Quelques jours après le début des violences le 17 février 2011, une équipe médicale de MSF entrait en Libye depuis l’Égypte et aidait les structures de santé qui tentaient de soigner les nombreux blessés.
À Benghazi, la deuxième ville du pays, MSF a fourni des médicaments et du matériel de première nécessité tels qu’anesthésiques, antibiotiques et fixations externes pour réduire les fractures. Dans plusieurs zones de conflit, comme Zawiyah et Misrata, des milliers de personnes étaient coupées de toute aide extérieure ; besoins médicaux critiques et pénuries de médicaments et de matériel ont été signalés. Certaines équipes MSF ont pu fournir une aide logistique pour approvisionner les zones assiégées en matériel médical mais d’autres équipes ont été empêchées d’entrer dans le pays. MSF n’a cessé de demander que les populations piégées par le conflit accèdent rapidement et librement à l’aide médicale.
À Benghazi et Ajdabiya, MSF a fourni un soutien psychologique au personnel soignant et aux patients, et formé le personnel médical à donner les premiers soins psychologiques aux victimes de violences.
Une partie de l’hôpital principal de Misrata avait été bombardée et les cliniques restées opérationnelles débordaient de blessés graves. Le 21 mars, MSF a réussi à acheminer les premiers kits chirurgicaux à l’hôpital. Six tonnes de matériel médical supplémentaires sont arrivées peu après.
En avril, MSF a organisé deux évacuations médicales de Misrata par bateau. Les équipes ont donné aux 135 patients évacués des soins d’urgence directement sur le bateau qui faisait route vers la Tunisie. À l’arrivée, ils ont été transférés et pris en charge dans des structures médicales.
En avril toujours, une équipe MSF basée à Benghazi a réussi à atteindre Misrata par bateau. Elle a commencé à intervenir dans les blocs opératoires et les services d’obstétrique de quatre structures de santé en appui au personnel soignant libyen qu’elle a formé à la prise en charge de la chirurgie de guerre, l’hygiène, la stérilisation et la gestion des déchets.
Les équipes ont pratiqué 137 opérations dans les hôpitaux Abbad et Qasr Ahmed. Dans ce dernier, elles ont mené 780 séances de physiothérapie post-opératoire. Douze patients nécessitant de la chirurgie réparatrice ont été transférés au programme MSF de Amman en Jordanie. Au centre médical de Ras Tubah, MSF a soutenu les services de pédiatrie et de chirurgie obstétrique d’urgence et pratiqué 1 914 accouchements, dont 312 césariennes.
MSF a donné plusieurs tonnes de médicaments et fournitures médicales aux structures de santé, ainsi que des formations, du matériel et des équipements ambulanciers aux dispensaires proches de la principale ligne de front.
En mai, MSF a ouvert un programme de santé mentale à Misrata. En fin d’année, plus de 3 000 patients en avaient bénéficié grâce à 200 sessions de groupe et 455 consultations individuelles. Le personnel a aussi dispensé une formation à 20 psychologues libyens.
MSF a apporté une aide médicale à quatre centres de détention et mené au total 2 600 consultations, dont 311 pour des traumatismes violents. Les médecins y ont reçu 115 patients qui présentaient des blessures résultant de tortures infligées pendant les interrogatoires.
MSF a informé les autorités compétentes de Misrata de ces cas mais le personnel médical a continué de recevoir de nouvelles victimes de tortures. Certains détenus se sont vu refuser tous soins médicaux. En janvier 2012, MSF a publiquement dénoncé cette situation et suspendu ses activités dans les centres de détention.
Dans les structures de santé des villes de Zintan et Yefren, à l’ouest du pays, les équipes MSF ont pratiqué de la chirurgie, donné des équipements et du matériel médical, et formé le personnel à la prise en charge d’afflux de blessés. D’avril à octobre, elles y ont soigné plus de 2 200 blessés de guerre et pratiqué plus de 270 interventions chirurgicales. De juillet à octobre, l’équipe de psychologues a mené 470 consultations individuelles et plus de 1 000 sessions de groupe.
À mesure que les combats intenses se déplaçaient vers Tripoli, une équipe chirurgicale MSF s’est rendue à Zawiyah, à l’ouest de la capitale. Dès le premier jour, elle a traité plus de 70 blessés à l’hôpital général.
À Tripoli, MSF a travaillé dans les structures médicales, donné matériel et médicaments essentiels, et transféré les patients qui avaient besoin d’une aide médicale urgente.
Lorsque les combats ont atteint Syrte, la ville natale du colonel Kadhafi, MSF a fourni du matériel chirurgical et 150 000 litres d’eau, et organisé la reprise des activités chirurgicales à l’hôpital Ibn Sina. Lorsque l’hôpital a essuyé des coups de feu et que des combattants armés sont entrés pour contrôler les patients, MSF a appelé tous les belligérants à cesser immédiatement toute attaque et toute intrusion dans les structures médicales.
Dès août, MSF a dispensé des soins médicaux dans quatre camps de la région de Tripoli qui accueillaient quelque 4 000 migrants et déplacés issus de la minorité Tawargha.
Les résidents de ces camps avaient subi intimidations, vols et attaques. Les équipes ont effectué plus de 5 100 consultations et offert un soutien psychologique, soit 200 consultations individuelles et 33 sessions de groupe.
Beaucoup ont fui la Libye pendant les combats. Les équipes MSF dans les pays voisins, tels que l’Italie et la Tunisie, leur ont porté assistance et ont rappelé aux gouvernements, en particulier ceux de l’Union européenne, leur responsabilité, en vertu du droit international, d’ouvrir leurs frontières aux personnes fuyant la Libye et de garantir des conditions d’accueil décentes.
Fin 2011, 64 personnes travaillaient pour MSF en Libye. MSF intervenait pour la première fois dans le pays.
© 2011 MSF - 94, Rue Dupré 1090 Bruxelles- Tél: 02/474.74.74 - IBAN: BE73 0000 0000 6060 - BIC: BPOTBEB1