éradication de ces maladies resteront vains si les programmes de lutte nationaux et les systèmes de santé des pays où cette maladie est endémique ne bénéficient pas d’un soutien adéquat », explique le Dr Andreas Lindner, membre de l’équipe mobile interrégionale MSF qui lutte contre la maladie du sommeil dans des pays comme le Tchad et la République centrafricaine. « Au bout du compte, ce sont les programmes de lutte nationaux, et non MSF ou d’autres organisations, qui devront endiguer cette maladie. C’est pourquoi, ils doivent bénéficier d’un soutien et d’une coopération. »

MSF s’inquiète que l’accent soit mis sur les dons en médicaments car cela signifie que les stratégies visant à éliminer ces maladies risquent d’être influencées par les produits qu’offriront les compagnies pharmaceutiques. Les engagements pris par Gilead, Novartis et d’autres entreprises sont le reflet des politiques de leur firme et ne correspondent pas nécessairement aux priorités en santé publique.

Sur le même sujet

© 2011 MSF - 94, Rue Dupré 1090 Bruxelles- Tél: 02/474.74.74 - IBAN: BE73 0000 0000 6060 - BIC: BPOTBEB1