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Entre 1954 et 2005 (avec une « pause » de 1972 à 1983), le Soudan a été déchiré par une guerre civile sanglante qui opposait le nord et le sud du pays. Un accord de paix a finalement été signé en 2005 et depuis, le Sud-Soudan a un statut de semi-autonomie. En 2010, les habitants se prononceront, par voie de référendum, sur une indépendance totale.
En mars 2009, les autorités soudanaises ont obligé la section française et néerlandaise de Médecins Sans Frontières à quitter le nord du pays. Trois sections poursuivent toutefois leurs activités dans cette partie du Soudan: la section belge, la section espagnole et la section suisse.
Les cinq sections de Médecins Sans Frontières sont par contre toujours présentes au Sud-Soudan. De même, les équipes de MSF sont toujours à pied d'œuvre dans les zones revendiquées à la fois par le Nord-Soudan et le Sud-Soudan.
Les programmes vont de l’offre de soins de santé primaire et secondaire à l’aide d’urgence. Le soutien aux infrastructures de santé est un autre volet clé de notre travail. Le point noir reste toujours l'insécurité, surtout dans le Darfour. Le banditisme et les affrontements entre les différents groupes armés sont le lot quotidien des habitants. Des humanitaires sont aussi régulièrement enlevés.
Médecins Sans Frontières travaille dans quatre États du nord du Soudan : Nord-Darfour, Ouest-Darfour, Al-Gedaref et l’Etat de la mer Rouge.
L’hôpital de Médecins Sans Frontière de Shangil Tobaya offre un large éventail de services médicaux. Il couvre une population de 52.000 habitants, parmi lesquels les réfugiés des camps de Shangil Tobaya et de Shadat. Certains patients doivent faire 50 km pour rejoindre cet hôpital, le plus proche de chez eux. Entre 3.000 et 4.000 consultations y sont assurées tous les mois.
Chaque jour, le personnel médical se rend en outre à dos d’âne dans les différents villages qui ne disposent d’aucune infrastructure de soins de santé. Ces équipes assurent le dépistage de la malnutrition et sensibilisent les habitants à la santé et à l’hygiène.
La sécurité s’étant à présent quelque peu rétablie, Médecins Sans Frontières peut poursuivre son travail à Tawila. Les services de santé aux habitants incluent les soins de santé primaire et secondaire, la santé sexuelle et reproductive, la nutrition – avec un programme nutritionnel – et le soutien psychosocial. Médecins Sans Frontières assure également la formation et la supervision du personnel du ministère de la santé et déploie des membres de son personnel médical afin de soutenir ces activités. L’organisation s’emploie également à reconstruire un hôpital qui a été gravement endommagé lors des affrontements.
En janvier 2010, Médecins Sans Frontières a commencé à soutenir cinq centres de santé de la région de Dar Zaghawa, près de la frontière avec le Tchad. Ces centres sont approvisionnés en médicaments et en vivres et leur personnel bénéficie de mesures incitatives et de formations. Médecins Sans Frontières compte également constituer des stocks de vivres et de secours afin d’être en mesure d’intervenir rapidement à Dar Zaghawa en cas d’urgence majeure.
Après l’enlèvement de trois collaborateurs en mars 2009, Médecins Sans Frontières a mis fin à ses projets de Serif Umra et Kebkabiya. Elle a aussi évacué tous ses expats et les membres du personnel soudanais n’étant pas originaires de la région.
Les activités se sont poursuivies grâce au seul personnel local durant cinq mois, jusqu’au retour de tous les autres membres du personnel, au mois d’août. À Kaguro, Médecins Sans Frontières gère un hôpital comptant de nombreux services ainsi que cinq centres de santé, situés dans des villages isolés. Nous sommes le seul acteur de la région à assurer des services de soins de santé.
© Mathilde Berthelot. Nord-Darfour, 2007.
En octobre 2009, Médecins Sans Frontières a clôturé ses projets dans les villes de Golo et de Killin. A Golo, Médecins Sans Frontières soutenait l’hôpital local dans le domaine des soins de santé primaire et secondaire et de l'obstétrique, ainsi qu'avec un programme nutritionnel ambulatoire en polyclinique. A Killin, MSF soutenait l'hôpital dans le domaine des soins de santé primaire et des soins prénataux et postnataux, ainsi qu'avec un programme nutritionnel ambulatoire en polyclinique. La passation de ces deux projets MSF au ministère de la santé publique est en cours.
En janvier 2010, Médecins Sans Frontières a ouvert un projet de traitement du kala-azar en coopération avec le ministère de la santé publique. Cette maladie est endémique dans la région. Ce projet vise à améliorer le diagnostic et le traitement.
Dans la ville de Port-Soudan, Médecins Sans Frontières met en œuvre un projet axé sur la santé reproductive à l'hôpital de Tagadom. MSF y assure les soins prénataux et postnataux, les services de gynécologie, les accouchements et les consultations de santé reproductive.
97,8% des habitantes de Port-Soudan ont en effet subi l’une ou l’autre forme d’excision, une pratique à l’origine de nombreux problèmes médicaux et de complications obstétricales. Dans son projet de Port-Soudan, Médecins Sans Frontières a donc décidé d’adopter une stratégie de tolérance zéro face aux excisions.
Lorsque des femmes enceintes ayant subi une infibulation – une suture des lèvres fermant presqu’entièrement l’orifice vaginal – viennent pour accoucher, elles sont désinfibulées pour l‘accouchement et ne seront pas réinfibulées après la naissance. Les équipes s’emploient par ailleurs à sensibiliser les communautés locales aux dangers des mutilations génitales féminines.
Dans le sud du pays, Médecins Sans Frontières est présente dans sept États : L’Equatoria occidental, le Warrab, l’Equatoria central, le Bahr-el-Ghazal septentrional, l’État d’Unité, le Jonglei et le Nil supérieur.
Dans ces différents États, Médecins Sans Frontières met en place de vastes programmes de soins de santé qui vont des simples consultations aux patients présentant des infections respiratoires aux interventions chirurgicales. De juin à octobre 2009, 255.000 consultations environ ont été assurées.
Dans le Jonglei et dans le Nil supérieur, Médecins Sans Frontières intervient également dans les situations d’urgence. Ce fut le cas lors des récents conflits sanglants et lors d'une épidémie de kala-azar, une maladie mortelle.
© Jenn Warren. Jonglei, 2009.
Médecins Sans Frontières assure l’aide humanitaire d’urgence et offre un soutien psychologique à des milliers de personnes, parmi lesquelles de nombreux réfugiés, touchés par la violence. Les rebelles ougandais de la LRA, l’Armée de résistance du Seigneur, sont actifs dans cette zone. L'association aide les victimes en les approvisionnant en eau potable, en installant des latrines et des robinets, en distribuant des bâches et des couvertures et en vaccinant les populations.
Juba est confrontée chaque année à des cas de choléra, MSF y organise des activités préventives. Les habitants sont ainsi sensibilisés aux mesures d'hygiène et les anciens puits sont remplacés par de nouveaux, le choléra pouvant en effet se transmettre par l'eau contaminée.
Médecins Sans Frontières travaille dans l’hôpital civil d'Awal où elle met l'accent sur la santé mère-enfant et sur la prise en charge de la malnutrition. Chaque mois, 170 bébés en moyenne voient le jour dans cette structure de soins, et 3.000 consultations environ sont assurées.
En décembre 2009, Médecins Sans Frontières a commencé à dispenser des soins de santé primaire à Warrab.
Dans la zone contestée, autour d'Abyei et d’Agok, Médecins Sans Frontières gère des polycliniques. Dans les poste de santé fixes mais aussi mobiles, nos équipes gèrent des programmes nutritionnels, assurent les soins de santé primaire et secondaire, les vaccinations, les soins pré-et postnataux ainsi que le traitement de la tuberculose.
© Frederic Baldini. Agok, 2008