Dossier spécial Nord-Kivu
Actualités de décembre 2008
17 DECEMBRE 2008
Il n’y a pas eu de combats majeurs cette semaine au Nord-Kivu mais on déplore tout de même des échauffourées sporadiques entre groupes armés qui peuvent amener les villageois à fuir dans la brousse afin d’éviter de subir des violences une fois la nuit tombée. Nos équipes ont pu se redéployer dans les zones où sont menés des projets, la sécurité s’améliorant un peu partout. MSF effectue également des évaluations et a mis en place des cliniques mobiles dans la région. Par ailleurs, les cas de choléra sont en baisse dans tous nos projets.
Début des retours à Kayna/Kanyabayonga
La majeure partie de la population est rentrée à Kayna, Kanyabayonga et Kirumba, où MSF gèrent trois cliniques mobiles. Cette région a été pillée à la mi-novembre, après que les combats éclatent et engendrent des déplacements massifs de population. MSF soutient toujours les unités pédiatriques et de chirurgie de l’hôpital de Kayna qui a maintenant repris une activité normale. Mais la plupart des membres du personnel de santé ayant fui la zone, l’hôpital manque toujours de main d’oeuvre.
Par ailleurs, à Lunyasenghe, une population déplacée estimée à 11.500 personnes commence aujourd’hui à rentrer progressivement.
Les activités se poursuivent à Nyanzale, Rutshuru, Kabizo
Plus au sud, l’équipe de MSF basée à Nyanzale gère une clinique mobile dans les villages où elle donne des consultations médicales et apporte des soins médicaux aux victimes de violence sexuelle. Elle vaccine également les enfants contre la rougeole.
Les équipes continuent de travailler à l’hôpital de Rutshuru. Comme la situation s’est calmée, le nombre de chirurgies est en baisse depuis ces trois dernières semaines. Mais il reste un grand nombre de patients en pédiatrie.
Une équipe de MSF est maintenant de retour et basée de façon permanente à Kabizo, où elle donne des consultations et gère une petite unité d’hospitalisation.
Evaluations et santé mentale dans le district de Masisi
A l’ouest de Goma, dans la région de Sake, les équipes de MSF continuent de soutenir l’hôpital de Kirotshe, où 134 patients sont actuellement hospitalisés. La semaine dernière, quelque 400 consultations ont été données et les activités de l’unité de chirurgie se poursuivent. L’équipe a également travailler à l’amélioration de l’isolation d’un centre de traitement du choléra afin de mieux prendre en charge les patients.
Les cliniques mobiles ont, quant à elles, donné 619 consultations et apporté un soutien psychologique dans trois zones contrôlées par les rebelles – Mushake, Karuba et Rubaya. Les équipes ont référé 12 patients à l’hôpital de Kirotshe, de l’autre côté de la ligne de front. Dans le camp pour personnes déplacées de Shasha, au sud de Kirotshe, MSF gère une programme en santé mentale: la semaine dernière, 741 personnes ont participé aux sessions de groupe et 70 d’entre elles ont reçu des consulttations psychologiques individuelles. Le programme a également apporté un soutien psychologique aux soldats démobilisés.
A Masisi ville, l’hôpital fonctionne à pleine capacité, avec un total de 560 admissions en novembre. Un nombre de 170 accouchements dont 55 avec césarienne y ont été effectués. L’équipe chirurgicale a pratiqué 114 opérations dont 14 pour blessures par balle. La plupart des blessés étaient des civils. On continue à admettre des cas de choléra (9 en novembre). A l’hôpital et au centre de santé de Masisi ville, un total de 6.684 consultations ont été effectuées en novembre. L’équipe de MSF a pris soin de 24 victimes de violence sexuelle. Suite a une épidémie de rougeole, MSF a, par ailleurs, vacciné 4.300 enfants âgés de moins de 5 ans, au mois de novembre. Suite à une suspension des activités due aux combats dans la région, les cliniques mobiles ont repris la semaine dernière dans 4 localités autour de Masisi: Mpanamo, Bihambwe, Kinigi, Bukombo.
Goma et sa périphérie
Dans le camp de Kibati, juste au nord de Goma, les camions du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés transfèrent actuellement les familles quotidiennement dans les camps à l’ouest de Goma. Quelque 150 familles ont déjà été transférées.
A l’orphelinat Don Bosco, où un centre de traitement du choléra a été mis en place au début du mois de novembre, le nombre d’admissions quotidiennes est largement en baisse. Deux nouveaux cas ont été rapportés cette dernière semaine. MSF a passé la main du transport d’eau potable à une autre ONG dans le camp de Kibati.
A l’hôpital provincial de Goma, une équipe chirurgicale effectue une moyenne de 2 opérations par jour.
Réfugiés de l’autre côté de la frontière
A Ishasha, qui a été un des grands points d’entrée en Ouganda, il n’y pas pas eu d’arrivée majeure de réfugiés depuis le 28 novembre. Les personnes ont été transférées dans le camp de Matanda (écouter l'audio "Des réfugiés épuisés dans le camp de Matanda"), qui se situe en Ouganda à 25 kilomètres à l’est d’Ishasha, où est installée une population d’environ 10.000 réfugiés. Les équipes de MSF donnent une moyenne de 130 consultations par jour et ont mis en place une unité d’isolation pour le traitement des patients atteints de choléra. Elles fournissent également de l’eau dans le camp et vient de terminer de construire un centre de santé.
MSF a commencé à donner des consultations dans le district de Kisoro, sur le site de Nyakabande et organise des références vers l’hôpital. MSF fournit également le support logistique aux centres de santé pour les vaccinations.
Dans le camp de transit de Kabahanda/Niakivale, à 350 kilomètres à l’est d’Ishasha, 9.720 réfugiés ont été transférés de la frontière par le UNHCR depuis le mois d’août, lorsque les combats se sont intensifiés entre le mouvement rebelle et l’armée congolaise dans la province du Nord-Kivu. Notre équipe voit une moyenne de 200 patients par jour et 53 cas de choléra ont été soignés dans le centre de traitement mis en place par MSF. L’équipe apporte 130 mètres cube d’eau par jour et assure la désinfection au chlore des latrines du camp.
03 DECEMBRE 2008
Malgré un calme relatif, la violence continue de faire rage au Nord-Kivu. Pour MSF, le défi majeur est d’atteindre les populations prises au piège des combats. L’organisation a donc renforcé ses cliniques mobiles qui lui permettent d’apporter des soins de santé aux populations déplacées et de lutter contre d’éventuelles épidémies de choléra et de rougeole.
Cliniques mobiles
A l’ouest de Goma, MSF travaille à l’hôpital de Kirotshe et dans des cliniques mobiles dans trois localités situées au-delà de la ligne de front (Mushake, Karuba et Rubaya). La semaine dernière, 839 consultations ont été données et 41 patients ont été référés à l’hôpital.
Les équipes de MSF sont récemment retournées dans les régions de Kanyabayonga, Kayna et Kirumba. Elles ont pu constater que les centres de santé avaient été pillés et que le personnel de santé avait fui. Elles ont mis en place des cliniques mobiles pour pallier au manque de soins dans les endroits où les centres de santé ne fonctionnent plus.
Quelque 350 consultations sont données chaque jour par les cliniques mobiles de MSF qui travaillent à Kayna, Kanyabyonga et Kirumba. MSF reste, par ailleurs, la seule organisation basée dans les zones de Luofu, Miriki, Kikuvu et Kaseye, où elle offre des soins de santé aux déplacés.
MSF renforce, par ailleurs, ses cliniques mobiles dans différentes localités dans la région de Mweso.
Les récents combats dans le district de Masisi ont, en effet, engendré de nouveaux déplacements de population. Une évaluation de la situation plus à l’ouest du district est également en cours. Par contre, autour de Masisi ville, les cliniques mobiles ont dû être suspendues suite aux combats qui ont éclaté ce week-end.
Choléra
L’équipe répond à une suspicion d’épidémie de choléra dans le village de Lunyasenghe, sur les rives du Lac Edward. Entre le 18 et le 30 novembre, un total de 75 cas a été rapporté. La maladie a également fait 12 morts. Un centre de traitement a été mis en place et les équipes développent des activités d’eau, hygiène et assainissement.
A l’hôpital de Rutshuru, où MSF continue de travailler, les cas de choléra ont diminué pour passer de 92 à 49, en une semaine. On note une baisse du nombre de personnes atteintes par la maladie dans le camp de Kibati, à quelques kilomètres au nord de Goma, où un total de 200 cas a été traité au cours du mois de novembre. Par ailleurs, les conditions sanitaires s’améliorent légèrement dans le camp dont la population est estimée à 40.000 personnes.
Un autre centre de traitement du choléra, d’une capacité de 24 lits, a été mis en place à Niakivale, en Ouganda.
A l’orphelinat Don Bosco de Goma, MSF gère une unité de traitement du choléra. Quelque 205 patients y ont été traités les trois premières semaines du mois de novembre et les admissions quotidiennes commencent à diminuer.
Enfin, à Minova, au Sud-Kivu, une équipe de MSF apporte un soutien à l’hôpital local et aux différents centres de santé notamment en traitant les cas de choléra.
Rougeole
L’équipe de MSF basée à Nyanzale a répondu à des cas de rougeole dans la ville de Birundule. Ces 10 derniers jours, 4 enfants sont morts de la rougeole dans la localité. Les équipes ont donc apporté leur soutien aux centres de santé pour vacciner 1743 enfants.
Dans le district de Masisi, l’équipe a récemment vacciné 4.000 enfants pour lutter contre une épidémie de rougeole.
Actualités de novembre 2008
24 NOVEMBRE
Aujourd’hui, une équipe internationale recommence à travailler à l’hôpital de Kayna, dans le district de Lubero, où la sécurité est précaire ces dernières semaines. Les récents combats dans la région ont forcé les populations à fuir et constituent une entrave aux efforts humanitaires. La plupart de la population Kanyabayonga, plus au sud, a déserté la ville. MSF s’inquiète très sérieusement du sort de milliers de personnes mortes de peur qui se cachent actuellement dans le bush. La grande priorité de l’équipe est de trouver ces personnes afin de leur apporter une assistance urgente.
Dans la province du Nord-Kivu, beaucoup de personnes déplacées et de residents locaux ont toujours urgemment besoin de nourriture, d’eau potable, de soins de santé et de produits de première nécessité comme des couvertures, du matériel d’hygiène et pour la construction d’abris.
Les équipes continuent de travailler dans l’hôpital et dans les centres de santé de Rutshuru et Kiwanja. Au total, en Octobre, 406 chirurgies ont été réalisées par les équipes dans l’hôpital dont 110 étaient dues à des blessures par balle.
MSF continue de gérer un service d’ambulance pour référer les patients des centres de santé de Kiwanja, Kinyandoni et Kibututu, vers l’hôpital de Rutshuru. La semaine dernière, 92 patients atteints de choléra ont été traités dans le centre de traitement du choléra et 23 à Rubare.
Une équipe internationale de trois personnes travaille actuellement à Nyanzale, à l’ouest de Rutshuru, avec des collègues congolais. Au centre de santé, 37 enfants sont traités pour de la malnutrition et 21 patients hospitalisés. En moyenne, 75 consultations sont données chaque jour.
Plus au sud, une équipe doit retourner dans la région de kabizo. De là, ils prévoient d’évaluer la situation à Bambu, où l’on rapporte qu’un important groupe de personnes déplacées a trouvé refuge ainsi que des cas suspects de choléra.
Le risque d ‘une propagation de maladies comme le choléra et la rougeole augmente lorsque les personnes se déplacent continuellement.
A Kibati, un camp juste au nord de Goma regroupant une population estimée de 40.000 personnes, 169 patients ont été admis au centre MSF de traitement du choléra depuis le début du mois. Quelque 1.400 personnes ont trouvé refuge à l’orphelinat Don Bosco de Goma. Une autre unité de choléra a traité 190 patients ces trois derniers mois mais les admissions journalières ont diminué. MSF continue toujours de transporter de l’eau par camion vers le camp de Kibati.
A l’hôpital provincial de Goma, une équipe chirurgicale de MSF a effectué 13 opérations.
A l’ouest de Goma, MSF travaille à l’hôpital Kirotshe et soutient les structures de santé dans trois localités au-delà de la ligne de front à Mushake, Karuba, et Rubaya. Ces dernières semaines, les équipes mobiles de MSF ont donné 773 consultations et elles ont référé les patients les plus sérieux à l’hôpital de Kirotshe. Sur la même période, 282 patients ont été vus en consultations externes à l’hôpital et il y a eu 151 nouvelles admissions. Cette dernière semaine, MSF a réalisé 15 chirurgies d’urgence dont deux pour des personnes souffrant de traumatisme violent.
Dans le camp pour personnes déplacés proche de Shasha, un psychologue MSF a donné des formations à une équipe pour aider les personnes qui souffrent de problèmes psychologiques à cause du conflit. Quelque 500 personnes participent aux sessions de groupe et les plus affectées reçoivent également une assistance individuelle.
A Kitchanga, Mweso, et Masisi, au nord-ouest de Goma, MSF continue d’apporter des soins de santé primaire et secondaire et de gérer des cliniques mobiles. Plus au sud, à Minova, une équipe MSF continue de soutenir l’hôpital local et les centres de santé et traite les patients atteints de choléra.
Plus au nord, MSF soutient l’hôpital Matanda de Butembo et prend en charge les cas de choléra à Beni.
Dans le district nord de l’Ituri, les équipes de MSF assistent la population suite à la violence. Aux alentours de la ville de Gety, des milliers de déplacés ont trouvé refuge dans les forêts environnantes. MSF gère des cliniques mobiles dans 5 localités et réfère les patients sérieux à l’hôpital de Gety et de Bunia. Quelque 26 enfants atteints de malnutrition sévère ont été traités ces 10 derniers jours à l’hôpital de Bunia.
A Dungu, dans le district du Haut-Uélé, les équipes de MSF apportent des soins de santé par le biais de cliniques mobiles. Cette semaine, elles doivent distribuer des couvertures, des jerrycans, des moustiquaires et des vêtements à 500 familles de Dungu.
17 et 19 NOVEMBRE
Les équipes de MSF continuent de travailler à Goma et dans d’autres parties du Nord Kivu. L’organisation demeure très préoccupée par les nombreuses personnes toujours sur la route qui fuient les combats en cours. Beaucoup de déplacés et de résidents locaux ont toujours besoin de toute urgence de nourriture, d’eau potable, de soins de santé et de produits de première nécessité comme des couvertures et du matériel pour construire les abris.
Nos équipes continuent de travailler à l’hôpital et dans les centre de santé de Rutshuru et Kiwanja. La semaine dernière, MSF a effectué 96 chirurgie et pris en charge 235 cas urgents. Six personnes ont été traitées pour des blessures par balle. Au centre de santé de la ville de Rutshuru, 863 consultations ont été données la semaine dernière – un quart d’entre elles pour la malaria et presque un tiers pour des infections respiratoires. Quelque 76 patients atteints de choléra ont été traités dans le centre de traitement du choléra de Rutshuru et 28 autres dans l’unité de traitement de Rubare. Les hygiénistes de MSF ont désinfecté les maisons à Kiwanja et Rutshuru pour prévenir une éventuelle propagation de la maladie.
Au total, au mois d’octobre, les équipes chirurgicales ont effectué plus de 400 chirurgie à l’hôpital de Rutshuru. Plus de 100 d’entre elles étaient dues à des blessures par balle.
A l’ouest de Rutshuru, à Nyanzale, la situation est plus clame ces derniers jours. MSF essaie de renforcer sa présence en augmentant le nombre de membres de son personnel expatrié au centre de santé, où 25 enfants sont traités contre la malnutrition et où 19 malades sont hospitalisés.
Plus au nord, à Kayna, la sécurité reste précaire et les équipes de MSF ne sont pas en mesure de rester à l’hôpital ni même d’envoyer des cliniques mobiles vers Kanyabayonga. Les combats ont repris au sud de Kanyabayonga le 16 novembre. Le lendemain, 32 patients blesses ont été traités à l’hôpital de Kayna. Une équipe MSF a dernièrement fait une visité éclair à l’hôpital le 15 novembre.
A Kibati, juste au nord de Goma, le centre de traitement du choléra rapportait de 8 à 10 nouveaux cas pour la semaine du 10 au 14 novembre. Ces derniers jours, on a pu noter une légère augmentation des cas à environ 16 par jour. Une autre unité de choléra à Goma a traité 151 patients du 4 au 16 novembre. MSF continue par ailleurs de transporter de l’eau potable au camp de Kibati.
Le choléra est toujours l’une des principales préoccupations au Nord-Kivu – la maladie est endémique en différents endroits de la province. Les récents combats et les déplacements de populations ont accentué le risque de choléra dans la région. En effet, le manque d’assainissement et d’eau potable, les mouvements constants de populations et le surpeuplement dans les camps de déplacés sont des éléments favorables à l’évolution de la maladie.
Une équipe chirurgicale de MSF a commencé à travailler dans une des deux salles d’opération de l’hôpital général de Goma.
A l’ouest de Goma, MSF travaille à l’hôpital de Kirotshe et soutient les structures de santé dans trois localités derrière la ligne de front, à Mushake, Karuba, and Rubaya. Ces dernières semaines, les équipes de MSF ont effectué 390 consultations. A la même période, 227 consultation externes ont été données à l’hôpital Kirotshe.
Aux alentours du camp de Shasha, un psychologue MSF a entraîné le personnel local a conseiller les personnes souffrant de problèmes psychologiques suite au conflit. Les conseillers commencent dès aujourd’hui à voir les patients.
Au nord-ouest de Goma, à Kitchanga et Mweso, MSF continue d’apporter des soins de santé primaire et secondaire et de gérer des cliniques mobiles.
A Masisi, 80 km au nord-ouest de Goma, MSF apporte des soins de santé à l’hôpital et dans le centre de santé. A Minova, à l’ouest de Goma, une équipe MSF continue de soutenir l’hôpital local et les centres de santé et traite les patients atteints de choléra.
MSF continue d’explorer la région, autant que le permettent les conditions de sécurité, elle identifie les personnes qui ont encore besoin d’être vues suites aux récentes violences et aux déplacements.
12 NOVEMBRE
Certaines personnes déplacées sont sur le retour vers leur lieu de résidence d’origine dans les alentours du Nord Kivu. Mais beaucoup de personnes déplacées et de résidents locaux ont toujours besoin de nourriture, d’eau propre, de produits et matériel de première nécessité comme des couvertures et du matériel pour les abris.
Les équipes MSF travaillent toujours actuellement dans les centres de santé de Kiwanja, de la ville de Rutshuru et à l’hôpital de Rutshuru. MSF est la seule organisation actuellement sur place à Rutshuru et essaye de combler les manques laissés après le départ des autres organisations d’aide. A Kibati, au nord de Goma, 10 nouveaux cas de choléra étaient rapportés hier, comparé aux 48 cas qui étaient traités vendredi et samedi. Durant la nuit, des combats autour du camp de Kibati ont forcé certains patients à fuir le centre de traitement du choléra. Ils y sont revenus plus tard. Deux patients atteints du choléra ont été transférés à l’hôpital général de Goma pour bénéficier de soins supplémentaires. MSF traite normalement le choléra dans la région. Entre janvier et septembre, MSF a soigné 1480 patients atteints de la maladie dans les zones de Goma et de Saké, et au sud et à l’ouest de Kibati. A la même période,1469 cas ont été traités à Rutshuru, et 851 à Mweso et Kitchanga. Les récents combats ont contributé à augmenter le risque de contamination pour le choléra. Les facteurs de risque étant des conditions sanitaires médiocres, une population en constant déplacement et des camps surpeuplés rassemblant les personnes dépalcées. MSF nettoie et gère le stock de l’unité chirurgicale de l’hôpital général de Goma, et doit bientôt commencer à effectuer des opérations de chirurgie demain dans la journée. Les cliniques mobiles devraient arrêter de se rendre au camp de Kibati, juste à l’extérieur de Goma – une évaluation réalisée hier a en effet permis de confirmer que d’autres organisations d’aide ont pris en charge les besoins dans cette zone. MSF continue cependant de transporter de l’eau potable à Kibati. A l’ouest de Goma, MSF a, par ailleurs, commencé à travailler à l’hôpital de Kirotshe. Hier, 54 consultations ont été données et l’équipe chirurgicale a sauvé la vie d’une femme enceinte qui présentait de sérieuses complications. Une clinique mobile s’est également rendue à Mushaki hier et y a donné 96 consultations principalement pour des infections des yeux et des douleurs dues au stress. Les résidents locaux sont, en effet, restés sans médicaments pendant quelques jours. AU nord-ouest de Goma, à Kitchanga et Mweso, MSFcontinue de fournir des soins de santé primaire et secondaire et de gérer des cliniques mobiles. L’une d’entre elles s’est rendue à Kalembe aujourd’hui, à l’ouest de Mweso. Une large frange de la population de la ville a fui les récentes violences. A Masisi, 80 km au nord-ouest de Goma, une équipe compposée de 6 expats et de 80 Congolais apportent des soins de santé à l’hôpital et au centre de santé. MSF continue d’explorer la zone, autant que le permettent les conditions de sécurité, elle indentifie les personnes qui encore besoin d’être vues suites aux récentes violences et aux déplacements.
10 NOVEMBRE
Pour venir en aide aux déplacés par les récents combats dans la zone de Kiwanja, les équipes MSF travaillent dans trois centres de santé : à Kiwanja même, dans la ville des Rutshuru et à l’hôpital général. MSF est toujours la seule organisation à travailler à Rutshuru, avec six expatriés internationaux et 210 Congolais.
Le choléra est toujours l’une des principales préoccupations au Nord-Kivu – la maladie est endémique en différents endroits de la province. Les récents combats et les déplacements de populations ont accentué le risque de choléra dans la région. En effet, le manque d’assainissement et d’eau potable, les mouvements constants de populations et le surpeuplement dans les camps de déplacés sont des éléments favorables à l’évolution de la maladie.
De vendredi à dimanche derniers, 48 nouveaux cas ont été pris en charge au centre de traitement du choléra de Kibati, au nord de Goma. Les cliniques mobiles de MSF y ont assuré quelque 50 consultations ce week-end et continuent de fournir de l’eau potable aux personnes déplacées.
D’importants mouvements de populations ont eu lieu de Kibirizi et Nyanzale vers Kanyabayonga et Kirumba. MSF estime que la population de Kirumba a triplé cette dernière semaine. A Kanyabayonga, la semaine dernière, les équipes mobiles de MSF ont assuré quelque 1351 consultations dans trois centres de santé. Aujourd’hui, les équipes mobiles ont été envoyées à Kirumba et Kanyabayonga. A l’hôpital de Kayna, MSF a soigné 125 blessés de guerre depuis le 27 octobre dernier.
Plus à l’Est, à la frontière ougandaise, les équipes MSF sont en train d’évaluer la situation de centaines de Congolais réfugiés et déplacés.
07 NOVEMBRE
Des milliers de personnes ont été une nouvelle fois été déplacées par les combats à Rutshuru et Kiwanja. Une équipe mobile de MSF qui essayait d’atteindre Kiwanja a été contrainte de rebrousser chemin à cause des affrontements.
De nombreux déplacés ont cherché refuge à l’hôpital de Rutshuru, et MSF a dû installer des tentes pour les abriter. Ces deux derniers jours, les équipes MSF ont traité 43 blessés de guerre à l’hôpital, et d’autres continuent d’arriver. Depuis hier, MSF a également pris en charge plus de 50 patients dans deux centres de santé de Rutshuru; la moitié d’entre eux étant des enfants. MSF est la seule organisation travaillant actuellement dans la ville.Des combats ont également eu lieu aujourd’hui à Kibati, forçant les populations à fuir vers Goma. Les équipes MSF y gèrent des cliniques mobiles, fournissent de l’eau potable, et installent un nouveau centre de traitement du choléra à Kibati. Demain, les équipes MSF mettront en place un service d’ambulance pour transporter les patients atteints de choléra à Goma tant que la situation dans la zone de Kibati reste tendue et alors que les patients sont contraints de fuir les centres de traitement de la zone.A Minova, à l’ouest de Goma, une équipe MSF continue de soutenir un centre de traitement du choléra, où quelque 50 nouveaux cases en moyenne sont traités chaque semaine.Quelque 52 expatriés internationaux travaillent pour MSF au Nord Kivu actuellement, comprenant notamment des médecins, des infirmières, des logisticiens, et des responsables de l’administration.
06 NOVEMBRE
Suite aux combats de ces derniers jours dans les régions de Rutshuru et de Kiwanja, MSF continue de prendre en charge de nombreux blessés. Aujourd’hui, les équipes chirurgicales ont traité plus de 50 blessés civils à l’hôpital. La situation reste tendue. MSF estime que plus de 20.000 personnes ont de nouveau fui les récents affrontements dans la région.
Dans la région de Goma, les équipes évaluent la situation médicale et sanitaire. L’organisation assure une surveillance active des cas de choléra et traite les patients atteints dans des centres de traitement.
MSF continue d’envoyer des cliniques mobiles à Kibati, au nord Goma, et prévoit d’y ouvrir un centre de traitement du choléra.
A quelque 30 kilomètres à l’ouest de Goma, les équipes MSF envisagent de soutenir l’hôpital de Kirotshe et les centres de santé de Mushake et de Karuba, mais également d’apporter de l’aide aux populations du camp de déplacés de Shasha.
Actuellement, les villes de Kitchanga et de Mweso restent plus calmes. MSF y fournit des soins de santé primaire et secondaire et y gère des cliniques mobiles.
Suite aux récents combats et déplacements qu’ils ont suscité, MSF continue à évaluer les besoins des populations du Nord Kivu, là où les conditions de sécurité le permettent.
04 NOVEMBRE
Après plusieurs jours de lourds combats entre les rebelles et les troupes du gouvernement, les équipes de MSF continuent leur travail à Goma et dans d’autres villes et villages du Nord-Kivu. L’organisation reste très préoccupée par le grand nombre de personnes toujours sur la route après avoir fui les récents affrontements.
Certaines des personnes déplacées retournent vers leur résidence d’origine aux alentours du Nord-Kivu. Beaucoup de personnes déplacées et de résidents locaux sont encore dans une situation urgente manquant de nourriture, d’eau potable, de soins de santé et de biens de première nécessité comme des couvertures et du matériel pour construire des abris.
Dans et autour de Goma, les équipes de MSF évaluent attentivement les conditions médicales et sanitaires. L’organisation surveille de près la situation en ce qui concerne les cas de choléra et traite les patients atteints dans des centres de traitement. Quelque 81 cas de choléra ont été rapportés dans quatre camps autour de Goma ces dernières semaines. Le choléra est endémique dans certaines parties du Nord-Kivu.
MSF continue d’envoyer des cliniques mobiles à Kibati, juste au nord Goma. Après l’arrêt des combats, d’autres organisations sont revenues afin d’apporter de l’eau potable et de la nourriture. Mais les besoins restent immenses parmi les populations de déplacés et les résidents locaux affectés par les récentes violences.
Les villes de Kitchanga et Mweso sont relativement calmes. MSF y apportent des soins de santé primaire et secondaire et y gère des cliniques mobiles. Le nombre de cas de choléra rapportés à Kitchanga est en train de décliner lentement ces derniers jours.
Les équipes traitent les patients des hôpitaux de Rutshuru et de Masisi.
MSF continue d’explorer la zone, identifie les personnes qui ont besoin de soins de santé suite aux récents affrontements et aux déplacements.
Actualités d'octobre 2008
31 OCTOBRE
MSF continue à travailler à Goma et dans d’autres villes et villages du Nord-Kivu. L’organisation s’inquiète pour les dizaines de milliers de réfugiés qui ont besoin de toute urgence d’eau, de nourriture et de protection.
À Goma, des combats ont eu lieu aux alentours de l’hôpital, et des patients blessés ont été contraints de fuir. Ils ne sont revenus qu’en petit nombre. Aujourd’hui, les équipes de MSF ont visité des écoles et des églises de Goma afin d’y procéder à une évaluation de la situation.
Certains réfugiés de Kibati qui se trouvent dans le nord de Goma tentent de rentrer chez eux. Une clinique mobile s’est rendue aujourd’hui dans la région pour y offrir des soins médicaux et pour évaluer les besoins.
Dans le camp de Mununga, qui se situe sur la route qui relie Goma à Saké, MSF prend en charge des patients atteints du choléra. La situation y est très préoccupante car le camp ne dispose pas encore d’eau potable. Le risque d’épidémie de choléra est donc réel.
Dans les cliniques de Rutshuru, l’équipe médicale de MSF prend en charge les blessés 24 heures sur 24. Hier, 83 personnes ont été traitées pour des blessures par balles et 20 blessés graves ont également été soignés. À Kanya, MSF a secouru 96 blessés de guerre arrivés dimanche. Trois cliniques mobiles se sont rendues à Kanyabonga pour apporter de l’aide aux populations et évaluer les flux de réfugiés qui arrivent dans la région.
D’autres équipes travaillent dans les hôpitaux de Masisi, de Kitchanga et de Mweso, où elles assurent la gestion des cliniques mobiles.
MSF tente d’évaluer le nombre de réfugiés qui ont déjà franchi la frontière ougandaise. Les équipes ont observé 4.000 réfugiés à Kisoro, en Ouganda, et des réfugiés congolais à Kitagoma et à Ishasha.
MSF est l’une des rares ONG à continuer de travailler dans le Nord-Kivu. L’organisation compte y renforcer sa présence de manière à pouvoir aider davantage encore la population locale. Des collaborateurs et collaboratrices supplémentaires en provenance de Kinshasa et d’Europe sont actuellement en route vers le Nord-Kivu.
30 OCTOBRE
MSF travaille à Goma et dans d’autres villes et villages au Nord Kivu. L’organisation est extrêmement préoccupée par les milliers de personnes actuellement sur la route, qui fuient les combats.
A Goma, MSF a réduit ses équipes aux membres essentiels de son personnel qui évaluent aujourd’hui la situation à l’hôpital de Goma. MSF a distribué du matériel médical et une équipe de 6 personnes apporte son assistance afin de traiter les blessés.
L’équipe de MSF a pu constater qu’un grand nombre de personnes déplacées arrivées du sud de Kibati sont maintenant au nord de Goma.
MSF travaille également à Mugunga, dans un vaste camp pour personnes déplacées en dehors de Goma, sur la route de Sake. La nuit dernière, 31 cas confirmés de choléra étaient traités dans le centre de traitement du choléra de MSF. Treize de ces patients ont été forcés de fuir cette même nuit à cause des combats et seulement deux d’entre eux sont revenus aujourd’hui. Il n’y a pas d’eau potable dans les camps ce qui augmente le risque d’une grave épidémie de choléra.
Ce matin, la situation était calme à Rutshuru, où l’équipe chirurgicale de MSF continue de traiter les personnes blessées à l’hôpital. Les équipes travaillent également dans les hôpitaux de Kitchanga et Mweso et des cliniques mobiles dans la zone.
MSF envoie plus de personnel international d’Europe et de Kinshasa pour renforcer ses équipes au Nord-Kivu.
29 OCTOBRE
La situation humanitaire dans la région du Kivu continue de se détériorer à vive allure. Ce week-end, d’intenses combats ont éclaté autour de la ville de Rutshuru, à quelque 70 kilomètres de la capitale provinciale Goma. Dimanche, à Rutshuru, les équipes médicales de MSF ont traité 70 blessés de guerre et travaillent depuis sans interruption.
Des milliers de personnes, dont beaucoup sont sur la route depuis des semaines, fuient les combats. La situation est très instable et change d’heure en heure. Les équipes de MSF continuent d'apporter une aide médicale d’urgence indépendante aux personnes dans les villes et les camps situés en zone de conflit. A Kitchanga, Masisi, Mweso et Rutshuru, MSF est la seule organisation internationale encore sur place qui apporte une assistance médicale et humanitaire.Lundi, des combats ont éclaté dans les environs de Kibumba, un village entre Rutshuru et Goma. Des milliers de personnes, provenant de la ville de Kimbumba et des camps de déplacés proches ont fui vers Kibati, à environ 12 km de Goma, où deux camps existent déjà.
« Dès que nous avons eu des informations sur la situation près de Kibati, nous avons envoyé notre équipe pour évaluer les besoins », explique Marie-Noëlle Rodrigue, chef du bureau des urgences de MSF. « Nous avons vu beaucoup de personnes qui venaient de Kibumba sur le bord de la route. La plupart d’entre elles étaient déjà en situation de fuite et vivaient dans des camps de déplacés. »« Elles ont encore dû fuir cette fois-ci. La situation est très difficile pour ces personnes qui arrivent sur place avec pour seul bagage ce qu’elles ont pu emporter. Elles ont très rapidement besoin d’abris, de nourriture et d’eau potable. Nous effectuons une évaluation rapide de la situation. »
MSF travaille actuellement dans trois hôpitaux du Nord-Kivu et soutient également plusieurs centres de santé, fournissant des soins de santé primaire et secondaire. L’organisation a également envoyé des cliniques mobiles pour atteindre les personnes qui ont besoin d'une aide médicale. MSF augmente le nombre de ses équipes dans la région et va mettre en place une nouvelle base à Bukavu, dans le Sud-Kivu, afin de renforcer son aide humanitaire.
« Dans les zones de Kitchanga et Mweso et également autour de Masisi et de Nyanzale, nous avons mis en place des cliniques mobiles afin d’atteindre ceux qui ne peuvent pas venir jusqu’à nous », explique Annie Desilets, la coordinatrice du projet de MSF à Kitchanga. « Il n’est pas toujours facile de trouver les personnes déplacées. Il nous arrive de nous rendre dans un village et de le trouver complètement déserté la semaine d'après. Où sont passées ces personnes ? Se trouvent-elles dans un centre, un village ou un camp et parviendrons-nous à y accéder? Ou se cachent-elles dans le bush, où il nous est impossible d’accéder? Nous n’en savons rien. »
Etat critique: la campagne
Des centaines de milliers de personnes fuient la guerre qui fait rage dans l’est de la République démocratique du Congo. Tous ont peur. Beaucoup sont malades ou blessés. Certains ont été harcelés, des femmes ont été violées, d’autres ont perdu tout ce qu’ils possédaient. Depuis plus d’une décennie, des groupes armés et les Forces armées de la République démocratique du Congo se battent au Kivu.
La violence a rendu toute vie normale impossible. La vie n’est pas juste difficile dans le Kivu, cette région est dans un état critique. Et les choses ne s’arrangent pas. Au Kivu, le destin de chacun est marqué par la guerre. Cette lutte pour la survie doit être racontée.
Par le biais d’une campagne Web internationale intitulée Etat: critique, MSF donne la parole aux populations victimes de la guerre au Kivu.
Le site de la campagne Etat critique sera alimenté régulièrement par MSF durant l’année à venir, avec de nouveaux témoignages, des photos et vidéos de personnes qui sont chaque jour confrontées à la crise dans l’est du Congo.
Le site de la campagne