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© Gaël Turine & Bruno De Cock
Médecins Sans Frontières ne travaille pas seulement dans les pays en développement. Il y a aussi des projets dans différents pays d’Europe. Certaines personnes n’ont pas accès aux soins de santé malgré qu’ils soient dans des pays où le système de santé est bien établi. Le plus souvent, il s’agit de migrants, de demandeurs d’asile et de personnes sans papiers.
Cliquez ici pour savoir où Médecins Sans Frontières a référé les groupes vulnérables en Belgique et connaître ses autres projets, clique sur les pays ci-dessous.
Médecins Sans Frontières a été active pendant 20 ans en Belgique entre 1989 et 2009. Dans quatre villes, Verviers, Liège, Bruxelles et Anvers, des activités visant l’accès aux soins de santé pour les plus vulnérables ont été assurées. Fin 2009, un camp de réfugiés temporaire a été dressé à Bruxelles pour attirer l’attention sur la problématique des demandeurs d’asile.
Cinq ONG, dont MSF, organisent un camp de refugiés à Bruxelles en automne 2009. © Gaël Turine
D’une part, Médecins Sans Frontières réalisait des consultations médicales et psychosociales, mais l’activité principale servait à montrer aux autorités concernées où le système avait des failles et ce qui pouvait éventuellement être fait. Ce n’est pas toujours à Médecins Sans Frontières de trouver des solutions structurelles sur du long terme dans le domaine de la santé, ni en Belgique ni nulle part ailleurs dans le monde.
En 2000, Médecins Sans Frontières est partie de Verviers, parce qu’entre-temps, le système avait repris un fonctionnement correct. A Liège, les autorités locales ont développé plus que les activités de MSF, par la création d’un relais Santé, une succursale où les personnes sans papiers avait accès aux soins de santé.
A Bruxelles, la situation ne s’est pas améliorée de la même manière. C’est pour cela que Médecins Sans Frontières a remis le projet en 2008 à l’organisation Médecins du Monde. De même que pour Anvers où le projet a été également remis à Médecins du Monde en 2009. Avec cela, le dernier projet de Médecins Sans Frontières en Belgique a disparu.
En novembre 2009, MSF a monté un camp de réfugiés en plein coeur de Bruxelles pour dénoncer l’impasse politique dans laquelle se trouvent les demandeurs d’asile en Belgique.
Les législations européenne et belge stipulent que les demandeurs d’asile doivent bénéficier d’un accueil adéquat et d’un logement dès qu’ils ont introduit leur demande officielle d’asile. Mais les logements du gouvernement sont saturés depuis l’année dernière. A cause de cela, les demandeurs d’asile se retrouvent non seulement à la rue et mais en plus, sont privés d’autres services comme l’accès aux soins de santé.
Médecins Sans Frontières avait été sollicitée par une coalition d’ONGs souhaitant faire pression sur le gouvernement pour qu’il assume ses responsabilités légales en matière de logement des demandeurs d’asile. Des sollicitations répétées ont été adressées au gouvernement pour qu’il gère cette crise persistante du manque de logements. Le matin du 18 novembre 2009, une équipe de MSF a monté un camp de réfugiés en plein de cœur de Bruxelles.
Le camp était un acte symbolique : il n’était pas destiné à servir de solution alternative aux logements normalement procurés par le gouvernement belge. La coalition d’ONG a réussi à obtenir une garantie de logement pour 450 demandeurs d’asile en guise de mesure d’urgence temporaire, en plus des logements qui devaient se libérer à la fin du mois de décembre et dans le courant 2010.
Toutefois, malgré ces efforts, le problème du logement persiste. MSF va continuer à collaborer avec d’autres ONG pour s’assurer que le gouvernement belge tienne sa promesse et identifie davantage de possibilités de logement pour répondre aux besoins des migrants.
Bruxelles : Médecins du Monde
CASO – Centre d’accueil, de soins et d’orientation
Rue d’Artois, 46 à 1000 Bruxelles
Pour prendre rendez-vous : 02/513.28.97
Pour des informations : 02/513.25.79
info.caso@medecindumonde.be
Consultation médicale sans rendez-vous le lundi à 13h, le jeudi à 9h et le vendredi à 13h et à d’autres moments sur rendez-vous.
Anvers : Dokters van de Wereld (Médecins du Monde)
COZO – Centrum voor Onthaal, Zorg en Oriëntatie (CASO – Centre d’accueil, de soins et d’orientation)
Van Maerlantstraat, 56 à 2060 Anvers
Tél. : 03/231.36.41
info.antwerpen@doktersvandewereld.be
Consultation médicale sans rendez-vous le lundi à 9h et le jeudi à13h et à d’autres moments sur rendez-vous.
Liège : Relais Santé
Place Saint-Jaques, 13 à 4000 Liège
Tél. : 04/220.58.97
site
Verviers: OCMW
Rue du Collège 49 – 4800 Verviers
087/307.307
site
En France, les demandeurs d'asile sont coincés par les objectifs de la politique régionale qui entend contrôler les flux de l'immigration dans l'ensemble de l'Europe. Il leur est donc de plus en plus difficile d'arriver en France et les procédures administratives de demande d'asile sont de plus en plus complexes. Les demandeurs d'asile qui ne parlent pas le français et qui vivent dans la rue ont très difficilement accès à une aide psychologique.
Un grand nombre de migrants ont fui la violence, les violations des droits de l'homme et la privation dans leur pays pour finalement se retrouver sans abri et complètement démunis en France. Les migrants sans papiers d'immigration valables sont extrêmement vulnérables et sujets à l'angoisse et aux traumatismes psychologiques dus aux expériences qu'ils ont vécues dans leur pays d'origine, à leur voyage jusqu'en France et à leurs conditions de vie. Vivre dans la rue entraîne aussi des problèmes de santé physique.
Tot het Villeminplein in augustus 2009 ontruimd werd, leefden er voornamelijk Afghaanse vluchtelingen op straat. © Dragan Lekic/Libre arbitre
En 2007, MSF a mis sur pied un nouveau programme à Paris dont le but est d'offrir une assistance médicale, des soins de santé mentale et un soutien social aux populations dans le besoin qui arrivent en France dans l’espoir de trouver asile et protection. Certains viennent d'arriver en France tandis que d'autres y vivent depuis un certain temps déjà.
Une équipe multidisciplinaire de MSF propose un traitement et une assistance personnalisée pour chaque patient : le traitement est complété par des orientations et des conseils sociaux et légaux, et un référencement médical si nécessaire. Depuis l'ouverture de ce centre, il y a deux ans et demi, plus de 650 personnes y ont été prises en charge.
Au total, le personnel médical de MSF a réalisé plus de 7.000 consultations : 50 % concernaient une intervention psychologique ; 25 % des soins médicaux et 25 % des mesures d'assistance sociale. Les psychologues de MSF ont ainsi aidé 365 migrants et demandeurs d'asile et suivent 160 patients réguliers.
Les personnes qui n'ont pas de papiers d'immigration en ordre sont extrêmement vulnérables et susceptibles de souffrir d'anxiété sévère due à leurs très mauvaises conditions de vie actuelles mais aussi à tout ce qu’elles ont vécu de traumatisant dans leur pays d'origine. Les soins de santé mentale sont essentiels pour éviter l'aggravation de leur état psychologique qui peut mener à des tentatives de suicide. Sur les patients qui fréquentent le centre, 41 % ont rapporté avoir des pensées suicidaires.
Durant l'été 2009, MSF a aussi organisé un week-end de traitement de la gale pour les réfugiés afghans qui vivent dans les rues de Paris. En novembre, MSF a apporté des fournitures d'urgence aux sans abri et aux migrants démunis pour les aider à passer l'hiver.
Le nombre de migrants sans papiers, de demandeurs d’asile et de réfugiés arrivant en Grèce n’a pas cessé d’augmenter ces dernières années. Le nombre officiel d’étrangers vivant en Grèce est de 800.000 mais ce chiffre ne tient pas compte des quelque 200.000 migrants sans papier se trouvant aussi sur le territoire.
Les migrants viennent en Grèce le plus souvent à cause des conditions de vie épouvantables qu’ils doivent endurer. Selon la loi grecque, les migrants sans papiers peuvent être enfermés jusqu’à 12 mois dans des centres de rétention fermés.
Centre fermé Pagani sur l’île Grecque de Lesbos en octobre 2009. © Giorgos Moutafis
Les conditions sanitaires et les soins de santé dans les centres de rétention sont très basiques, voire particulièrement médiocres. L’aide psychosociale est totalement inexistante. Rien n’est prévu sur place pour répondre aux besoins des groupes vulnérables comme les femmes, les enfants, les malades chroniques ou les victimes de torture.
Une fois sortis du centre de rétention, les migrants, y compris des mineurs non accompagnés, sont abandonnés à leur sort et vivent sans domicile ou dans la misère. La plupart termine sans abris. Les migrants sans papiers n’ont pas accès au système de santé publique sauf pour les urgences. Et même dans ce cas, ils n’ont souvent pas l’argent nécessaire pour se payer le traitement et les médicaments.
Actuellement, MSF offre une aide psychosociale à des migrants sans papiers et des demandeurs d’asile enfermés dans trois centres de rétention: Pagani, sur l’île de Lesvos, Venna à Rodopi, et Filakio à Evros, tous deux dans le Nord de la Grèce.
Patra est le plus grand port de sortie pour les migrants qui espèrent rejoindre l’Europe de l’Ouest. Entre mai 2008 et août 2009, MSF a ouvert une clinique de jour dans le bidonville où vivent les migrants afghans, et elle a mis en place des cliniques mobiles dans d’autres endroits pour assister les migrants africains. Le projet a été fermé en septembre 2009 suite à la démolition du bidonville par les autorités grecques et la diminution considérable de migrants dans la région.
Entre juin et septembre 2008, MSF a travaillé dans le centre de rétention de Pagani sur l’île de Lesvos. La fermeture du projet et la collaboration boiteuse avec les autorités régionales attristèrent beaucoup MSF. Après de nouvelles négociations avec les autorités, en août 2009, MSF a démarré de nouveaux programmes d’assistance psychosociale dans trois centres de rétention: Pagani, Venna et Filakio. Des psychologues et des interprètes offrent un support individuel ou des sessions de groupe aux migrants.
Les patients de MSF aux centres de rétention souffrent souvent d’anxiété (28%), de dépression (26%) et de stress post-traumatique 11%) . Ils ont vécu un déracinement et les conditions de vie difficiles, la surpopulation, le confinement, et la menace d’un rapatriement forcé contribuent au sentiment de détresse.
Dans les centres de détention, les conditions de vie sont souvent inacceptables et dégradantes. A Pagani, la surpopulation a entraîné une détérioration dramatique des conditions de vie et conduit à des manifestations. Le nombre de migrants retenus dépassait souvent les 800, atteignant jusqu’à 1200 dans des infrastructures ayant une capacité officielle de 275. Souvent, une seule toilette était en service pour 100 ou 200 personnes.
Pendant les périodes de surpopulation, de nombreux migrants devaient dormir sur des matelas sales à même le sol, dans l’eau stagnante des douches débordantes. Les migrants étaient rarement autorisés à sortir au jardin et les familles étaient détenues séparément.
Le centre de rétention de Pagani est temporairement fermé pour cause de rénovation depuis novembre 2009, suite aux appels répétés de MSF aux autorités afin qu’elles s’occupent de l’urgence humanitaire sur place. MSF a interpellé les autorités concernant les mauvaises conditions de vie dans les centres de rétention, la fourniture minimale de soins médicaux, l’absence de services de santé mentale, l’encadrement inefficace des mineurs non accompagnés, le manque de procédures de dépistage et l’absence de système de suivi pour les cas médicaux.
L'Italie a longtemps été une destination et un pays de transit pour les migrants et les demandeurs d'asile qui fuyaient les conflits, la privation et les violations des droits de l'homme dans leurs pays d'origine.
Mais depuis la nouvelle loi, votée en 2009, l'entrée et le séjour clandestins en Italie sont désormais sanctionnés par la loi. Ce durcissement des politiques d'immigration a encore aggravé la situation des migrants, renforçant leurs stigmates et entravant ainsi leur accès aux soins de santé. Pour ceux qui tentent de rejoindre l'Italie, le renforcement des contrôles douaniers rend le périple plus long et plus dangereux.
Vluchtelingen in opvangcentrum op Lampedusa in 2008. © Christian Sinibaldi
Une récente évaluation effectuée par MSF dans plus de 20 centres de rétention pour migrants et centres d'accueil des demandeurs d'asile a fait part de surpopulation, de mauvaises conditions de vie et de graves lacunes en termes de soins de santé.
En Italie, Médecins Sans Frontières (MSF) prodigue des soins de santé aux migrants depuis 1999.
Entre 2002 et 2009, MSF a travaillé à Lampedusa, un point de débarquement courant pour les migrants et les réfugiés. Les migrants et les réfugiés arrivaient souvent avec des problèmes musculaires, en état de déshydratation et brûlés par le soleil et le carburant. Nombre d'entre eux étaient traumatisés par le voyage. Les nouvelles politiques gouvernementales introduites en mai 2009 ont progressivement entraîné l'arrêt de l'arrivée des migrants à Lampedusa qui arrivaient par bateau.
Au cours des sept dernières années, MSF a mis sur pied 35 cliniques dans lesquelles ses équipes dispensent des soins de santé et un soutien psychologique aux migrants sans papiers dans six régions d'Italie. Ces cliniques ont été intégrées dans les services du système de santé nationale et dispensent des soins en respectant l'anonymat des migrants. En 2009, MSF gérait 4 cliniques. Ces cliniques ont progressivement été reprises en charge par les autorités sanitaires locales.
Depuis 2005, MSF a proposé une aide médicale et humanitaire aux travailleurs migrants saisonniers en Sicile, dans les Pouilles, en Calabre et en Campanie. Les mauvaises conditions de vie et de travail des travailleurs saisonniers provoquent de nombreux problèmes musculaires, de gastroentérites et de maladies de la peau.
MSF se bat pour que les autorités prennent leurs responsabilités et améliorent les conditions de vie et de travail des migrants. En 2008, après les requêtes de MSF, les autorités régionales des Pouilles ont pris des mesures d'urgence pour améliorer les conditions de vie et proposer une aide médicale appropriée aux 4000 migrants travaillant dans la région.
Suite aux efforts conjoints de MSF et d'autres organisations, le ministère de l'Intérieur a approuvé une directive qui stipule que l'obligation pour les fonctionnaires de dénoncer les migrants sans papiers, prévue par la récente législation en matière d'immigration, ne s'applique pas au secteur de la santé.
Le voyage est long depuis les pays subsahariens pour arriver en Libye pour les migrants qui s'engagent dans une périlleuse traversée. Ces dernières années, les migrants et réfugiés qui traversent la Méditerranée pour essayer de rejoindre l'Europe se retrouvent souvent coincés à Malte.
La politique d'accueil des migrants et des demandeurs d'asile du gouvernement maltais a pour but de rassurer l'opinion publique et de dissuader les nouveaux candidats réfugiés. A leur arrivée, tous les migrants et demandeurs d'asile sont systématiquement enfermés pendant une période pouvant aller jusqu'à 18 mois.
Jeune Femme Somalienne à Malte, août 2009. © Julie Rémy
A cause de la longue durée d’emprisonnement et des conditions auxquelles ils sont exposés, tant dans les centres fermés que les centres ouverts, de nombreux migrants et demandeurs d'asile voient leur état de santé se dégrader. Les centres de rétention sont surpeuplés et ne disposent pas des installations sanitaires adéquates.
De nombreux migrants et demandeurs d'asile souffrent de traumatismes psychologiques dus à leurs expériences, à leur dangereux voyage jusqu’à Malte, à leur enfermement et aux incertitudes dont est empreint leur avenir. Malgré cela, la dispense des soins médicaux dans les centres est limitée et les migrants en rétention n'ont pas accès à un soutien psychologique.
MSF a commencé à prodiguer des soins de santé et une aide psychologique aux migrants sans papier et demandeurs d'asile à Malte en août 2008. Initialement, les soins médicaux étaient dispensés à l'intérieur de deux centres de rétention pour migrants : Safi et Lyster Barracks. Les consultations dans les centres ont rapidement révélé que les conditions de vie épouvantables et l'absence d'accès aux soins de santé – y compris aux soins de santé mentale – mettaient en danger la santé tant physique que mentale des retenus.
En mars 2009, après avoir insisté à de nombreuses reprises pour que les autorités prennent des mesures pour améliorer les conditions de vie à l'intérieur des centres, MSF a suspendu ses activités. En même temps, MSF a publié un rapport dénonçant les conditions épouvantables dans lesquelles vivaient les migrants dans les centres de rétention maltais.
En juin 2009, MSF a repris ses activités à l'intérieur du centre de rétention de Takandja, où les migrants sont transférés dès leur arrivée à Malte.
En 2010, les activités de MSF se concentreront principalement sur les soins de santé mentale aux migrants et demandeurs d'asile. Ces services seront proposés aux migrants aussi bien dans les centres de rétention que dans les centres ouverts.
MSF effectuera toutefois aussi des consultations en dehors des centres de rétention pour éviter d'installer une présence permanente dans les centres de rétention maltais. MSF va aussi témoigner de la situation des migrants et réfugiés par le biais de ses activités dans le domaine de la santé mentale et participera également à des activités de lobbying.