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Des politiques migratoires européennes dégradantes

16/12/2009

A la veille de la Journée internationale des migrants du 18 décembre prochain, et un mois après avoir levé le camp de réfugiés dressé au cœur de Bruxelles, Médecins Sans Frontières appelle les pays européens, dont la Belgique, à respecter la vie et la dignité des immigrants et des demandeurs d’asile, et de favoriser leur accès à des services de base, comme l’accès à des abris et aux soins de santé.

Des politiques migratoires européennes...© Yannis Kolesidis

Les demandeurs d’asile et les immigrants sans-papiers font les frais de politiques migratoires toujours plus restrictives qui portent atteintes à leur santé physique et morale. Fuyant les conflits, les privations ou les violations généralisées des droits humains, ils endurent de longs et dangereux voyages vers l’Europe.

Lorsqu’ils y parviennent enfin, beaucoup doivent faire face à une détention prolongée, des conditions de vie épouvantables et à un manque d’accès aux soins. D’autres sont pris au piège aux portes de l’Europe ou interceptés et renvoyés vers des pays où leur santé et leur vie sont menacées.

Les équipes MSF portent assistance aux immigrants et demandeurs d’asile à différentes étapes de leur périple. Dans leur pays d’origine, comme en Somalie, en Afghanistan, en République démocratique du Congo et au Nigeria, MSF fournit une assistance médicale à la population en réponse aux violences et aux privations.

Au Maroc, en Grèce, à Malte, en Italie et en France, les équipes MSF prodiguent des soins médicaux et psychologiques à ceux qui survivent à ce périple:  de nombreux immigrants et demandeurs d’asile doivent traverser des mers et des déserts dangereux, sont exposés à la violence et aux abus, sont emprisonnés et exploités ou tombent entre les mains de passeurs et de trafiquants. Des mineurs non accompagnés et des femmes, dont beaucoup sont enceintes, font de plus en plus souvent partie du voyage.

Ceux qui parviennent à atteindre l’Europe font souvent face à une détention systématique et prolongée dans des conditions épouvantables. Malgré les répercussions considérables de ces conditions sur leur santé mentale et physique, ils ne bénéficient que d’un accès limité aux soins, et tout soutien psychologique est souvent inexistant.

En Grèce et à Malte, le travail de MSF dans les centres de rétention pour les immigrants et les demandeurs d’asile a révélé des taux élevés de dépression, d’anxiété et de stress post-traumatique. 

Quand la détention est terminée, les perspectives sont moroses pour beaucoup et l’accès aux soins reste incertain. Même là où les services médicaux sont disponibles, la barrière de la langue, le manque d’information et la crainte d’être arrêtés découragent les immigrants à chercher de l’aide.

En France, MSF fournit un soutien psychologique à la plupart des demandeurs d’asile défavorisés. Beaucoup souffrent de troubles psychologiques graves à cause de la violence et des persécutions dont ils ont été victimes chez eux, du périple exténuant et de leur condition de sans-abris en France.  Depuis 2007, MSF a assuré plus de 7.000 consultations à Paris – dont la moitié inclus des soins psychologiques.

“Grâce à notre expérience de travail à différentes étapes de leurs parcours, nous sommes témoins de la souffrance prolongée de ces personnes. Il est primordial que les politiques migratoires en Europe respectent la vie et la dignité de ces individus et améliorent leur accès au système médical, ainsi qu’à un soutien psychologique”, explique Liesbeth Schockaert, conseillère en Affaires humanitaires chez MSF.

En Belgique, MSF – en collaboration avec quatre autres ONG – avait été amenée à monter un camp de réfugiés en novembre dernier afin de pouvoir héberger des personnes qui avaient légalement demandé l’asile en Belgique.

Des personnes fuyant notamment des contextes en guerre, mais qui étaient  rejetées à la rue faute de capacités d’accueil de la part des autorités belges. Aujourd’hui encore, le système reste extrêmement fragile et des dizaines de personnes – dont des familles – sont toujours rejetées à la rue.

“La Belgique est malheureusement un bon exemple de pays européen qui ne prend pas ses responsabilités dans la prise en charge de ces personnes extrêmement vulnérables. La Belgique comme l’ensemble des Etats européens, a en effet le devoir, selon une directive européenne, de fournir un abri aux hommes, femmes et enfants qui viennent y demander l’asile légalement. Ces personnes ont donc droit à un accueil digne pendant l’examen de leur dossier”, ajoute Liesbeth Schockaert.

                                                  

                                                  

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