Odette, 56 ans, a dû être amputée du bas au niveau de l’épaule. Les chirurgiens de MSF ont greffé un morceau de peau de sa cuisse pour couvrir le moignon. Et, comme si la douleur psychologique et physique de l’épreuve ne suffisaient pas, elle doit faire face à la triste perspective de la vie après l’hôpital.
© Mashid Mohadjerin. Odette. Jacmel, 2010.
Lorsqu’elle sera suffisamment rétablie, elle devra encore s’adapter à une vie avec un bras manquant et un lieu qui ne lui est pas familier – qui sait, peut-être une tente ou même dans la rue ?
Quitter l’hôpital est habituellement un moment heureux mais en Haïti, aujourd’hui, cela signifie souvent l’absence de proches ou de maison et un énorme traumatisme psychologique.
Cela veut également dire vivre dans la rue ou dans un camp, lutter pour obtenir les biens les plus basiques comme de l’eau, de la nourriture, du savon, sans parler d’un abris correct. En quittant l’hôpital, on ne revient pas pour autant chez soi.
Les équipes de MSF travaillent dur aujourd’hui pour fournir des secours essentiels aux familles qui ont tout perdu dans le tremblement de terre. Dans la seule ville de Jacmel, MSF a distribué des kits d’hygiène et de cuisine pour quelque 1800 familles.
Une course contre la montre a commencé avec l’arrivée prochaine des pluies. Et beaucoup reste à faire pour fournir des abris aux populations avant le mois d’avril.
Rien ne pourra rendre son bras à Odette, mais les vies des survivants peuvent être reconstruites. Un rétablissement physique et psychologique peut encore prendre bien du temps pour de nombreux Haïtiens mais « petit à petit, cela finira par s’arranger. »