>L’aide d’urgence à la suite de catastrophes naturelles
Historiquement, l'action de Médecins Sans Frontières s'est construite principalement autour de situations de guerre, pour porter secours aux victimes de conflits. Pourtant, une ONG médicale comme MSF a tout autant vocation à intervenir suite à des catastrophes naturelles, pour venir en aide aux populations affectées par ces sinistres (tremblements de terre, inondations, cyclones, etc.). Au fil des ans et sur de nombreux terrains, nous avons appris à évaluer rapidement un désastre, les besoins et les réponses urgentes à apporter.
Une catastrophe naturelle s’est produite. Que fait MSF ?
Tremblements de terre, ouragans, cyclones, typhons, inondations ou éruptions volcaniques... Ces catastrophes peuvent, parfois en quelques minutes, dévaster des régions entières et en détruire le tissu économique et social. Pour sauver des vies et apporter une aide utile aux blessés, les secours doivent être à la fois bien coordonnés et rapides, car les premières 48 heures sont cruciales. Contrairement aux autres missions d'urgence où une équipe est envoyée sur place afin de procéder à une évaluation des besoins, l'intervention dans le cadre d'une catastrophe naturelle est immédiate.
Médecins Sans Frontières dispose d'un matériel standardisé sous forme de modules (kits) pré-conditionnés, stockés sous douane et prêts à être expédiés. Les équipes MSF sont organisées pour pouvoir envoyer un avion cargo en 48 heures.
Les actions que nous menons sont de plusieurs ordres. Médicalement, nos équipes sont en mesure de prodiguer des soins d'urgence dans les heures et les jours qui suivent le sinistre. Cela peut prendre la forme d'actes chirurgicaux ou, dans le cas spécifique des séismes, de soins en néphrologies pour prendre en charge les victimes du "crush syndrome" (syndrome d'écrasement caractérisé par de graves dysfonctionnements rénaux).
Une fois les urgences médicales résorbées, notre rôle consiste à garantir l'accès aux soins des personnes sinistrées. Pour cela, nous pouvons être amenés à installer des dispensaires ou lancer des « cliniques mobiles », pour prendre le relais le temps que les structures de santé des pays touchés par un désastre se remettent à fonctionner normalement. Par ailleurs, même si les catastrophes naturelles n'entraînent pas systématiquement des épidémies (choléra, dengue, gastro-entérite, rougeole, etc.), nous mettons en place une surveillance épidémiologique. Et, si besoin, nous menons des campagnes préventives comme de vaccination, ou distribution de moustiquaires.
Le travail de prévention passe également par une action logistique en matière d'eau, d'hygiène et d'assainissement : installation de latrines, approvisionnement en eau, etc. La logistique recouvre en outre les distributions matérielles (tentes, couvertures, distributions alimentaires, « kit d’hygiène », etc.).
Une autre partie très importante de notre action en matière de catastrophes naturelles, est la prise en charge des traumatismes psychiques liés aux sinistres. En effet, les populations qui ont subi un tel événement ont un besoin profond de parler et de soutien psychologique.
MSF se tient prête à intervenir aux quatre coins du monde
Un fichier de spécialistes des interventions en urgence permet d'avoir du personnel disponible pour partir sur les lieux de catastrophes naturelles, ou sur d'autres terrains d'urgence. La première équipe est généralement composée d'un médecin, d'une infirmière, un logisticien, un spécialiste en eau et assainissement, et nous essayons d’inclure un psychologue dans la première équipe. Elle travaille avec du personnel local.
Chaque section MSF se tient constamment en alerte pour répondre aux urgences. Les "zones à risque" sont recensées et un système de surveillance est mis en place. Le stockage de modules d'urgence dans les régions à haut risque est parfois considéré comme ceci raccourcit les délais d'acheminement des secours.
29/03/2010
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